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« Le changement climatique s’accélère et s’intensifie du fait de l’activité humaine»

et principalement à cause des gaz à effets de serre générés par l’agriculture intensive : méthane, protoxyde d’azote plus importants que le dioxyde de carbone (CO2) généré par les industries fossiles lui-même dévastateur.

Une première fuite du 6ème rapport du GIEC (août 2021) nous permet de savoir que les scientifiques sont maintenant catégoriques : « Le changement climatique s’accélère et s’intensifie du fait de l’activité humaine».

Le 6° nouveau rapport du GIEC du 4 avril 2022 : Trois ans pour garder une planète « vivable »

Appel à contributions : avril 2022

Le groupe éducation du CNNR (Conseil National de la Nouvelle Résistance) qui s’inscrit dans l’appel de Raymond Millot de mai 2020 (voir ci-dessous) a décidé de lancer un vaste appel à contributions pour illustrer, nuancer, compléter les points de cet appel. L’école qui répondra à l’urgence environnementale, celle qui fera de chaque enfant, adolescent, un vivant parmi le Vivant, celle qui saura articuler les besoins et désirs de l’individu avec ceux du collectif, celle qui transformera notre société pour qu’elle soit plus juste, égalitaire, fraternelle devra […] Cliquer ici pour consulter l’Appel à contributions sur notre site et aller sur le site du CNNR.

L’Appel de notre collectif : 20 mai 2020

Le Jour d’après, c’est celui que prévoyait le Manifeste de 2017, signé par 15364 scientifiques de 184 pays et qui se terminait ainsi : « Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulée il y a vingt-cinq ans par les plus grands scientifiques du monde, nous n’avons, dans la plupart des domaines, pas entendu leur mise en garde. Il sera bientôt trop tard. ».

Il aura fallu 3 ans pour qu’une majorité de Français, selon les enquêtes, prennent conscience du danger. Ils peuvent donc facilement concevoir que demain, leurs enfants vont devoir vivre dans un monde où la solidarité, la coopération, la mobilisation de toutes les formes d’intelligence, seront indispensables pour faire face, pour résister, pour trouver des solutions.

Notre système « éducatif » ne correspond en aucune façon à cet avenir.

Son but principal est de sélectionner les « élèves » pour répondre aux besoins du système capitaliste, avec pour horizon la consommation et pour résultat, l’accroissement des inégalités.

Il est donc urgent d’esquisser les contours d’un système éducatif alternatif et d’entreprendre des recherches-action le préfigurant. Divers faits d’actualité sont de nature à encourager un tel projet. 

Parmi les 4 objectifs que le débat permettra de compléter :

  • développer les capacités de résilience « en donnant la part belle à la coopération et la créativité, et au développement des sciences citoyennes et participatives (cf. les 35 propositions du livre « Retour sur Terre » Dominique Bourg et collectif. Puf mai 2020)
  • permettre au potentiel d’intelligence et de créativité de chaque individu de s’exprimer au service de son propre équilibre et du développement qualitatif de la société, notamment par la création dans le domaine artistique
  • favoriser les démarches émancipatrices et solidaires dans l’esprit des premiers temps du mouvement ouvrier
  • affirmer que l’éducation est un bien commun qui en tant que tel, ne doit pas dépendre d’un quelconque pouvoir politique ou économique mais faire l’objet d’une construction collective évolutive élaborée démocratiquement
Voir ici la liste des signataires de l’APPEL. Cliquer ici.

Vous pouvez encore signer

en écrivant à Nadine Lanneau : nadine.lanneau@laposte.net

et/ou à Raymond Millot : rr.millot@wanadoo.fr

avec vos qualités, vos références. Merci.

« L’Education un bien commun », un livre de Raymond Millot

Les Editions Massot publient le 4 novembre 2021, la brochure : « L’Education un bien commun ». Auteur : Raymond Millot. Préface de Ludivine Bantigny. Dans de nombreuses librairies et en ligne Place des libraires  ou FNAC.

« L’éducation émancipatrice comme bien commun s’inscrit bien sûr dans le sillage d’expériences puisées et au passé et au présent. Que l’on songe à la Commune de Paris…» nous dit l’historienne Ludivine Bantigny dans sa préface.

« On a accepté pendant trop longtemps de croire que l’école de Jules Ferry assurait cette fonction. Qu’elle soit un outil de la reproduction sociale comme l’a démontré Pierre Bourdieu, choque encore. Explorer le projet d’en faire « un bien commun » comme il va falloir le faire pour l’air, pour l’eau, pour la santé, a conduit Raymond Millot à des conclusions qui peuvent aussi choquer, ou, comme il l’espère, ouvrir un « horizon » pour les luttes qu’impose la catastrophe annoncée ». L’éditeur.

A la fin du petit livre-manifeste L’EDUCATION, UN BIEN COMMUN, il est proposé : « d’imaginer les contours d’un Institut de l’Education et de l’Emancipation (I.D.E.E.) où les enseignants n’auraient qu’un pouvoir partagé avec  des scientifiques des sociologues, des psychologues, des médecins, des représentants de parents, soucieux de faire de l’éducation l’affaire de tous ».

« L’I.D.E.E., en tant qu’utopie réaliste, permet aux pédagogues politiquement conscients d’envisager les sujets dont elle aura à débattre ». Des sujets en cours de discussion seront signalés et publiés dans la Page en haut du site LE CHANTIER;

« L’émancipation comme facteur déterminant de l’éducation ». Raymond Millot. Lire l’ensemble du texte. C’est aussi un article du BLOG.

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Eté 2022 : les Editions Massot lancent une campagne de financement participatif. Aujourd’hui, MASSOT éditions a besoin de 100 000 € pour poursuivre son activité.

Consulter ici les publications des Editions Massot Editions dont celle de Raymond Millot « L’Education un bien commun ».

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Convergences

Octobre 2021

« Que pourrait l’Ecole contre le réchauffement climatique ? »

par Denis Meuret, Professeur émérite en sciences de l’éducation, Université de Bourgogne- Franche-Comté, membre honoraire de l’Institut Universitaire de France. Il se veut critique sur la manière dont le réchauffement climatique est abordé à l’école : « l’enseignement vise à faire comprendre aux élèves leur « responsabilité » dans la lutte contre le réchauffement, mais n’évoque aucune capacité à leur transmettre en ce domaine, comme si cette lutte réclamait frugalité, mais non connaissances et compétences. »

« Dans le monde, l’Ecole finlandaise est probablement celle dont le programme prend le plus au sérieux la menace du réchauffement. Dans celui qui a été élaboré récemment après une large consultation des professeurs et des élèves, la « capacité des élèves à vivre de façon soutenable » est un des trois « buts » de l’éducation ». « Comprendre la nécessité de vivre de façon soutenable » est une des quatre « valeurs » de l’éducation, « l’implication dans la construction d’un futur soutenable » est une des sept « compétences » que l’Ecole doit transmettre ».

Il va encore plus loin : notre système éducatif élitiste et compétitif, injuste et destructeur pour une grande partie des élèves porte une lourde responsabilité : « La réaction la plus dangereuse au réchauffement est sans doute une sorte de nihilisme larvé : la vie ne vaut rien puisqu’elle est tellement menacée, il n’y a pas de raison de chercher à la protéger. L’Ecole peut le prévenir en donnant envie aux jeunes de continuer ce monde (nature et société), en montrant et faisant aimer davantage les accomplissements de l’humanité : humains, artistiques, techniques, mais aussi en donnant à chacun conscience de la valeur que lui reconnait l’Ecole. Humiliations et injustices sont, de ce point de vue, des aliments du nihilisme. Une Ecole qui aime le monde et qui aime ses élèves le prive d’aliments ». [Ndlr : les inégalités sociales et la non prise en compte des différences et de la culture de tous les élèves sont la plaie de notre système éducatif dont effectivement on ne mesure pas toutes les conséquences. La citoyenneté n’est pas assez développée. Certain•e•s y voient une des causes de la désaffection des adultes lors des élections.]

Ce que l’Ecole devrait enseigner d’après Denis Meuret

  • développer davantage certaines des compétences que l’on appelle en France, socio-affectives ou, aux Etats-Unis, socio-émotionnelles, dont l’enseignement fait déjà l’objet d’expériences et de recherches qu’il faudrait multiplier.
  • Contre l’inédit, il faudrait développer la créativité et les capacités d’innovation.
  • Contre l’incertitude, il faut développer les capacités d’adaptation. Les scénarios du GIEC sont d’ailleurs d’autant moins pessimistes qu’ils anticipent une bonne capacité d’adaptation des populations au réchauffement. Cela passe, face aux difficultés, par une attitude orientée non pas vers la recherche des coupables ou l’appel à un sauveur mais vers la résolution des problèmes.
  • Contre l’imprévisibilité, il s’agit sans doute d’abord d’aider à accueillir ce qui survient, sans panique, rationnellement.
  • Vis-à-vis des catastrophes, l’Ecole doit développer la résilience, la capacité de rebondir. Au Canada, certaines Ecoles mettent en œuvre des programmes favorisant le développement de cette qualité, mais il est clair que des recherches sont nécessaires à ce sujet.
  • L’Ecole doit aussi développer la solidarité. En cas de catastrophe, la solidarité est le comportement qui minimise les inconvénients pour tous, c’est donc l’attitude que la raison recommande. Dans son livre « Les émotions démocratiques » (2011), Martha Nussbaum soutient que l’empathie, la «capacité des élèves à voir le monde du point de vue des autres », fait partie des qualités que l’Ecole doit développer pour une « démocratie saine », en particulier, peut-on ajouter, dans une société en proie au réchauffement. Pour cela, dit-elle, il faut « accorder une place centrale aux humanités et aux arts », « cultiver un type d’éducation participatif ». La lecture de certains romans ou nouvelles (pas de tous, précise-t-elle justement) nous entraine dans une identification aux personnages qui favorise l’empathie vis-à-vis des autres.
  • L’Ecole peut s’efforcer de diminuer la violence en développant la capacité de se confronter aux désaccords par la parole ou en enseignant aux élèves qu’il peut arriver que certains phénomènes n’aient pas de responsable, ce qui limite la recherche de boucs-émissaires ».

Nous pouvons lui répondre que la résolution des problèmes ne peut se dispenser de l’analyse de leur origine. Et  pour aller au bout du raisonnement, il faudrait envisager qu’une implication des enfants dans l’action collective s’impose totalement… ». Denis Meuret l’évoque cependant ici : « Ce que devrait faire une Ecole vraiment mobilisée contre le réchauffement devrait être décidé à partir d’une consultation incluant, dans tous les pays, chercheurs, enseignants, et bien sûr élèves ».

Notre Collectif propose dans ce site, une Convention citoyenne pour l’Education. Des mesures pour l’éducation, ont même été envisagées en 2020 par la Convention citoyenne pour le climat dont voici quelques extraits :

  • « Enseigner la réflexion critique, créative et tournée vers l’avenir (…) dans un monde complexe et en constante mutation ».
  • « L’apprentissage doit s’appuyer sur l’action ».
  • « Il faut structurer le travail de groupe de telle sorte que chaque élève participe activement à la réalisation d’objectifs communs ».
  • « Transformer l’enceinte de l’école en laboratoire pédagogique : offrir aux élèves la possibilité d’examiner, de créer et d’apprécier les systèmes qui rendent l’établissement plus respectueux de l’environnement ».

Lire ici sur notre site.

L’article de Denis Meuret dans son intégralité – Contribution au Collectif d’interpellation du curriculum – CICUR – « Les personnes qui se sont assemblées pour produire ce manifeste ont conscience d’aborder une question qui, dans sa globalité, n’est pas posée dans le débat ordinaire sur l’éducation, ni au plan politique, ni par les praticiens, ni par les citoyens, ni même souvent par les chercheurs : celle des contenus scolaires et de ce que l’école est censée enseigner et faire apprendre ».

Opportunité de l’objectif premier de notre appel : la résilience

« développer les capacités de résilience »

La résilience ne concerne pas seulement « la reconstruction des villes marquées  par des accidents industriels ou météorologiques », thème du FORUM DE LA RESILIENCE dont nous parle Le Monde  dans son article d’octobre 2021 « Comment les villes rebondissent après la catastrophe » :

Dans sa présentation du Forum, la journaliste du Monde écrit :«. Ce n’est qu’après cela qu’il pourra amorcer son processus de reconstruction. Pour dépasser le traumatisme collectif, l’humain a besoin de donner du sens à son expérience et d’imaginer un avenir.  Ce n’est qu’après cela qu’il pourra amorcer son processus de reconstruction.».

Elle cite les propos de Samuel Rufat géographe : « Toutes [les] questions [ndlr : Depuis l’ouragan Katrina à la Nouvelle-Orléans (Etats-Unis), en 2005],ne conduisent pas à des solutions, mais elles révèlent les impensés. Les réponses comptables nous renseignent sur la valeur que nous donnons à la vie humaine. Celles portant sur l’attention accordée aux plus vulnérables manifestent notre degré de civilisation. La communauté scientifique met en avant deux leviers d’action : les solutions basées sur la nature et la réduction des inégalités » ; ceux d’Ivan Boissières spécialiste de la sécurité industrielle : « En matière de culture de sécurité, les comportements des différents acteurs en temps de crise dépendent de la lente construction en temps de paix » ; ceux d’Aziza Akhmouch, experte de l’OCDE : « […] Nous avons aujourd’hui une fenêtre de tir qui rend ces mesures socialement et politiquement beaucoup plus acceptables qu’elles ne l’étaient hier. » « Car une ville résiliente, c’est avant tout un bien commun »

Olivier Hamant, chercheur en biologie à l’INRA , dirige l’Institut Michel Serres : « Alors que l’humanité entre dans une époque de pénuries généralisées », il considère ceci : « Le concept de concurrence libre et non faussée n’est plus opérationnel en temps de pénurie. On notera que cette réaction de bon sens  se retrouve également dans le monde vivant : quand les ressources sont en abondantes, les systèmes vivants sont souvent en compétition ; quand la pénurie arrive, ces systèmes basculent dans la coopération, que ce soit les arbres dans une forêt des cellules dans un corps, ou des levures dans un tube à essai, ainsi que l’ont démontré les agronomes et biologistes Gauthier Chapelle et Pablo Servigne …Article du Monde de mai 2020.

Les enfants sont « les plus vulnérables »

Il faut en effet engager « la lente construction (des comportements) en temps de paix. Et notre volonté de faire de l’éducation un bien commun doit profiter de cette « fenêtre de tir » et devenir, si nous unissons nos efforts « une mesure socialement et politiquement acceptable ».

Une étude très préoccupante décrit l’état de la jeunesse : « Tristes, effrayés, abandonnés… De nombreux jeunes en détresse face à la crise climatique ».

La plus grande étude jamais réalisée à ce jour sur l’éco-anxiété démontre qu’au Nord comme au Sud, les 16-25 ans sont majoritairement angoissés face au changement climatique et aux réponses inadaptées des gouvernements en place. […] Lire ici dans Liberation du 15 septembre

Eric Eloi, auteur de « Sortir de la croissance » préface Jean Jouzel, commente le 6ème rapport du GIEC  (Le Monde 18-08). Il propose un message d’espoir sous certaines conditions :

« Il y a un chemin d’espoir pour l’humanité au milieu du chaos climatique qu’elle a elle-même engendré. C’est le scénario dit « SSP1 » (shared socio-économique pathway 1) qui fait du bien-être humain  et de la réduction des inégalités sociales les deux piliers du développement en lieu et place de la croissance économique ».

L’école telle qu’elle fonctionne accroît les inégalités sociales. Nous prétendons que les objectifs qui figurent dans notre appel sont en mesure de les réduire.

C’était le projet du Plan Langevin Wallon. C’est celui qui guide tous les pédagogues progressistes qui travaillent à contre-courant.

Où en sont les écoles expérimentales aujourd’hui ?

Des expérimentations ont été réalisées à l’intérieur du système éducatif et du Service public. Certaines n’ont pas résisté à la pression de l’administration et ont disparu comme les écoles de la Villeneuve de Grenoble qui ont vécu des années soixante-dix aux années deux mille. Et ce, malgré les éloges de l’administration qui n’était pas à une contradiction près comme on le voit sur ce document où sont énoncées les conditions propices à une transformation réelle de l’Ecole, qui peuvent être encore utiles aujourd’hui. Ces éloges ( exceptionnels) venant de l’institution témoignent du fait qu’il ne s’agit pas d’un mythe.

Document tiré de « Apprendre autrement dans les écoles de la Villeneuve » 1988. Edité par les enseignants des écoles de la Villeneuve de Grenoble.

Certaines innovations sont toujours vigoureuses comme l’école Vitruve à Paris : on peut lire sur la page d’accueil de son site « L’école Vitruve est une école publique un peu particulière. Basée sur un fonctionnement par projets, elle a pour objectif de permettre à chaque individu qui la compose, enfant comme adulte, de trouver sa place et d’agir dans le collectif. Sa devise : C’est à plusieurs qu’on apprend tout seul ».

Le lycée autogéré de Paris (LAP) est un lycée expérimental créé en 1982 sous le ministre de l’Éducation nationale Alain Savary. Des enseignants et des jeunes en sont les fondateurs. Il a été créé pour offrir une alternative à la pédagogie traditionnelle. Le collège Clisthène à Bordeaux date de 2002. A l’étranger, il faut retenir les expériences belges des écoles publiques sous la houlette de l’inspecteur Charles Pepinster. Lire ici le compte rendu de toutes ces innovations.

Septembre 2022 : c’est la rentrée des classes.

A lire ci-dessous : des articles sur le sujet

ARTICLES RECENTS

Scolariser la maternelle ?

Par Eveline Charmeux, professeur-formateur honoraire de français, ex-chercheur à l’INRP. Publié dans Système éducatif. On n’est pas là pour jouer ! Ni pour faire la sieste… Nous y sommes : la gangrène capitaliste, qui s’infiltre partout, a touché l’école : faut que ça rapporte ! Donc, toujours plus fort, plus sérieux, plus rentable… On n’est… Lire la suite Scolariser la maternelle ?

FLUENCE : ramage, plumage et pilotage

Par Rachel Schneider , Professeure d’école, militante secteur éducatif SNUipp-FSU. Publié dans Savoirs émancipateurs. Introduits par les évaluations nationales imposées en CP et CE1 depuis 2018, les entraînements à la «fluence » se sont généralisés à tous les niveaux de classes de l’élémentaire. Cette pratique, qui a fait du chronomètre un outil indispensable en classe… Lire la suite FLUENCE : ramage, plumage et pilotage

« Vous avez dit fluence ?  » Entre question(s) et débat

Par Serge Herreman, rédacteur en chef de la revue de l’AFL (Association Française pour la lecture) « Les Actes de lecture ». Publié dans Savoirs émancipateurs. Editorial de la revue n°157 mars 2022. Qu’est-ce que la fluence ? « Fluence », ce mot, à côté de « codage » s’est vu imposé par le ministère de l’éducation nationale pour… Lire la suite « Vous avez dit fluence ?  » Entre question(s) et débat

L’ensemble des articles est à lire dans le BLOG

Bibiographie, sitographie

Dans cette rubrique : Des textes, des citations tirées de livres ou de sites à lire et partager. Cliquer ici pour aller sur la Page en haut du site et accéder à tous les documents.

Réflexions d’Albert Jacquard sur la « réussite »

Les enfants de Barbiana. Lettre à une enseignante

« Édité pour la première en français en 1968, épuisé depuis la fin des années 1970, ce classique oublié rappelle la relégation toujours d’actualité des enfants pauvres. Mais ici la critique de l’école reproductrice d’un ordre social injuste est formulée par ceux qui le subissent. Il vient d’être réédité le 19 août 2022.

Extrait de l’avant-propos de Pier Paolo Pasolini

« C’est un livre qui m’a immensément plu parce qu’il m’a tenu constamment en haleine, entre éclats de rire, véritables, physiques, et nœuds à répétition dans la gorge. C’est ce qu’on ressent devant des livres qui redécouvrent quelque chose de manière inédite et neuve, et qui offrent comme un sens de vertige, de liberté, par leur jugement du monde qui nous entoure. Avec ce livre, je me suis retrouvé plongé dans l’un des plus beaux que j’ai lu ces dernières années : un texte extraordinaire, pour des raisons littéraires aussi. On y trouve d’ailleurs l’une des plus belles définitions de la littérature que j’ai jamais lues : la poésie serait une haine qui, une fois examinée en profondeur et clarifiée, devient de l’amour ».

Extrait de la préface de Laurence De Cock

« Les élèves de Barbiana rappellent l’école publique à l’ordre parce qu’elle n’accomplit pas sa mission, réclamant une institution qui se préoccupe davantage de ceux dont les parents n’ont ni l’argent ni la culture qui leur permettent de compenser l’absence d’éducation scolaire. La France reste l’un des pays européens au système éducatif le plus inégalitaire, c’est-à-dire celui dans lequel le poids des origines sociales pèse le plus lourd. Dit autrement, l’école française est aussi performante pour faire réussir les élèves les plus socialement favorisés qu’orienter les enfants des milieux populaires dans des voies de relégation. C’est précisément sur ce point que cette réédition est salutaire : en redonnant à voir l’urgence de transformer l’école publique au prisme des besoins des enfants des catégories populaires ».

Lire ici sur le site de l’éditeur.

Lire aussi ce texte dans le site de Philippe Meirieu.

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Daniel Pennac – « Chagrin d’école » 11 octobre 2007

Son autobiographie où il parle des enfants malmenés à l’école comme il le fut :

Aucun avenir.
Des enfants qui ne deviendront pas.
Des enfants désespérants.
Écolier, puis collégien, puis lycéen, j’y croyais dur comme fer moi aussi à cette existence sans avenir.
C’est même la toute première chose dont un mauvais élève se persuade.
– Avec des notes pareilles qu’est-ce que tu peux espérer ?
– Tu t’imagines que tu vas passer en sixième ?
(En cinquième, en quatrième, en troisième, en seconde, en première…)
– Combien de chances, au bac, d’après vous, faites-moi plaisir, calculez vos chances vous-même, sur cent, combien ?
Ou cette directrice de collège, dans un vrai cri de joie :
– Vous, Pennacchioni, le BEPC vous ne l’aurez jamais ! Vous m’entendez ? Jamais !
Elle en vibrait.
En tout cas je ne deviendrai pas comme toi, vieille folle ! Je ne serai jamais prof, araignée engluée dans ta propre toile, garde-chiourme vissée à ton bureau jusqu’à la fin de tes jours. Jamais ! Nous autres les élèves nous passons, vous restez ! Nous sommes libres et vous en avez pris pour perpète. Nous, les mauvais, nous n’allons nulle part mais au moins nous y allons ! L’estrade ne sera pas l’enclos minable de notre vie !
Mépris pour mépris je me raccrochais à ce méchant réconfort : nous passons, les profs restent : c’est une conversation fréquente chez les élèves de fond de classe. Les cancres se nourrissent de mots.

Pour une éco-pédagogie

Un peu d’humour… Photo-montage Luigi Zuccante

Actualités

Nous souhaitons publier sous cette rubrique des articles ayant trait aux possibilités et aux difficultés du changement de paradigme en éducation que propose notre APPEL et des articles en rapport avec les thèmes de la brochure « EDUCATION UN BIEN COMMUN ».   

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Septembre 2022

L’école doit assumer d’authentiques finalités démocratiques et être au clair avec les défis planétaires 

Depuis la massification de l’Ecole à partir des années soixante qui a été un succès (maintenant 80% d’une classe d’âge au niveau du bac toutes sections confondues), qui s’est interrogé sur les finalités démocratiques de l’Ecole ? Car l’heure n’est plus à la massification mais à sa démocratisation. Et qui a interrogé les savoirs « traditionnels » qui se sont accumulés sans réflexion, parfois sans queue ni tête ? Qui a posé la question des nouveaux savoirs à mettre enfin au clair pour leur donner sens et les faire acquérir aux élèves afin de répondre aux défis planétaires actuels ?

Philippe Champy, ancien ingénieur de recherche à l’Institut national de la recherche pédagogique (INRP), a été initié aux diverses approches de la recherche en éducation. Il a longtemps dirigé les éditions Retz avant d’intervenir de façon critique, dans ses écrits et conférences, sur la politique scolaire française. Jean-François Gauthier, ancien inspecteur général de l’Éducation nationale, a enseigné à plusieurs niveaux scolaires et universitaires avant de se spécialiser dans la comparaison des politiques éducatives dans le monde et d’être reconnu internationalement pour ses travaux sur les contenus d’enseignement. Ils publient en cette rentrée : « Contre l’école injuste »., « Questionner l’imaginaire scolaire, discerner les pièges, repenser les savoirs à enseigner ». Quelques citations :

« Pouvez-vous expliquer en quoi et pourquoi l’École est injuste ?

Notre École est injuste à deux titres au moins, l’un assez connu et l’autre encore laissé dans l’ombre. Ce qui est connu, c’est ce que révèlent aussi bien les études sociologiques et historiques que les évaluations officielles : l’École reproduit voire renforce les inégalités sociales et culturelles entre élèves au lieu de les diminuer. Les dispositifs mis en œuvre pour éviter ce biais structurel n’ont qu’un impact marginal. L’injustice ici est de faire croire à une « égalité des chances » dans la compétition scolaire alors que les dés sont pipés de multiples façons.

Ce qui est moins connu, c’est que les savoirs jouent aussi un rôle déterminant dans le tri injuste des élèves » […]

« Pourquoi considérez-vous que notre système éducatif est devenu indifférent aux savoirs ?

Regardons ce qu’enseigne l’École : qui en décide ? quelles en sont les finalités d’ensemble ? Déjà là on ne le sait pas, aucun texte ne le définit, on se trouve face à un immense impensé, et du coup à un invraisemblable désordre, fait d’un « socle commun », plus ou moins abandonné, de quantité d’injonctions ministérielles d’enseigner des objets éducatifs divers (éducation à la citoyenneté, au développement durable, etc.) et de l’ensemble des programmes des disciplines scolaires.

Jamais par exemple on ne s’interroge sur les savoirs qui seraient simplement nécessaires aux élèves, pour vivre, pour se repérer dans les complexités du monde. Beaucoup de savoirs que l’École enseigne ne servent à rien, sont oubliés sans que personne ne s’en soucie, parce que l’essentiel de l’attention de l’École est ailleurs, dans les procédures permanentes de sélection et de tri » […] Lire ici sur le site de l’éditeur.

Août 2022

Apprendre à passer des évaluations au lieu d’apprendre : dès la maternelle

Un exemple de production éditoriale de la rentrée : édifiant !

Le véritable mobile des « difficultés » de recrutement des enseignant•e•s

« Des difficultés inédites de recrutement et/ou une contractualisation en marche ? Les fortes préoccupations qui se font jour en cette rentrée concernant les difficultés de recrutement des enseignants ne renvoient pas seulement au souci qu’il y ait des professeurs en nombre et de qualité, mais aussi à l’appréhension d’une « contractualisation » en marche.

Ces difficultés sont loin d’être inédites, tant s’en faut. Il y a eu en effet dans le passé des périodes où l’on a eu dans les écoles, les collèges ou les lycées une proportion très importante de non-titulaires, mis en place le plus souvent sans aucune formation professionnelle et recrutés hors concours ou procédures normales sans que cela soulève une émotion forte, la révolte, ou même une simple bronca » […]

Or, ce qui se passe aujourd’hui a une toute autre signification si l’on y regarde de près : il s’agit de modernisation de la Fonction publique et de management.

« Le 13 mai 2019, […] dans un cadre plus large (celui de la Fonction publique toute entière, mais où l »Education nationale figure pour la moitié des fonctionnaires d’Etat), Olivier Dussopt ( alors secrétaire d’État auprès du ministre de l’Action et des Comptes publics) présente ainsi la loi de transformation de la Fonction publique devant l’Assemblée nationale: « Le projet de loi opère une profonde modernisation de la gestion des ressources humaines dans la Fonction publique […]. Le deuxième pilier du projet de loi vise à développer les leviers managériaux pour une action publique plus efficace, avec comme premier objectif – peut-être l’une des mesures les plus emblématiques de ce texte – l’ouverture accrue du recours aux contrats. »

Pour Sylvia Pinel (PRG), « en dépit de l’apparente marche arrière du Président de la République sur la suppression annoncée de 120 000 postes de fonctionnaires, nous ne sommes pas dupes : le texte définit de fait le cadre d’une réduction des effectifs de fonctionnaires à plus ou moins brève échéance ». Claude Lelièvre, historien de l’éducation. Sur Médiapart

« On veut des élèves ! » Le cri des candidats reçus sur listes complémentaires

Dans cette vidéo, c’est le cri de nombreux candidats profs d’école reçus sur listes complémentaires. Ne pas prendre les candidats des listes complémentaires qui ont fait la preuve de leurs compétences à devenir prof des écoles (et même profs du secondaire… pour les listes complémentaires du secondaire) est un vrai scandale dans la situation de pénurie actuelle : le ministère préfère recruter des vacataires, contractuels, faire du job dating, pour réaliser des économies, ne pas avoir à payer des fonctionnaires et de ce fait, démolir encore plus le Service public. Voir la vidéo sur youtube. Depuis, les listes complémentaires ont été ouvertes à quelques candidats à la demande des syndicats mais le ministère a refusé d’en ouvrir davantage (veille de la rentrée).

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Une rentrée très problématique : postes d’enseignants vacants !

Retour sur l’article de Francetvinfo de juillet 2022 : « Plus de 4 000 postes d’enseignants restent aujourd’hui vacants. Le ministre de l’Éducation, Pap Ndiaye, promet toutefois qu' »il y aura un professeur devant chaque classe, dans toutes les écoles de France » à la rentrée 2022″.

Oui, mais comment ? « La solution, pour le ministère tient essentiellement en un mot : contractuels. L’Éducation nationale veut embaucher des personnes qui n’ont pas passé le concours, des sortes de CDD, qui ne sont pas fonctionnaires. Plusieurs académies ont déjà organisé des journées de recrutement sur ce modèle. Le ministère assure qu’il y aura un effort particulier sur la formation de ces nouveaux embauchés fin août, avant la rentrée scolaire. Des cellules vont aussi être mises sur pied dans chaque rectorat, pour répondre aux difficultés des établissements confrontés à des absences ».

Incroyable : […] l’équipe de Pap Ndiaye assure être confiante pour la rentrée. Elle affirme que cette baisse dans le recrutement était prévue et rappelle que des mesures sont envisagées à partir de l’automne 2022 en concertation avec les syndicats, pour améliorer l’attractivité du métier à commencer par des revalorisations de salaires ».

La rentrée c’est le 1 septembre, monsieur le ministre !!! Article de Francetvinfo de juillet 2022

Il existe pourtant des solutions comme en particulier, recruter les candidats reçus sur listes complémentaires qui ont passé les divers concours en montrant leurs compétences mais l’ont raté très souvent de peu… Un peu de logique !

22 août : les contractuels sont formés en quelques jours avant la rentrée : « Pour Sophie Vénétitay (SNES-FSU), les contractuels sont jetés « dans le grand bain avec une bouée percée ». La secrétaire générale du SNES-FSU estime qu’il est « illusoire » de penser que la formation de « quelques jours » destinés aux contractuels recrutés pour pallier aux postes de professeurs non pourvus suffira pour faire face à une classe ». Francetvinfo 22/08

10 août 2022

« Le besoin est urgent de faire de l’enfance une priorité nationale »

« Face à une situation alarmante, aggravée par la crise sanitaire, un collectif de magistrats, de médecins, de responsables d’associations défend, dans une tribune au « Monde », la création d’une délégation aux droits de l’enfant à l’Assemblée nationale, afin de porter dans la durée une pensée politique globale sur l’enfance […]

« Le président de la République s’est engagé, le 20 avril, à ce que l’enfance soit au cœur de son quinquennat. Nous demandons aujourd’hui de passer de la parole aux actes. En ce sens, nous soutenons la création d’une délégation aux droits de l’enfant au sein de l’Assemblée nationale, comme demandé par les députés (socialistes, Nouvelle Union populaire écologique et sociale, Nupes) Isabelle Santiago et Boris Vallaud à la présidente de l’Assemblée nationale […]

« […] en France, au moins 50 000 mineurs sont victimes de maltraitance par an. Toujours en France, un enfant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté, 300 000 enfants bénéficient d’une mesure de protection de l’enfance, un enfant sur dix est victime de violences à l’école. Derrière ces chiffres, rappelés dans chaque rapport et étude, ce sont des vies d’enfants qu’il est question […] Lire ici sur la page du Monde. (réservé aux abonnés).

Juillet 2022

Au printemps dernier, le 13 mai, l’appel à déserter par les étudiants d’AgroParisTech a été vu sur youtube, plus de 12 millions de fois. Partout, des jeunes et des moins jeunes questionnent le travail. Certains bifurquent pour inventer, ailleurs, une vie qu’ils et elles estiment plus riche.
Le site de Reporterre a consacré une enquête en trois volets sur ce phénomène : « Dans le monde occidental, des millions de personnes quittent leur travail. L’offensive néolibérale, la catastrophe écologique et la pandémie ont attisé cette fugue massive ». Premier volet : « La grande démission ». Second volet : « La désertion, germe d’une contre-société » » et le troisième :« De l’esclave au prolétaire, «la désertion n’est pas qu’une histoire bourgeoise» ».

Reporterre revient, dans une série d’été, sur cette vague. Pour la questionner. Car il n’est pas si facile de tout plaquer. Quelques-uns y parviennent, certains galèrent, d’autres abandonnent.
À travers des portraits et des entretiens, nous nous demanderons : comment faire de la désertion une lame de fond, un raz-de-marée ?« 

La vidéo de l’Appel à déserter des étudiants d’AgroParisTech.

30 juin 2022

Les inégalités filles-garçons vues par les enfants

“Il y a plein de gens qui disent que la place de la femme, c’est à la cuisine et tout, et que les hommes, ils doivent partir travailler. Ça ne se fait pas tout ça !” Brut a interrogé plusieurs enfants et adolescents ayant entre 8 et 19 ans. Et voici ce qu’ils pensent de l’égalité fille-garçon. “Les garçons, ils trouvent que les filles, c’est leur boniche. Ils disent ‘va me chercher ça et nananinanana…’”, explique Ariana, 8 ans ». Voici leurs réponses ».

23 juin 2022

Des tweets vengeurs d’élèves contre l’auteure de leur texte au bac de français : à qui la faute ?

Une polémique s’est fait jour après l’épreuve de français du bac 2022, en première, suite à la proposition d’un texte de l’écrivaine Sylvie Germain tiré de « Jours de colère ». Le titre de ce roman, de façon saisissante, correspond bien à la colère qui a saisi des centaines de candidats qui dans de multiples tweets se sont mis à insulter, attaquer, menacer de mort même, l’auteure sous le prétexte que ce texte incompréhensible allait leur faire rater leur bac !

Elle a réagi ainsi comme nous pouvons le lire sur le site de Francetvinfo : « Je suis plutôt inquiète du symptôme que cela révèle. Ils veulent des diplômes sans aucun effort. » « Ils se clament victimes pour un oui pour un non et désignent comme persécuteurs ceux-là mêmes qu’ils injurient et menacent », poursuit l’écrivaine, qui n’avait pas été prévenue que son texte avait été choisi, confidentialité des sujets d’examen oblige. Et pose la question : « Quels adultes vont-ils devenir ? » Lire sur la page de Francetvinfo.

Parallèlement, une autre écrivaine, professeure de lettres en lycée, BTS et prépa, tente de mettre à nu tous les rapports de force qui ont créé cette situation qui ne peut se lire entièrement dans une simple condamnation des élèves.

Les élèves sont-ils si fautifs ? N’ont-ils pas le niveau comme le proclament les Cassandre de tous poils ? Sont-ils des illettrés tout juste bons à tweeter ou à facebooker ?

N’est-ce pas plutôt le système éducatif et l’apprentissage de la littérature complètement dénaturé et aberrant qui sont à interroger ?

C’est à cette remise en question de cet enseignement, du bachotage, du non-sens que s’applique dans son blog, l’écrivaine Dalie Farah, elle-même professeure de lettres qui a préparé des élèves au bac de français en première mais a perçu toute l’absurdité du système. Elle comprend les élèves, ce qui les entrave depuis les petites classes de l’Ecole, en particulier cette évaluation perpétuelle qui culmine ici dans le bac de français qui de façon absurde ne les prépare jamais à apprécier la Littérature quelle soit classique ou contemporaine. Compétition, prédominance de la note, lectures imposées là où il faudrait des lectures gratuites, des découvertes personnelles d’auteurs que l’on a le droit de délaisser si l’on n’aime pas, des rencontres d’auteurs contemporains, des lectures à haute voix par des comédiens, toutes actions à même de donner le goût de la Littérature et lui conférer Sens.

Elle interroge en conclusion : « Pourquoi les élèves ne se révoltent pas contre leurs conditions d’étude ? Contre parcoursup ? Contre ces programmes ? Pourquoi les élèves ne se manifestent pas pour que les profs soient mieux payés ? Pour que la lecture et la rencontre d’auteurs vivants soient prévues dans le budget de l’éducation nationale ? Pourquoi ne pas se battre pour une formation à la littérature et non au bachotage débile ? Pourquoi ne pas réclamer l’abrogation de cette réforme à la carte qui a tué des formations et surtout tué le groupe classe ? Pourquoi ne pas demander l’abrogation de cette école qui les transforme en semi-agneaux susceptibles de hurler au loup pour rien ? Pourquoi acceptent-t-ils une école qui a mis l’art au ban de l’enseignement, qui a mis les pratiques artistiques, esthétiques, manuelles, techniques au ban de l’enseignement ?»

Dalie Farah sur son blog

Note :

« Personnellement je confirme : je vois surtout des élèves au CDI, en collège depuis 2004 maintenant, c’est-à-dire depuis 18 ans. J’ai fait un peu de lycée mais pas longtemps. Le problème ne se situe pas seulement au lycée et Dalie Farah le précise bien.

Donc en collège, le CDI pourtant pourvoyeur de nombreux livres de Littérature de jeunesse, classique ou contemporaine est majoritairement délaissé (je ne suis pas la seule professeure documentaliste témoin du phénomène), car les professeur•e•s de français n’ont pas le temps de venir faire découvrir les livres aux élèves : leurs heures ont diminué disent-ils comme peau de chagrin d’année en année. Ils ont leurs programmes et en français, ils privilégient plutôt les leçons de grammaire, orthographe, syntaxe plutôt que la lecture libre : ils imposent des lectures en série que de nombreux élèves font semblant de lire. Ils ne s’en cachent pas.

Attardons-nous quelques secondes, en primaire sur l’importance accordée aux « fondamentaux » depuis quelques années : un rapport récent révèle comment l’enseignement du français est mis en oeuvre au CM2 : « En français, par exemple, on s’attache plus au décodage et à la grammaire qu’à la compréhension de ce qu’on lit ou à l’expression écrite personnelle ». « L’enseignement en CM au scanner de l’IGESR : le leurre des « fondamentaux »« , article de Jean-Pierre Véran, formateur.

On peut lire aussi l’article de blog d’Eveline Charmeux qui va dans le même sens : « La lecture, saison 13 (ép.3) : savoir comprendre ce qu’on lit ».

Des élèves, bien sûr, passent au-travers des mailles du filet et c’est bien là, la source des inégalités de l’Ecole.  Au CDI viennent lire pendant les études, empruntent, les élèves qui ont déjà les codes. On dira comme une évidence : « Oui, mais tout le monde n’a pas le goût de la lecture, ça a toujours existé ! ». Fermez le ban !

Non, j’ai cependant, pendant ma trop courte carrière puisque je pars à la retraite le 1 septembre prochain, eu quelques réussites – et il faut savoir que nous, les profs documentalistes, nous sommes des militant•e•s, pour la lecture mais aussi pour les recherches documentaires – : convaincre des professeur•e•s de français, parfois des contractuel•e.s avides de s’informer, d’amener leur classe au CDI pour faire choisir librement des livres aux élèves ; une exposition sur un thème ou bien une libraire venue exposer une sélection de romans et nous avons proposé aux élèves de donner leur avis,  sur des post it à côté du roman à partir de ce qu’ils avaient perçu du paratexte, pour participer aux commandes et emprunter ensuite ; mise en place de rencontres avec des auteurs, au CDI même, mais bien trop rarement, car il y faut un budget pour la venue de l’auteur, pour l’achat de livres pris sur les finances du CDI si l’on veut rendre gratuite cette intervention pour les élèves ; utilisations multiples, maintenant des outils numériques dans lesquels baignent les élèves pour en faire des critiques littéraires, par exemple sur le site Babelio, etc.

Pour conclure : un beau gâchis, cette Ecole et cet apprentissage de la lecture et de la Littérature…!  » Nadine Lanneau, professeure documentaliste en collège.

17 juin 2022

Un ministre de l’éducation novice secondé par des membres de cabinet déterminés à privatiser l’Ecole

Avec sa nomination comme ministre de l’Education, Pap Ndiaye de par sa personnalité et son cursus, ses références, ses écrits, avait créé la surprise après les années détestables de J.M. Blanquer. Mais que proposera-t-il ? Aura-t-il les moyens pour mettre en place une politique de transformation du système éducatif vers une émancipation de toutes et tous à tous les niveaux, élèves, personnels, parents d’élèves ? C’est plutôt son contraire qui pointe son nez :

« Ministre très novice et remarquablement silencieux, Pap Ndiaye a t-il un cabinet qui puisse l’aider à développer sa politique éducative ? Faute d’une personnalité marquante, le cabinet reflète, quand on l’analyse, la juxtaposition de plusieurs projets politiques ». […]

Cependant un projet semble surplomber les autres :

« Il est remarquable de voir comment la Cour des Comptes y est, pour la première fois, fortement représentée aux postes clés. Or, quelques mois avant l’élection présidentielle, la Cour a publié pas moins de 4 rapports sur l’Ecole appelant tous à la même réforme : la privatisation de l’Ecole, c’est à dire sa soumission à une nouvelle gestion issue du privé. »[…]

« La privatisation en marche »

« Voilà 4 rapports qui proposent une vision cohérente de l’Ecole. C’est celle du Nouveau management public. Cette évolution de l’Ecole vers une gestion inspirée des entreprises, une forme de privatisation de l’Ecole, nous l’avons retrouvée dans les discours d’E Macron les 2 et 3 juin, dans les Job Datings, tout comme dans un récent rapport du Sénat ». Lire sur la page du Café Pédagogique.

16 juin 2022

L’école inclusive en France entre textes officiels progressistes et réalité qui exclut 

Sur le site du Café pédagogique, Dominique Momiron, inspecteur de l’éducation nationale retraité, ex conseiller pour l’école inclusive dans l’académie de Clermont-Ferrand, introduit ainsi sa réflexion sur l’école inclusive :

« Il y a ce qui est écrit dans les textes officiels, et il y a ce qui est connu et compris par les acteurs sur le terrain. On pourrait presque dire que chacun a une représentation de « son » école inclusive. Mais en s’appuyant sur les principes internationaux de l’éducation inclusive, on peut identifier ce qui en constitue l’essence, au-delà des lieux communs et des fantasmes.

Les principes à l’origine de cette notion d’école inclusive : « Si l’on s’en tient aux textes officiels fondateurs, la clé se situe presque entièrement dans la célèbre déclaration de Salamanque du 10 juin 1994 adoptée sous l’égide de l’Unesco par 92 gouvernements – dont la France – et 25 organisations internationales. Cette déclaration pose formellement le principe de l’accès à l’éducation pour tous, c’est-à-dire la création d’écoles pour tous « accueillant tous les enfants, exaltant les différences, épaulant les élèves dans leur apprentissage et répondant aux besoins individuels de chacun ».  Par cette déclaration, « Les besoins éducatifs spéciaux – préoccupation commune aux pays du Nord et du Sud – ne pourront être pris en compte isolément. Ils doivent faire partie d’une stratégie éducative globale et, pour tout dire, de nouvelles politiques économiques et sociales ».

Les trois principes essentiels qui sous-tendent les textes

  • « Chaque enfant a des caractéristiques, des intérêts, des aptitudes et des besoins d’apprentissage qui lui sont propres », ce qui pose le principe que tout enfant est potentiellement un élève à besoins éducatifs particuliers, bien au-delà du champ handicap ».
  • « Les systèmes éducatifs doivent être conçus et les programmes appliqués de manière à tenir compte de cette grande diversité de caractéristiques et de besoins », ce qui implique une approche systémique de l’organisation scolaire et non simplement une approche cosmétique avec uniquement des mesures catégorielles ».
  • « Les personnes ayant des besoins éducatifs spéciaux doivent pouvoir accéder aux écoles ordinaires, qui doivent les intégrer dans un système pédagogique centré sur l’enfant, capable de répondre à ces besoins », ce qui signifie que l’école de droit commun doit être en mesure d’enseigner à des élèves réels avec toute leur diversité et non uniquement à un élève théorique ayant un hypothétique profil moyen ».

D’autres textes viennent compléter celui-là. « Mais il n’est pas sûr que ce totem soit bien compris par les responsables politiques pour ce qu’il est censé représenter. Pour beaucoup d’entre eux, et parfois au plus haut sommet de l’État, l’école inclusive est un secteur catégoriel limité aux seuls élèves handicapés. Ils ignorent que si la question de la société inclusive est bien issue du champ du handicap au niveau international, très rapidement, avec les travaux des anthropologues, des sociologues et des organisations non gouvernementales concernées, elle s’est étendue à l’ensemble de la société ».

En France, des dérives :

  • Une approche compassionnelle du handicap : « Avec cette approche, l’école inclusive consiste simplement à permettre la présence des élèves handicapés dans l’enceinte scolaire, sans se soucier de leur participation à ce qui constitue l’essence de la vie scolaire, c’est-à-dire les apprentissages en commun avec les autres élèves ».
  • Une approche médico-biologique de l’élève handicapé réduit à son statut de handicapé : « sans prendre en considération son aspiration à participer à la vie sociale et culturelle de la classe, sans prendre en considération qu’un enfant a besoin de vivre dans un groupe d’enfants et d’interagir avec eux ».
  • L’approche individualiste et néo-libérale : « Dans cette optique, l’école inclusive peut constituer un efficace cheval de Troie en vue de casser la dimension collective de l’école républicaine ». […]  » C’est dans cet esprit, par exemple, et avec la meilleure bonne conscience qu’on légitimera de sortir les bons élèves, forcément méritants, des écoles et collèges des quartiers de pauvreté pour leur permettre d’accéder aux cursus scolaires d’excellence des bons élèves. Ceux qui restent n’ont qu’à s’en prendre à eux-mêmes. On ne peut rien pour eux »

Une autre conception idéologique de l’école inclusive existe

Elle est « issue d’une tradition éducative associée au mouvement de l’éducation nouvelle et très proche de la conception internationale. Elle est fondée sur une vision sociale et solidaire de la vie humaine. Elle mobilise la tolérance mutuelle et la solidarité indéfectible entre les êtres humains, quelles que soient leurs différences ». […] Cette tradition « […] sait tirer parti de l’émulation collective et de la coopération pour le meilleur de tous et de chacun« .

La France doit transformer son système éducatif

« Jean-Paul Delahaye, ancien Dgesco et Inspecteur général, nous alerte aussi depuis plusieurs années sur un angle mort de notre système éducatif. Le titre de son dernier ouvrage est éloquent : « l’école n’est pas faite pour les pauvres ». [Ndlr : voir notre actualité précédente]. Il plaide pour une transformation de notre école républicaine afin qu’elle soit vraiment républicaine et fraternelle. Parallèlement, la présidente d’ATD-Quart-monde, Marie-Aleth Grard, va dans le même sens. Elle rappelle que « les statistiques de la DEPP montrent clairement la prédominance massive des milieux défavorisés dans l’enseignement adapté (les SEGPA par exemple) et dans l’enseignement spécialisé (ULIS, ITEP…) ». Tous deux dénoncent le terrible lien en France entre les inégalités sociales et la réussite scolaire que toutes les enquêtes internationales mettent en évidence ».

« le Comité des droits des personnes handicapées de l’ONU a récemment évalué avec sévérité la France durant l’été 2021. Pour l’application de l’article 24 de la convention internationale des droits des personnes handicapées, il se dit « préoccupé par le nombre élevé d’enfants handicapés inscrits dans des structures d’éducation ségrégative, notamment des structures d’accueil médico-sociales ou des classes séparées dans des écoles ordinaires, car cela perpétue la stigmatisation et l’exclusion ». Lire sur le site du Café pédagogique.

13 juin 2022

Pap Ndiaye annonce de « grands débats » à la rentrée : pour changer l’Ecole ?

Sur le site vousnousils l’emag de l’éducation : « L’objectif, pour le ministre, est « non pas de faire un Grenelle de l’éducation, une grand-messe à Paris, mais plutôt au plus près des demandes locales et du terrain. » Enseignants, personnels administratifs, élèves et parents d’élèves, élus et associations devraient être invités à y participer ». […] « A Poitiers, le ministre a évoqué les « malentendus » du gouvernement précédent avec les personnels de l’éducation, liés pour lui à « des questions de délimitation de responsabilité et des questions budgétaires. » Des malentendus qu’il entend régler en étant un « ministre de terrain. » A voir donc à la rentrée ! Lire sur cette page.

3 juin 2022

Pour que l’Ecole n’exclut plus les pauvres !

« L’école doit cesser de privilégier les intérêts particuliers des familles favorisées. C’est le message fort lancé par Jean-Paul Delahaye, ancien conseiller spécial et DGESCO (directeur général de l’enseignement scolaire) de Vincent Peillon au ministère de l’Éducation nationale, alors que Pap Ndiaye vient d’en être nommé ministre ». « 

Article réservé aux abonnés mais le début est parlant surtout lorsque l’on connaît Jean-Paul Delahaye qui a toujours dénoncé les inégalités à l’école. Ce qu’il dit de la question des rythmes scolaires est d’une immense pertinence.

« Vous évoquez une “lutte des classes” au sein du système éducatif. Qu’entendez-vous par là ?

Regardons les choses en face : les inégalités à l’école ne nuisent pas à tout le monde. Il existe bien un clivage entre les familles dont les enfants réussissent, et qui n’ont donc pas intérêt à ce que le système change, quel que soit leur bord politique, et les parents d’origine modeste, qui auraient au contraire besoin de transformations. Les premiers ont des relais politiques à la différence des seconds. Cette lutte des classes se traduit par exemple dans le débat sur les rythmes scolaires. En 2017, le ministère de l’Éducation nationale [ndlr : le socialiste Vincent Peillon qui n’est resté aux manettes que quelques mois] avait adressé un questionnaire aux parents à ce propos. Les couches moyennes et favorisées plébiscitaient la semaine de quatre jours car, le mercredi, leurs enfants sont au poney-club, au conservatoire ou dans une officine de soutien scolaire privée. Quant aux familles populaires, elles affichaient une nette préférence pour la semaine de quatre jours et demi. Au lieu d’écouter ces dernières, on a le plus souvent privilégié l’intérêt particulier sur l’intérêt général. Sauf heureusement dans certaines communes qui tiennent bon, mais qui représentent une toute petite minorité, comme Paris, Avignon, ou quelques grandes villes de l’ouest de la France ».

Ndlr : La semaine de quatre jours et demie = neuf demi journées, date du décret de 2013 qui peut être aménagé par questionnaire auprès des parents et devenir la semaine de quatre jours.

Article réservé aux abonnés sur le site de Télérama.

1 juin 2022

« Hypocrisie Total » : à Polytechnique, la révolte des élèves contre la major pétrolière ne faiblit pas

« Le mardi 1er juin 2021 à 19 heures, un événement tout à fait inhabituel s’est produit dans la cour Vaneau de l’Ecole polytechnique, au cœur du verdoyant plateau de Saclay (Essonne). Sur ce site hautement symbolique – c’est ici que les cérémonies en uniforme se déroulent, comme la passation du drapeau, rite de transmission entre les promotions –, une action militante à des années-lumière de la tradition militaire a eu lieu.

Ce jour-là, pas de bicorne ni d’épée : environ 350 élèves ingénieurs se sont regroupés pour former un « X » géant, lettre qui désigne à la fois l’école et ses élèves. L’objectif : montrer, à nouveau, leur opposition au projet de construction d’un centre de recherche et d’innovation de Total Energies (le nouveau nom du groupe Total) à quelques mètres de leur campus. Le chantier devrait démarrer mi-juillet, selon le permis de construire ». Article du Monde réservé aux abonnés.

Mai 2022

Retour sur un rapport d’avril 2022 : L’enseignement en CM au scanner de l’IGESR : le leurre des « fondamentaux »

Sur son blog de Médiapart, Jean-Pierre Véran, formateur, revient sur les conclusions du rapport de l’IGESR (L’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche): « Nous ne reprendrons ici que quelques éléments susceptibles de nourrir une réflexion plus large sur l’école française ». « Après cinq ans de focalisation obsessionnelle sur les enseignements fondamentaux à l’école élémentaire, un rapport de l’IGESR dresse un état des lieux riche d’enseignements sur les effets induits de ce choix politique. On ne peut que souhaiter une autre politique des savoirs ». Le dernier ministre de l’éducation J.M. Blanquer, comme on l’a vu et déploré pendant cinq ans, a fondé toute sa politique du primaire au secondaire sur les fameux « fondamentaux », français et mathématiques » au détriment – comme on le voit dans l’article – sur les apprentissages en EPS, arts plastiques et technologie, considérés comme secondaires.

Un exemple : l’enseignement du français tel qu’il est mis en oeuvre au CM2 d’après le rapport : « En français, par exemple, on s’attache plus au décodage et à la grammaire qu’à la compréhension de ce qu’on lit ou à l’expression écrite personnelle ». Et on s’étonne ensuite que les élèves ne maîtrisent pas la lecture (« Lire c’est comprendre »), encore moins l’écriture malgré l’inculcation systématique de règles parfois absurdes, en orthographe, syntaxe, grammaire au lieu de se focaliser sur l’usage que seul permettrait un apprentissage de la lecture plus adéquat.

Lire l’article ici.

On peut lire le rapport dans son intégralité sur le site ministériel.

Au sujet de l’apprentissage de la lecture au primaire, lire aussi l’article de blog d’Eveline Charmeux : « La lecture, saison 13 (ép.3) : savoir comprendre ce qu’on lit ».

21 mai 2022

Lettre ouverte de Philippe Meirieu au nouveau ministre de l’Education

Pap Ndiaye est le remplaçant de J. M. Blanquer dans le second quinquennat Macron. Il va devoir réparer les dégâts occasionnés par le ministère de son prédécesseur pendant cinq ans. Philippe Meirieu lui a écrit une lettre ouverte qui débute par ces mots :

« Monsieur le Ministre,

Votre nomination est, à mes yeux, comme aux yeux de beaucoup, une belle surprise. Votre travail universitaire, vos engagements, vos prises de position sont, en effet, le gage d’un renouvellement important à la tête de l’Éducation nationale. Vous avez travaillé sur les discriminations et sur l’émancipation ; vous avez eu, à de nombreuses reprises, des paroles justes, sans concession et apaisantes à la fois, sur des questions de société essentielles ; vous incarnez la lutte pour l’égalité des droits dans ce qu’elle a de plus fondamental pour notre avenir… Ce sont là, pour les enseignantes et enseignants, comme pour tous les personnels de l’Éducation nationale et de l’Éducation populaire, des signes forts qui nous font espérer un vrai renouveau ».

Et il termine ainsi : « Bernard Stiegler, trop tôt disparu, nous exhortait en 2008 à « prendre soin de la jeunesse et des générations ». Il avait raison. Il est temps, plus que jamais, de l’entendre. Et, pour cela, de prendre soin des enseignants et des personnels de l’éducation. Ce sera là votre tâche. Ils n’attendent de vous aucune flatterie démagogique, mais une relation franche et claire pour fixer ensemble le cap de ces prochaines années. Ils attendent que vous vous penchiez très vite sur leur formation initiale, aujourd’hui si gravement compromise, et de leur formation continue, complètement sinistrée. Ils attendent que vous travailliez avec eux sur les finalités sans les enchaîner à des modalités infantilisantes. Bref, ils attendent de leur ministre qu’il construise avec eux un service public d’éducation capable de préparer nos enfants à la société qui vient ». Lire la suite sur la page du Café pédagogique.

Sur Mediapart l’historien Claude Lelièvre fait l’inventaire des différents ministres de l’éducation nationale sous la cinquième république avant la nomination de Pap Ndiaye et constate que tous étaient des professeurs mais surtout des agrégés (!) : « Dix de ces 28 ministres de l’Éducation nationale ont été professeurs. Il est remarquable qu’ils sont tous agrégés : quatre agrégés – du supérieur – en droit ou sciences politiques (Edgar Faure, Jack Lang, Luc Ferry, Jean-Michel Blanquer) ; trois agrégés de lettres classiques (Lucien Paye, François Bayrou, Xavier Darcos ), un agrégé de philosophie (Vincent Peillon), un agrégé d’histoire (Louis Joxe) et un agrégé de géographie (René Haby). Tout se passe comme s’il était hors de question que des enseignants d’un autre « rang » puissent être à la tête du ministère de l’Éducation nationale. Et Pap Ndiaye, onzième professeur qui vient d’être nommé à la tête du ministère est bien un agrégé (d’histoire) et ne déroge pas à la règle… » Lire sur le blog de Mediapart.

20 mai 2022

Décès d’André Antibi, l’inventeur de la « constante macabre » : une grande perte pour l’éducation

« Alors que la lutte contre l’échec scolaire reste une priorité pour l’école française, elle perd un de ses plus ardents combattants avec le décès d’André Antibi. Père de la « constante macabre », animateur infatigable du MCLCM [ndlr : Mouvement Contre la Constante Macabre], André Antibi a défendu jusqu’au bout sa vision pédagogique. Il s’est éteint le 20 mai 2022 à l’âge de 77 ans au terme d’une vie bien remplie où il aura fait preuve de talents exceptionnels comme mathématicien, pédagogue, écrivain et musicien ». « La constante macabre, mise en évidence par André Antibi, se traduit par le fait que les enseignants semblent obligés, pour être crédibles, de mettre un certain pourcentage de mauvaises notes, même dans les classes de bon niveau ». « Les résultats sont connus : sentiment d’injustice chez les élèves et aigreur des relations entre professeurs et élèves. Surtout, perte de confiance en soi des élèves, un phénomène qui affecte particulièrement les élèves français selon les enquêtes internationales ». Lire sur le site du Café Pédagogique.

13 mai 2022

Appel à déserter de huit jeunes ingénieurs d’AgroParisTech 2022

« Dans un discours prononcé lors de la cérémonie de remise des diplômes, des étudiants de la prestigieuse école d’agronomie ont fustigé leur formation et appelé leurs camarades à tourner le dos à leurs prestigieuses carrières pour s’impliquer dans des projets compatibles avec la lutte contre le changement climatique« . « Dénonçant une école dont la formation participe «aux ravages écologiques et sociaux en cours», ce collectif appelé «Des agros qui bifurquent» clame son rejet des notions de développement durable, de croissance verte ou encore de neutralité des sciences ». Lire la suite sur la page de Libération.

Consulter la vidéo de la remise des diplômes sur youtube.

Mai 2022

« Mathématiques : pourquoi nous sommes les derniers de la classe… »

C’est le titre d’un article de Science&Vie de ce mois de mai : « le niveau des élèves français est le plus faible d’Europe … et il est en baisse » – « Les ados françaises boudent les maths » – … « et les inégalités sociales pèsent plus lourd qu’ailleurs » –

Des solutions proposées par Cédric Villani, mathématicien qui a remis en 2018, un rapport de 21 mesures. Science&Vie en retient 3 qui peuvent nous intéresser ici dans ce site : meilleure formation des maîtres, apprentissage dès le plus jeune âge par « manipulation, verbalisation, abstraction » et surtout : « renforcement des échanges entre mathématiques et autres disciplines; priorisation des projets interdisciplinaires« .

***

Pour donner le goût des mathématiques aux collégien•ne•s : Un projet mathématiques Google@maths

qui met en jeu des tâches complexes mobilisant notamment les compétences rechercher, modéliser et raisonner.

Prise d’initiative, travail en groupe et rédaction d’une narration de recherche, présentation orale de chaque groupe.

« Je propose ici une série de problèmes ayant chacun pour support une carte générée avec Google Maps et un document trouvé sur Internet qui contient les informations nécessaires à la résolution du problème. Le but est de faire travailler les élèves sur des documents réels et variés.

Il s’agit de tâches complexes. Pour chaque problème le principe est le même d’une résolution en deux temps :

  • Calculer une longueur ou une aire à partir de la carte et de son échelle.
  • Cette aire (ou cette longueur) est utilisée pour un nouveau calcul permettant de répondre à la question posée.

Je fais ce travail en partenariat avec l’association M@ths en-vie.

Un exemple : Dans le problème googlem@ths #17 nous filtrons l’eau de l’immense bassin de la piscine d’été Alfred-Nakache à Toulouse. Attention de respecter les normes !

Auteur du site : Jean-Yves Labouche, Professeur certifié de mathématiques. Lycée Français de Taipei : Taipei, la capitale de Taïwan. Membre de la commission Inter-IREM TICE

6 mai 2022

HISTORIQUE : nous sommes NUPES !

NUPES : Nouvelle Union Populaire Ecologique et Sociale avec LFI, EELV, le PC, le PS et Génération•s.

Un espoir immense se lève. Mais qu’en sera-t-il de l’éducation bien commun ? La vie est faite de luttes… Consulter cette analyse de l’école alternative de la rue Vitruve qui se trouve dans notre BLOG. Je laisse à la réflexion de quiconque le veut bien, ce paragraphe :

« Une position de la gauche en matière d’éducation très équivoque. En effet la gauche semble installée […] dans l’attente d’un changement politique et limite son action en faveur de l’école à réclamer des moyens supplémentaires. Position équivoque car facilement teintée de démagogie et de corporatisme ; position dangereuse qui risque de dispenser d’une réflexion véritable en continuant, passé un certain seuil, d’attribuer les médiocres effets de l’enseignement à l’insuffisance des moyens ; position facile aussi car qui oserait se vanter de pouvoir s’en passer ? position très révélatrice de l’absence de conceptions éducatives (l’école de gauche serait finalement l’école actuelle mais avec l’abondance en plus) et du choix non-dit de la spécialisation sociale (les progrès de l’école sont directement liés à l’augmentation du nombre des enseignants) ».

Et que penser de cette question vive ? Les élèves, enfants, collégiens, lycéens n’ont pas l’occasion d’exprimer leur point de vue. Alors que pédagogues et « républicains » s’écharpent soit-disant pour leur bien… Consulter l’article de Raymond Millot ici. Des lycéens de zone défavorisée ont osé dire…

***

« C’est vraiment un nouveau monde qui s’annonce ! » Si les électeurs le choisissent… L’abstention est de plus en plus forte, en particulier chez les jeunes.

D’autre part, de vastes débats sur l’Ecole seront nécessaires pour faire entendre notre Appel : Notre système « éducatif » ne correspond en aucune façon à un avenir  la solidarité, la coopération, la mobilisation de toutes les formes d’intelligence, seront indispensables pour faire face, pour résister, pour trouver des solutions aux problèmes inouïs qui attendent les futures générations. Une Convention Citoyenne sur l’Education !

Notre Ecole est extrêmement inégalitaire : De vastes débats seront nécessaires pour prendre en compte les cinq derniers, les élèves en difficulté majoritairement issus de familles défavorisées selon toutes les études, surtout par le langage et leur culture non prise en compte. Se souvenir de Bourdieu ! Une Convention Citoyenne sur l’Education !

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Mai 2022

Toujours d’actualité en ce mai 2022 révolutionnaire à bien des égards… La pensée de Louise Michel nous accompagne.

« Louise Michel alias « Enjolras », – Enjolras est un personnage fictif créé par Victor Hugo dans Les Misérables – née le 29 mai 1830, est une institutrice, écrivaine, militante anarchiste, franc-maçonne française, aux idées féministes et l’une des figures majeures de la Commune de Paris durant laquelle elle s’implique tant politiquement que militairement en intégrant les rangs de la Garde nationale. Elle est aussi une des représentantes les plus célèbres de la part prise par les femmes dans la Commune de Paris.

Préoccupée très tôt par l’éducation, elle enseigne quelques années avant de se rendre à Paris en 1856. En 1871, elle participe activement aux événements de la Commune de Paris, autant en première ligne qu’en soutien. elle est déportée en Nouvelle-Calédonie où elle se convertit à la pensée anarchiste. Elle revient en Métropole en 1880, et, très populaire, multiplie les manifestations et réunions en faveur des prolétaires. Elle reste surveillée par la police et est emprisonnée à plusieurs reprises, mais poursuit son militantisme politique dans toute la France, jusqu’à sa mort à l’âge de 74 ans à Marseille.

Elle demeure une figure révolutionnaire et anarchiste de premier plan dans l’imaginaire collectif. Première à arborer le drapeau noir, elle popularise celui-ci au sein du mouvement libertaire. » Wikipedia

29 Avril 2022

En attendant la fin des négociations pour faire renaître l’Union de la Gauche : Les paroles des poètes mais aussi des chanteurs•e•s engagé•e•s ont à nous dire, à nous parler de notre présent et de notre avenir… Ecoutons Big flo et Oli les deux chanteurs de rap toulousains. Des chanteurs de rap engagés…

Dans le cube de verre sur la place du Capitole, la nuit

Pour lancer leur dernier clip, ils ont installé un cube de verre à Peyragudes, à Toulouse, à Lauzerte, à Paris, en France. Une métaphore du confinement que nous avons tous•te•s vécu.

Quelques images « volées » en copies d’écran… et des paroles…

J’viens du pays où il fait toujours beau
Mais aussi d’celui où il pleut tout l’temps
Dis-moi de qui j’suis le descendant
Des collabos ou bien des résistants ?

Autant de cons que de complexes
Si je pars, vous allez pas m’manquer
Mais à l’autre bout du monde, premier réflexe
Je cherche s’il y a des français […]

T’as vu depuis combien de temps ça dure ?
Amour ou haine c’est pas une mince affaire
La police, celle des sales bavures
Ou celle en première ligne à l’Hyper casher ? […]

Ça t’fait bizarre mais je l’aime ce pays
Celui qui me taxe et me couvre d’impôts
Celui qui paye pour moi à la pharmacie
Qui m’a emmené gratuit voir la mer en colo’ […]

Tout c’qui est sûr c’est qu’j’suis Français
Que mes grands-parents ne l’étaient pas
Mais c’qui compte c’est plutôt l’arrivée ou la ligne de départ ? […]

J’me dis qu’on pourrait le faire
Briser le plafond de verre
Au lieu de pointer les différences de chacun
Se concentrer sur tout c’qu’on a en commun

Le cube de verre dans une France menacée par les incendies

« Tous dans l’même bateau, ça c’est capital « 

Consulter ici : « Sacré bordel » le clip.

NDLR : dans les poèmes, les chansons, tout est métaphore…

24 avril 2022

E. Macron est réélu et avec lui la même politique de son ministre de l’Education ?

Second tour de l’élection présidentielle du 24 avril 2022

Des discussions ont lieu à gauche pour une coalition, une Union populaire. Retraite à 60 ans, planification écologique, égalité hommes-femmes, smic, etc. Les partis de gauche et tous ceux qui veulent faire advenir l’avenir que tous ces progrès représentent, peuvent se retrouver… Le 1er mai sera l’occasion d’un grand rassemblement…

11 avril 2022

Le réveil a été rude : si près du but ! Comme Sisyphe et son rocher, continuons le combat : toutes et tous contre l’extrême-droite ! Et pour un monde enfin renouvelé !

Les quartiers populaires dans les grandes villes, les jeunes, les habitants des Outremer, ont voté massivement pour l’Union populaire, pour une gauche de rupture avec le néo-libéralisme : un événement historique !

La littérature, la poésie, l’écriture, non pour nous consoler mais pour nous faire vivre :

Camus écrit en 1942 dans « Le mythe de Sisyphe » : « Sisyphe, prolétaire des dieux, impuissant et révolté, connaît toute l’étendue de sa misérable condition. C’est à elle qu’il pense pendant la descente, la clairvoyance qui devait faire son tourment, consomme du même coup sa victoire. C’est parce qu’il y a de la révolte que la vie de Sisyphe mérite d’être vécue, la raison seule ne lui permet pas de conférer un sens à l’absurdité du monde ».

Aragon dans Les Poètes en 1960 :

Épilogue
Louis Aragon – Les poètes – 1960

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« Je vois tout ce que vous avez devant vous de malheur de sang de lassitude
Vous n’aurez rien appris de nos illusions rien de nos faux pas compris
Nous ne vous aurons à rien servi vous devrez à votre tour payer le prix
Je vois se plier votre épaule A votre front je vois le pli des habitudes                                             Bien sûr bien sûr vous me direz que c’est toujours comme cela mais justement
Songez à tous ceux qui mirent leurs doigts vivants leurs mains de chair dans l’engrenage
Pour que cela change et songez à ceux qui ne discutaient même pas leur cage
Est – ce qu’on peut avoir le droit au désespoir le droit de s’arrêter un moment

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre2

Songez qu’on n’arrête jamais de se battre et qu’avoir vaincu n’est trois fois rien
Et que tout est remis en cause du moment que l’homme de l’homme est comptable
Nous avons vu faire de grandes choses mais il y en eut d’épouvantables
Car il n’est pas toujours facile de savoir où est le mal où est le bien
Et vienne un jour quand vous aurez sur vous le soleil insensé de la victoire
Rappelez vous que nous avons aussi connu cela que d’autres sont montés
Arracher le drapeau de servitude à l’Acropole et qu’on les a jetés
Eux et leur gloire encore haletants dans la fosse commune de l’histoire

J’écrirai ces vers à bras grands ouverts qu’on sente mon coeur quatre fois y battre
Quitte à en mourir je dépasserai ma gorge et ma voix mon souffle et mon chant
Je suis le faucheur ivre de faucher qu’on voit dévaster sa vie et son champ
Et tout haletant du temps qu’il y perd qui bat et rebat sa faux comme plâtre

Je ne dis pas cela pour démoraliser Il faut regarder le néant
En face pour savoir en triompher Le chant n est pas moins beau quand il décline
Il faut savoir ailleurs l’entendre qui renaît comme l’écho dans les collines
Nous ne sommes pas seuls au monde à chanter et le drame est l’ensemble des chants
Le drame il faut savoir y tenir sa partie et même qu’une voix se taise
Sachez le toujours le choeur profond reprend la phrase interrompue
Du moment que jusqu’au bout de lui même le chanteur a fait ce qu’il a pu
Qu’importe si chemin faisant vous allez m’abandonner comme une hypothèse ».

5 avril 2022

« Les Héritiers » : ce que Bourdieu et Passeron nous ont appris de l’inégalité des chances

« Vingt ans après la disparition de Pierre Bourdieu, voici l’occasion de se pencher à nouveau sur l’un de ses ouvrages les plus commentés, co-écrit avec Jean-Claude Passeron, Les Héritiers, les étudiants et la culture, paru aux Éditions de Minuit en 1964. Bien au-delà du cercle restreint des sociologues, ses analyses firent émerger des débats passionnés sur l’école et restent, près de soixante ans plus tard, d’une grande actualité. Car l’inégalité sociale dans le cadre scolaire demeure un fait patent, aujourd’hui comme hier » […] « Les héritiers sont les « élus », ceux qui ont hérité par leur milieu familial de manières de dire et de faire, de savoirs et de savoir-faire, de goûts culturels, qui sont exigés et valorisés par le système scolaire, ce qui leur donne un privilège dans leur rapport à l’école ». Lire sur la page de The Conversation

4 avril 2022

Le 6° nouveau rapport du GIEC hier 4 avril : Trois ans pour garder une planète « vivable »

« Après deux semaines de discussions, le GIEC publie ce lundi son nouveau rapport de préconisations, sous forme de scénarios, pour lutter contre le réchauffement de la planète. […] « après deux semaines de discussions entre les 195 États membres, et 48 heures de retard dans la publication par les délégués du GIEC du très politique « résumé à l’intention des décideurs » qui nécessite de peser chaque mot.

[…]un éventail de scénarios et de solutions pour diminuer les émissions de gaz à effet de serre et ne pas dire adieu aux objectifs de limitation du réchauffement à +1,5 degrés ou 2 degrés par rapport à l’ère pré-industrielle. 

[…] « Aujourd’hui, la situation est plus grave qu’estimée auparavant. [ndlr : dans le rapport du mois d’août] « Seulement 3 ans pour tout changer » […] « Des émissions de CO2 au plus haut depuis 2010 ». Lire sur le site de France Inter.

31 mars 2022

Le premier degré en rupture avec JM Blanquer 

« Ce n’est pas une découverte. Le sondage réalisé par le Snuipp Fsu auprès de 24 000 professeurs des écoles confirme ce que le Baromètre Unsa a déjà montré. Seulement 5% des enseignants du premier degré sont en accord avec la politique suivie par JM Blanquer. Au point qu’un enseignant sur deux envisage de quitter le métier, un taux jamais atteint. Et ce n’est pas qu’à cause de leur salaire, même si 77% demandent une revalorisation. 85% des enseignants du premier degré rejettent la loi Rilhac. Une majorité ne soutient pas la priorité aux fondamentaux. Seulement 3% sont satisfaits des guides ministériels [Souligné en gras par la rédaction].  Le Snuipp Fsu va s’adresser maintenant aux candidats à la présidence de la République pour leur faire préciser leur programme pour l’école ».

Sur le site du Café pédagogique.

24 mars 2022

Convergence : Le collectif Enseignant.e.s Pour la Planète signe notre Appel

Le Collectif enseignant.e.s pour la planète signe notre appel : promesse d’échanges pour une convergence de nos idées.

Voici ce que ce Collectif déclare sur son site : « Il y a trois ans, nous faisions paraître notre premier appel, signé par plus de 7 000 collègues. Nous, enseignant·e.s, pour la plupart fonctionnaires d’un service public voué au bien de tous et toutes, formé·es à l’esprit critique et résolument à l’écoute de la science et de ses avancées, nous avions déclaré que nous refusions dorénavant de dispenser un enseignement éloigné des conclusions auxquelles étaient déjà arrivés des milliers de scientifiques : enseigner la croissance et la productivité sans enseigner les ravages constatés de l’extractivisme, enseigner l’urbanisation sans enseigner la catastrophe de l’artificialisation des sols et la raréfaction des terres agricoles, enseigner comme si des changements individuels de comportements pouvaient suffire à changer la donne.

Sur ce terrain, nous n’étions pas seul·es. Avec les jeunes qui, depuis, ont constitué la « Génération Climat », les syndicats de l’éducation (SNES, SUD…) nous avons lancé l’Appel pour la débitumisation des cours d’école. Avec elles et eux, nous défendons aujourd’hui l’idée qu’il ne peut y avoir d’enseignement ni d’éducation sans prise en compte de l’état écologique de notre planète et sans modification fondamentale de nos façons d’enseigner. De l’architecture de nos écoles, qui sont bien souvent de véritables passoires énergétiques aux cours bétonnées, jusqu’à la formation des enseignant.es, encore souvent insuffisamment informés sur le sujet du réchauffement climatique ou de l’extinction de la biodiversité, tout doit être revu […]

« L’Éducation nationale subit le même greenwashing que tant d’autres institutions, mais continue en réalité à être pensée et dirigée comme un univers hors-sol, dans lequel la question des périls écologiques semble lointaine, au mieux incomprise, au pire méprisée […] Lire la suite ici pour signer le troisième Appel.

Mars 2022

Le CICUR interpelle les candidats sur les finalités de l’éducation

Le CICUR ou Collectif d’interpellation du Curriculum est un lieu de réflexion universitaire. Dans son appel aux candidats, le collectif demande de s’interroger sur :

  • 1UNE ÉCOLE AUX SAVOIRS SOCIALEMENT SÉLECTIFS
  • 2. NOTRE ÉCOLE FACE À DE NOUVEAUX DÉFIS : Notre École est aujourd’hui au pied du mur. Confrontée aux défis culturels, climatiques, éthiques, scientifiques du 21siècle, elle est sommée quotidiennement de répondre à tous les grands problèmes de nos sociétés en pleine mutation sans que personne ne s’interroge sur ce qui doit et peut vraiment relever du scolaire.
  • 3. SORTIR DES IMPASSES ET DES PIÈGES DES FAUX DÉBATS
  • 4. ENTRER DANS L’ÉCOLE DE L’ÉDUCATION ET DE LA CULTURE
  • 5. FONDER UNE POLITIQUE DES SAVOIRS

Voir le blog ici

8 mars 2022

8 mars : Journée internationale des droits des femmes

« Egalité femmes – hommes : Un problème aussi à l’Education nationale. L’Ecole devrait être à l’abri des inégalités de genre. A la fois parce que ses valeurs y poussent. Et aussi parce que les femmes y sont très majoritaires. Pourtant il n’en est rien. La place des femmes est liée à leur position hiérarchique. Et leur rémunération reste inférieure à celle des hommes. L’égalité entre les femmes et les hommes reste à construire à l’éducation nationale » Lire sur le Café pédagogique.

La question du genre dans l’égalité entre les élèves est toujours d’actualité aussi : « Où en est-on de l’égalité filles – garçons dans l’école française ? Jacques Gleyse (LIrdef université de Montpellier) publie un ouvrage qui fait le point sur cette question (Le genre de l’école (L’Harmattan). Pour lui, la mixité mise en place dans le système éducatif ne correspond pas à l’égalité des chances ni à l’égalité de traitement des élèves filles et garçons. Les stéréotypes de genre restent très actifs à l’école. Ils se posent jusque dans les contenus disciplinaires. » Lire ici sur le Café pédagogique.

6 mars 2022

Après le « collège unique »… De quel collège rêvons-nous ?

Avant le « Collège unique » : les deux ordres d’enseignements qui séparent les enfants

Lire dans notre BLOG l’article de Jean Foucambert : jusqu’à la création du « collège unique » en 1975, depuis le XIXème siècle : « Séparation assumée entre une masse de travailleurs devant entrer très vite dans la production et une minorité de ‘privilégiés’ mis en situation d’acquérir les langages nécessaires au développement de nouveaux savoirs, savoir faire, savoir penser et savoir sentir dont la société confie, pour le meilleur avenir de tous, le soin à sa classe dominante. » […] « Le rapport à l’écrit est une bonne illustration de ce partage des rôles.  » […]

Dans l’école « pour le peuple », un corps d’inspecteurs, primaires, impose le retour aux méthodes d’alphabétisation des frères des écoles chrétiennes avec pour ambition que les élèves – dont un grand nombre communique dans un parler local – aient enrichi à 11 ans (fin de la scolarité obligatoire jusqu’en 1936) un capital lexical et syntaxique de base à l’intérieur des besoins de leur environnement. Personne ne songe à assimiler cette compétence alphabétique minimale avec la lecture pratiquée au lycée pour un autre public […]

« Et au lycée, l’apprentissage de la lecturisation… l’apprentissage des langages. Dès les années 1890, les inspecteurs – généraux, cette fois – affichent leur crainte qu’on fasse travailler, dans les petites classes des lycées, les apprentis lecteurs sur des textes trop simples car apprendre à « lire », c’est découvrir comment un système écrit fonctionne pour formuler et faire partager du sens, de la pensée, de l’émotion ».

Focus sur ce que devait être le fameux « collège unique » qui devait rapprocher tous les enfants, par Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l’éducation nationale, conseiller spécial de Vincent Peillon, ministre de l’Éducation nationale en 2012. Nommé DGESCO (Directeur général de l’enseignement scolaire) en novembre 2012, il a démissionné de ses fonctions fin avril 2014. « En 2006, JP Delahaye avait posé les termes de la question dans un entretien donné au Café pédagogique : « On ne construit pas une société de citoyens libres, égaux et fraternels en séparant les enfants et adolescents dès le milieu de la scolarité obligatoire dans des filières précocement distinctes, étanches et socialement marquées. Si on refuse l’hétérogénéité au collège, on ne peut pas ensuite se plaindre de la montée du communautarisme et du creusement de la fracture sociale », nous disait-il en des termes qui font écho aujourd’hui ». « Mais c’était pour ajouter : « Ce qui fait problème au collège, c’est qu’on a trop souvent confondu « unique » et « uniforme ». Sur la page du Café pédagogique.

François Dubet, sociologue, professeur émérite à l’université de Bordeaux : « En 1975, René Haby [ndlr : ministre de l’éducation du gouvernement Chirac], faisait voter le principe du collège unique. En principe, à partir de cette date, tous les élèves devaient partager une scolarité commune jusqu’à l’âge de 16 ans avant d’être « orientés ». Ce collège reposait sur une injonction paradoxale : unique, il devait prolonger la volonté d’unité de l’école élémentaire commune, mais ce collège était aussi conçu comme le premier cycle du lycée « bourgeois » jusque-là réservé aux meilleurs élèves. Dans les faits, ce collège n’a jamais été unique. Il maintenait des sections « technos » réservées aux moins bons des élèves, il construisait des classes en fonction de leurs compétences. Par le jeu des langues et des options rares, il permettait d’établir un collège à plusieurs niveaux et à plusieurs vitesses » […]

Ensuite, les tentatives du « socle commun » depuis 2005 avec la loi Fillon dans les écoles et en 2009 dans les collèges ont échoué : « A côté des programmes finalisés pour l’accès au lycée d’enseignement général, il fallait garantir l’accès de tous les élèves à un socle de connaissances et de compétences jugées indispensables à la formation de chaque citoyen. De même, les établissements ont été invités à renoncer aux classes de niveau. Mais toutes ces politiques visant à réduire le paradoxe du collège unique n’ont pas freiné les mécanismes de différenciation tenant aux options, aux hiérarchies des langues » […] « 

Aujourd’hui à droite et à l’extrême droite, c’est le retour des classes de niveau : « C’est donc la fin du collège et il n’est pas besoin d’être grand clerc pour dire qui seront les élèves bénéficiant du lycée, quels seront ceux qui se prépareront à l’apprentissage et aux formations professionnelles, et quels seront ceux dont on ne saura pas quoi faire. Bien sûr, on proposera toujours de « sauver » les quelques élèves méritants d’origine modeste, pas très nombreux et dont les succès témoignent de l’indignité des autres. Depuis 1975, aucun programme politique n’était allé aussi loin dans les choix inégalitaires. ». A gauche : « augmenter les moyens afin de soutenir le travail des enseignants », « on suggère aussi de maintenir et de renforcer les filières d’excellence afin d’éviter les contournements de la carte scolaire et de « sauver » ceux qui méritent de l’être ». François Dubet. L’éternel retour du collège unique.

Rappelons que dans

Des candidats avec Zemmour en tête, veulent en finir avec le « collège unique » et ses présupposés, recréer la ségrégation entre les élèves :

« JM Blanquer évoque […] une réforme du collège pour le prochain quinquennat. Il n’est pas le seul. V. Pécresse veut elle aussi réformer le collège : « des filières dès la 6ème : « La candidate LR veut créer une filière spéciale dès la 6ème pour les élèves de niveau faible qu’elle assimile aux perturbateurs. » Lire sur le site du café pédagogique.

François Dubet conclut : « Dans tous les cas, les voix qui invitent à changer la nature même du collège, de ses programmes fixés pour le lycée général, de ses pédagogies, de son articulation avec l’école élémentaire et de sa vocation éducative, semblent inaudibles […] Pourtant : « Les pays du Nord de l’Europe y parviennent mieux que nous, la plupart des pays de l’OCDE sont moins inégalitaires en termes scolaires que le nôtre et bien des expériences locales montrent qu’il est possible d’agir « . [Ndlr : Des expériences en France dans les années 70-2000 comme à la Villeneuve de Grenoble ou à Clisthène à Bordeaux fondé en 2002]. Lire l’article ici.

Alors… qu’advienne enfin… 

… un collège à ré-inventer dans des collectifs (enseignants, élèves, parents, partenaires, etc.) où l’émancipation de tous serait le facteur déterminant de l’éducation. 

Vous qui nous lisez, envoyez-nous vos projets, vos idées pour un collège lieu d’émancipation. Ecrire en commentaire (voir en bas de cette page). Il est toujours temps de signer notre APPEL.

3 mars 2022

« Il faut tout un village pour éduquer un enfant » : proverbe africain.

« Education populaire : de l’oxygène pour la démocratie ». C’est le titre d’une tribune de Philippe Meirieu dans le journal Libération du 3 mars : « On ne comprend rien à l’éducation populaire si l’on ignore que ses militantes et militants restent aujourd’hui, plus que jamais, des insurgés refusant le fatalisme du destin, la restriction de la culture à une élite, la résignation à l’injustice et aux inégalités… » Lire ici.

Philippe Meirieu : « On a trop souvent tendance à confondre école et éducation. L’école est essentielle, c’est le lieu où on apprend des choses fondamentales, mais l’éducation ne se résume pas à l’école. Un proverbe africain dit qu’il faut tout un village pour élever un enfant. Il faut donc en plus des enseignants des parents, des collectifs de quartier, des structures de jeu, des médias… L’école ne peut pas tout faire. « 

Philippe Meirieu précise bien : « L’éducation ne se résume pas à l’école ». « Il sera l’un des grands témoins des 1res Rencontres nationales de l’éducation populaire (RNEP), qui se dérouleront du 17 au 19 mars à Poitiers. Le chercheur en pédagogie et président national des Céméa explique pourquoi la société a besoin de ce mouvement synonyme d’« entraide » et de « solidarité ». » Lire ici et sur le site de l’Education populaire, les Rencontres nationales des 17 et 19 mars.

Lire cet article d’une maman, sur notre BLOG, article qui remporte un certain succès d’ailleurs si l’on en croit les statistiques : « Il faut tout un village… »

19 février 2022

Les cours d’école comme lieux d’observation scientifique pour les élèves

Alexia Blondel, 34 ans, a passé douze années comme professeur des écoles et « elle a pu observer un certain manque d’acculturation à la chose scientifique dans le milieu scolaire… « autant chez les enseignants venus de cursus non scientifiques que par voie de conséquence, chez les élèves. Elle vient de recevoir « un prix de l’Académie des sciences qui récompense son travail sur le thème des cours d’école comme lieux d’observation scientifique pour les élèves. » « De septembre 2020 à septembre 2021, elle a été coordinatrice [d’un] centre pilote  de la Fondation La main à la pâte.  » […] « Dans ce cadre, elle a décroché un certificat d’aptitude aux fonctions d’instituteur ou de professeur des écoles maître formateur (Cafipemf). Et pour ce faire, elle a planché sur le thème de la revégétalisation des cours d’écoles pour en faire des lieux d’observation scientifique pour les élèves. » Lire ici.

14 février 2022

Nomination du nouveau président du CSP : le retour du religieux ?!

Communiqué de presse  : « La FSU exprime sa vive inquiétude quant à la nomination de Mark Sherringham à la présidence du Conseil supérieur des programmes. Cette inquiétude se fonde tout d’abord sur les propos des plus ambigus que Mark Sherringham n’a cessé de tenir, qu’ils nient la rupture républicaine et laïque qui a fondé notre école publique pour lui préférer son héritage chrétien ou qu’ils veuillent redéfinir la laïcité à l’aune de conceptions religieuses de l’éducation« […]

Le syndicat Se Unsa : « Si le SE-Unsa ne conteste aucunement le droit de M. Sherringham d’affirmer sa foi, notamment dans de nombreuses revues catholiques, la question de l’impartialité du nouveau président du CSP est posée » […] « Rappelons que M. Sherringham a été une des chevilles ouvrières de la réécriture des programmes de primaire en mai 2008, réécriture très idéologique, imposée contre l’avis unanime des représentants des enseignants au Conseil supérieur de l’éducation ». Sur le site du Café Pédagogique.

5 février 2022

Introduction au Salon de la Pédagogie Freinet 2022

Par Catherine Chabrun, militante de la pédagogie Freinet et des droits de l’enfant, écologiste. Elle est signataire de l’Appel (voir ici la liste des signataires). Extraits :

« On ne peut œuvrer à une autre école sans se soucier de la marche du monde, sans s’attacher, dans et hors de la classe, à le transformer. On ne peut lutter contre la montée de l’extrême droite, les crises économiques et écologiques générées par le libéralisme avec le développement du chômage et de la pauvreté, l’expansion des conflits armés… en perpétuant une pédagogie conservatrice, autoritaire, compétitive et inégalitaire.

Le mouvement Freinet depuis ses débuts a toujours articulé l’engagement social et éducatif. »

« L’école est de plus en plus inégalitaire. […] Ses résultats sont corrélés aux origines sociales des enfants et de jeunes. « 

Lire et télécharger sur le site de Questions de classe(s).

3 février 2022

Apprendre l’Histoire pour mieux la connaître et se défendre contre les théories du complot, pouvoir les critiquer

Une vidéo circule en ce moment sur Facebook et on en parle dans les médias : un collectif d’historiens débunke les manipulations de l’Histoire que fait Eric Zemmour, en prenant les uns après les autres, tous les thèmes d’extrême-droite qu’il développe sans cesse dans ses livres, ses interventions dans les medias, etc. Les propos de Zemmour relèvent bien de la théorie du complot, d’une construction de la réalité avec de faux arguments qui n’ont rien à voir avec la réalité, ici celle des faits historiques. Beaucoup se laissent prendre aux théories du complot car il faut une certaine dose d’esprit critique pour démasquer les fausses vérités. L’esprit critique doit faire partie à l’heure actuelle des apprentissages à l’école mais est-il vraiment au centre ? A voir… quand par exemple dans le secondaire, les professeur.e.s documentalistes, pourtant spécialement formé.e.s dans ce domaine, sont dans les faits, systématiquement exclu.e.s par le ministère (une des aberrations du système). La formation suit-elle pour tous les autres enseignants ? Quand on sait qu’elle a été réduite comme peau de chagrin et que l’on fait appel à de nombreux vacataires, non formés bien sûr… Fermons la parenthèse. Et puis pour beaucoup d’adultes qui n’ont pas exercé assez leur esprit critique à l’école ni dans leur vie de tous les jours, il est si simple de ne pas douter et de se fier sans réfléchir aux théories du complot plutôt que d’écouter et comprendre les arguments des historiens et des scientifiques. Voir la vidéo sur youtube ici.

Rappel de décembre 2021

Protection des enfants contre l’inceste : il faut légiférer

« Si la loi n’évolue pas, on restera spectateurs de ces violences et complices de l’impunité des pédocriminels. » « Le juge Edouard Durand rappelle que 70% des plaintes sont classées sans suite et estime qu’il n’y a que 1 000 condamnations par an pour 160 000 victimes. » Il est le président de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise). Il « estime qu’il faut faire évoluer la loi pour pouvoir « protéger aujourd’hui les enfants qui, chaque jour, sont violés par des adultes en qui ils avaient confiance« . «  »Seule une législation plus impérative permettra une vraie protection des enfants. » Sur le site de franceinfo

A savoir : « En un an, 3 600 appels ont été passés sur le numéro national pour les personnes ayant une attirance sexuelle pour les enfants, a appris franceinfo. Ce numéro, le 0806 23 10 63, lancé en France l’an dernier, est destiné à orienter ces personnes vers des soins et à prévenir d’éventuels passages à l’acte. »

19 janvier

Didier Clech : Libérer la parole des profs pour sortir de la soumission 

« « L’école, pour une parole libre », Didier Clech, enseignant en école primaire pendant quarante ans et maître-formateur, analyse le système scolaire français. Le constat est sans appel, « l’école va mal ». Son analyse, basée sur son expérience personnelle, met en lumière les dysfonctionnements de l’éducation nationale. Les enseignants sont soumis selon l’auteur, et cela est dû à leur nature même d’anciens bons élèves et à l’organisation du système qui les maintient dans cette soumission.

D’une part, l’éducation nationale fonctionne de façon verticale, du haut vers le bas, du ministère aux enseignants en passant par l’inspecteur de l’éducation nationale (IEN). D’autre part, la trajectoire scolaire des enseignants en fait des personnes « scolaires », « de bons élèves » généralement. Lorsque j’étais formateur en INSPE, j’étais effaré du fait que les étudiants, enseignants en devenir, ne m’interpellaient jamais, et avaient très peu d’esprit critique. Ils étaient déjà « formatés ». »[…]

« C’est un système très vertical et surtout très lié au contexte politique. Trouvez-vous normal que chaque changement de ministre entraîne un changement de programme ? Que l’on demande aux enseignants de faire le contraire que ce qu’on leur demandait précédemment ? Chacun cherche à laisser son empreinte, il y a là une question d’égo. Un exemple récent. Un ministre qui décide d’une méthode de lecture ? Mais à quel titre ? C’est du dogmatisme, cela signifie qu’il n’existerait qu’une méthode pour apprendre à lire, c’est une aberration. Et c’est comme cela à tous les niveaux de la hiérarchie. Le ministre sait mieux que les enseignants, les IEN savent mieux que les enseignants. Cela touche à la dignité des profs, à quel moment tient-on compte de leur expertise ? » Didier Clech interviewé dans le Café pédagogique.

Voir notre appel en haut de cette page d’accueil : « l’éducation est un bien commun qui en tant que tel, ne doit pas dépendre d’un quelconque pouvoir politique ou économique mais faire l’objet d’une construction collective évolutive élaborée démocratiquement. »

Janvier 2022

Des jeunes élaborent 13 propositions pour les candidats à l’élection présidentielle de 2022

Des jeunes se rencontrent, débattent sur le Climat, la politique, l’éducation. Le Parlement des jeunes qui a réuni plus de 1000 étudiants et jeunes professionnels au théâtre du Châtelet, à l’initiative du réseau Entrepreneurs d’avenir le 16 décembre à Paris, a voté 13 propositions. »[…] « Courant février 2022, ces 13 propositions seront soumises aux états-majors des candidats à l’élection présidentielle pour tenter de faire intégrer certaines mesures dans leur programme. »[…]“Nous avons élaboré des propositions avec des associations qui travaillent directement avec les jeunes. Comme l’Unef (Union nationale des étudiants de France, ndlr) ou encore le collectif Pour un réveil écologique. » déclare le Président du réseau. Voir le détail des propositions ici.

Janvier 2022

Des paroles fortes et un clip poignant sur le suicide et les tentatives de suicide : «L’Enfer» de Stromae. Les jeunes, les premiers concernés

Le chanteur Stromae revient après sept ans d’absence avec « l’Enfer » et des paroles autobiographiques sur le suicide. Pour de nombreux psychiatres, l’interprétation de Stromae est « courageuse« , mais surtout « utile et nécessaire » pour les jeunes qui s’identifient à l’artiste. La dépression, les maladies mentales, le suicide et particulièrement les tentatives de suicide sont de plus en plus nombreux :

« Le suicide abouti n’est pas un phénomène épidémique, mais les idées suicidaires et les tentatives de suicide, oui… notamment chez les jeunes filles », explique le psychiatre Xavier Pommereau à la clinique Béthanie à Talence (Gironde). » […]

« De même, les passages aux urgences et les séjours à l’hôpital pour les enfants qui ont pensé ou tenté de se suicider ont doublé au cours des dix dernières années, passant de 0,67 % en 2008 à 1,79 % en 2015. » Article du Monde : Les tentatives de suicide chez les jeunes augmentent

En cause : la pandémie, l’éco-anxiété, le harcèlement au collège et au lycée…

En France, depuis le 1er octobre, un numéro d’urgence a été lancé :  le 3114. Ce nouveau numéro gratuit garantit une écoute “professionnelle et confidentielle” 24h/24 et 7 jours/7, par des infirmiers et psychologues formés comme répondants. Il vise les personnes souffrant d’idées suicidaires mais aussi leurs proches et les personnes endeuillées par un suicide.

Capture d’écran : N.L.

Voir le clip de Stromae et l’écouter sur youtube.

Janvier 2022

LE PROGRAMME POUR L’ECOLE DE ZEMMOUR : effrayant en soi mais aussi par sa bêtise

Le programme de Zemmour, un tas d’âneries pour Claude Lelièvre, historien de l’éducation : “Son programme repose sur deux aspects : une envie de restauration et une forme de tri, ou de séparation, entre les uns et les autres ». Par exemple, il veut supprimer le collège unique qui avait à sa création en 1975 vocation de démocratiser le système éducatif en l’ouvrant dès la sixième à tous les enfants d’une classe d’âge jusqu’à la troisième. Zemmour veut revenir sur cette conquête et mettre en place des classes de niveau qui regrouperaient les élèves en séparant les bons dans les bonnes classes et les élèves faibles dans des classes destinées à l’apprentissage, aux métiers manuels. Tous seraient bien sûr évalués avant d’être dirigés dans chacune de ces deux voies. Il s’agit là d’un retour aux années soixante, cinquante et précédentes.

Le programme de Zemmour sur l’école, un « tas d’âneries » pour Claude Lelièvre, historien de l’éducation. Sur le Huffingtonpost.

Que Zemmour lise (relise on n’ose dire…) les romans de Marcel Pagnol sur l’école de jadis, l’école communale puis le lycée classique. Marcel y avait rejoint, après obtention du certificat d’études, les enfants de la bourgeoisie et des classes supérieures qui y étaient entrés dès le « petit lycée », pendant du cours préparatoire de l’école communale. Petit lycée où par exemple, l’on recevait un enseignement de la lecture différent de celui de l’école communale et qui ouvrait sur une grande culture.

Zemmour dit des « âneries » mais est surtout effrayant :  » Zemmour considère qu’il faut appliquer « une politique authentiquement réactionnaire », en commençant par l’école. » Sur le site du Nouvelobs.

Des propos, une pensée effrayants : Zemmour a déclaré que les élèves handicapés ne doivent pas être accueillis à l’école car ils gênent la vie de la classe. «  »[…] oui, je pense que l’obsession de l’inclusion est une mauvaise manière faite aux autres enfants et à ces enfants-là, qui sont, les pauvres, complètement dépassés par les autres enfants. Donc je pense qu’il faut des enseignants spécialisés qui s’en occupent », a-t-il estimé. » Lire sur le site de France inter. C’est plutôt le manque d’aides AVSH, Accompagnant.e.s des élèves en situation de handicap, de surplus mal rémunéré.e.s qui doit être mis en avant et corrigé le plus vite possible. De nombreuses manifestations soutiennent les AVSH actuellement.

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ILS L’ONT FAIT

RÉSISTONS ENSEMBLE, POUR QUE RENAISSENT DES JOURS HEUREUX

Le 13 Mai 2020 a été créé le Conseil National de la Nouvelle Résistance CNNR Voir la vidéo.

En ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, nous publions RÉSISTONS ENSEMBLE, POUR QUE RENAISSENT DES JOURS HEUREUX – un ouvrage préfacé par Denis Robert qui nous propose les contributions d’une quarantaine de personnalités. Un texte pour apprendre d’hier pour agir demain. Disponible gratuitement ici. Téléchargeable.

Préface de Denis Robert : « Tout est parti d’un vieux militant Raymond Millot, 93 ans, qui rêvait de refaire le coup « des jours heureux ». Il nous a écrit et envoyé un texte […] Il parle d’un projet visant à repenser le modèle éducatif. […]
Denis Robert est écrivain, journaliste et réalisateur de documentaires. Spécialiste de la lutte contre la criminalité financière, il est notamment connu pour son enquête sur la société Clearstream. Il est depuis 2019, le directeur de la rédaction du Média. Artiste prolifique, il est aussi plasticien et l’auteur d’une dizaine de romans et autant d’essais. »

Raymond Millot se définit lui-même comme libertaire, féministe, internationaliste, autodidacte. Il a été charpentier, électricien, agent technique, instituteur (école expérimentale), conseiller pédagogique, coordinateur de la recherche-action (école ouverte/société éducatrice) à La Villeneuve de Grenoble. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Une voie communautaire ; Émancipation, avenir d’une utopie, et co-auteur de : Émancipation, avenir d’une utopie, et co-auteur de : À la recherche de l’école de demain ; Écoles en rupture ; Vivre à l’école en citoyen. 

Cliquer ici pour accéder au site du CNNR (Conseil National de la Nouvelle Résistance).

« Déclaration » du Conseil National pour la Nouvelle Résistance, CNNR, point 5 : « Les biens communs sont l’air, l’eau, la biodiversité, la santé, l’éducation».

27 mars 2020

18 organisations syndicales, associatives et environnementales signent une tribune  « Plus jamais ça ! Préparons le « jour d’après » Lire ici.

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Des photos et images d’expériences alternatives, de projets émancipateurs

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L’école Vitruve à Paris

« Située dans le 19ème arrondissement, cette école publique est une « expérimentation, qui veille à se remettre en question et à se renouveler, et qui demeure hors norme, atypique et originale ». Une originalité qui porte sur l’organisation pédagogique de l’école et sur la coopération avec les partenaires du système éducatif dans le but de mieux lutter contre l’échec scolaire. Son évaluation, menée entre mars 2018 et juin 2019, doit permettre le renouvellement du statut particulier de cette école ô combien atypique… » Sur le site du Café Pédagogique (cliquer sur la photo).

Ecole Vitruve à Paris

L’école Vitruve participe depuis plusieurs années à la FESPI (fédération des établissements scolaires publics innovants).

Yves Reuter : « […] au travers des études qui existent, les résultats quant aux apprentissages purement scolaires sont au moins identiques aux autres écoles. Là où les résultats sont nettement meilleurs, c’est au niveau des compétences psycho-sociales et de citoyenneté. »

« Il ne s’agit pas d’uniformiser, mais de faire bouger l’éducation nationale et d’encourager différentes initiatives prises sur le terrain. Et puis surtout, il faut former les enseignants. Bien souvent en France, on reforme mais on ne forme pas. Quand on veut généraliser trop vite, quand les enseignants ne sont pas convaincus, cela ne marche pas.  Il faut faire connaître ce type de pratiques pour que les gens s’en inspirent, il faut socialiser. Chacun en fera ce qu’il souhaite. »

Rapport d’Yves Reuter.

Lire ici « En sortant de l’école » de Jean Foucambert sur l’école Vitruve.

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Septembre 2020 : Une septième école publique à pédagogie du chef-d’oeuvre en Belgique

Une école publique au-delà de Montessori, Decroly, Freinet …

Un livre pour en savoir plus : « Du chef-d’oeuvre pédagogique à la pédagogie du chef-d’oeuvre » Ed. Chronique Sociale, éditions du GBEN collectif 

2 réflexions au sujet de « Accueil »

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