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Notre futur ?

Nos enfants et petits-enfants vont le vivre !

L’APPEL

EDUCATION, « UN BIEN COMMUN »

POUR FAIRE FACE AU JOUR D’APRES

L’objectif de cet appel constitue la raison d’être de ce site.
1° partie : POUR UNE LARGE DIFFUSION

Le Jour d’après, c’est celui que prévoyait le Manifeste de 2017, signé par 15364 scientifiques de 184 pays et qui se terminait ainsi : « Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulée il y a vingt-cinq ans par les plus grands scientifiques du monde, nous n’avons, dans la plupart des domaines, pas entendu leur mise en garde. Il sera bientôt trop tard. ».

Il aura fallu 3 ans pour qu’une majorité de Français, selon les enquêtes, prennent conscience du danger. Ils peuvent donc facilement concevoir que demain, leurs enfants vont devoir vivre dans un monde où la solidarité, la coopération, la mobilisation de toutes les formes d’intelligence, seront indispensables pour faire face, pour résister, pour trouver des solutions. Notre système « éducatif » ne correspond en aucune façon à cet avenir. Son but principal est de sélectionner les « élèves » pour répondre aux besoins du système capitaliste, avec pour horizon la consommation et pour résultat, l’accroissement des inégalités.

Il est donc urgent d’esquisser les contours d’un système éducatif alternatif et d’entreprendre des recherches-action le préfigurant. Divers faits d’actualité sont de nature à encourager un tel projet. 

Parmi les objectifs que le débat permettra de compléter :

  • développer les capacités de résilience « en donnant la part belle à la coopération et la créativité, et au développement des sciences citoyennes et participatives (cf. les 35 propositions)
  • permettre au potentiel d’intelligence et de créativité de chaque individu de s’exprimer au service de son propre équilibre et du développement qualitatif de la société, notamment par la création dans le domaine artistique
  • favoriser les démarches émancipatrices et solidaires dans l’esprit des premiers temps du mouvement ouvrier
  • affirmer que l’éducation est un bien commun qui en tant que tel, ne doit pas dépendre d’un quelconque pouvoir politique ou économique mais faire l’objet d’une construction collective évolutive élaborée démocratiquement.
2° partie : LES FAITS

Cliquer pour lire la liste des faits.

Cliquer pour connaître tous les signataires et pour signer

Et maintenant le Chantier…

Quand Gébé, le dessinateur, dans les années 70 a arrêté tout et lancé l’AN 01…

« ON ARRETE TOUT, ON REFLECHIT, ET C’EST PAS TRISTE. »

C’était déjà urgent en 1970 ! En 2017, les 15364 scientifiques nous ont aussi invités à arrêter tout, à réfléchir,  mais  dans une perspective moins joyeuse car selon eux  « il sera bientôt trop tard ». 

Greta Thunberg entend le message et lance en novembre 2018  la grève scolaire pour le climat, puis tout s’accélère en 2020 : le 27 mars 2020, 18 organisations signent une tribune  « Plus jamais ça ! Préparons le « jour d’après » ; le  30 mars 2020 quelques militant-e-s (plusieurs d’entre nous) évoquent   « La très bonne nouvelle» et appellent à la constitution d’un « Conseil National de la Résistance 2020 ». Appel relayé par le journaliste Denis Robert. Le  Conseil National pour la Nouvelle Résistance, CNNR, naît le 13 mai. Dans sa « déclaration », l’éducation fait partie des cinq « biens communs ». En mai 2020  sept chercheurs dont Pablo Servigne (du CNNR) publient « Retour sur terre, 35 propositions ». Celle concernant l’éducation met  l’accent sur la coopération et la créativité. Le 21 septembre notre site publie l’appel « Education, bien commun, pour faire face au jour d’après ».

La sagesse de Gébé a donc porté fruit au cours du premier confinement, mais le monde de l’éducation, harcelé par son ministre, n’en a guère fait usage. La rentrée masquée de novembre 2020 va un peu plus entraver la réflexion nécessaire. Il importe donc que nous redoublions d’efforts pour que les forces vives du corps social intègrent ce problème essentiel : préparer nos enfants pour faire face au jour d’après, celui que notre irresponsabilité collective va leur léguer

L’idée de Bien Commun n’est pas une utopie

Une « expérience » d’ampleur significative a partiellement concrétisé cette idée..

De 1965 à 1983, la majorité politique grenobloise  était très influencée par le PSU  et le christianisme social. L’agence d’urbanisme avait, sous son impulsion, engagé la construction d’un quartier neuf  audacieux qui a ouvert ses portes en 1972. Les idées d’autogestion, de décloisonnement  étaient dans l’air du temps. Le souffle de 68 avait ébranlé les bureaucraties. Diverses personnalités avaient soutenu l’idée « d’ouverture » matérielle et pédagogique des cinq groupes scolaires et du collège (CES) du quartier et le projet d’en faire un objet de recherche. Des coordinateurs avaient été choisi-e-s  par l’INRP (institut national de la recherche pédagogique) et avaient préparé l’accueil des habitants. 

On dirait aujourd’hui que des conditions étaient réunies pour envisager un changement de paradigme incluant le domaine éducatif. Premier parallèle avec notre hypothèse BienCommun. […] Lire la suite ici.

OUVERTURE DU CHANTIER

« EDUCATION, AN 01 »

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Articles récents

Reportage

Publié dans Société éducatrice Dans son souci d’Éducation Populaire, Garembourg- sur- Baïse, Ville « en transition », s’efforce de faire évoluer les attentes des citoyens concernant la fonction de l’école. Elle a réussi à intéresser à son projet un groupe d’enseignants appartenant à divers mouvements pédagogiques. Plusieurs d’entre eux se sont portés volontaires pour investir une école… Lire la suite Reportage

Education… bien commun ?

Publié dans Système éducatif Dans l’article ci-contre, « L’école, en sortir pour s’en sortir », Pierre Frackowiak remonte utilement dans le passé. Mars 68. 600 participants au colloque d’Amiens. Le professeur au Collège de France, André Lichnerowicz qui préside la séance inaugurale constate que le système fonctionne dans «un délire notateur», et forme des «gens malheureux, désadaptés […], ne sachant… Lire la suite Education… bien commun ?

L’école, en sortir pour s’en sortir !

Publié dans Système éducatif Préambule Instituteur, maître spécialisé (classe de perfectionnement), maître formateur (Ecole Normale d’Arras), chercheur (INRP), puis inspecteur durant 30 ans, j’ai cette chance d’avoir conservé de nombreuses relations dans le monde des professeurs des écoles. Je sais que les enseignants du premier degré, et sans doute au-delà, ne supportent plus les discours,… Lire la suite L’école, en sortir pour s’en sortir !

L’ensemble des articles est à lire dans le BLOG (voir menu).

Des exemples d’écoles de la lecturisation qui ont bien fonctionné en leur temps

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Pour lire le texte, cliquer sur l’image.

L’école des Charmes dans les années 80, une des « recherche-action » de l’INRP : une autre école pas une super école mais une école où les enfants ont dans leur vie quotidenne d’écolier, besoin et envie de comprendre l’écrit. L’école de la lecturisation. « Mais insistons d’abord sur une condition déterminante : l’existence d’une équipe stable et cohérente ; il est urgent que l’administration et les syndicats prennent les dispositions qui favorisent la constitution des équipes d’établissement, leur fonctionnement, la formation collective de leurs membres, l’évaluation à moyen et long terme de leur action éducative… Notre équipe, au fil des ans, s’est attachée à réunir les conditions d’une vie démocratique dans une école résolument ouverte sur le quartier, la ville et le monde, conformément au projet initial du quartier de l’Arlequin à la Villeneuve de Grenoble. C’est dans ce cadre que les enfants vivent à l’école en citoyens. L’esprit citoyen s’y construit, comme se construit le savoir, en agissant sur le réel pour le transformer et le comprendre. Avec l’aide vigilante et exigeante des enseignants. Le statut de l’enfant, et en conséquence celui des adultes « coéducateurs » (y compris les parents) s’en trouve fondamentalement transformé. Tout comme la fonction de l’école qui doit cesser de sécréter l’exclusion et de reproduire l’ordre social. » Raymond Millot

La brochure « école ouverte /recherche-action/ société éducatrice » est consultable ci-dessus. « Elle date de 2013 alors que Vincent Peillon était encore ministre et que son livre avait laissé espérer une politique assez audacieuse. Il l’a lue, m’a répondu « vous avez 30 ans d’avance ! » et s’est enlisé dans le système. » Raymond Millot. Ed. AFL (Association Française pour la lecture), 2013.

DES LIVRES

Cliquez sur les titres pour obtenir un résumé du livre.

  • « L’Entraide : l’autre loi de la jungle » de Pablo Servigne et Gauthier Chapelle Editions : Les Liens qui libèrent 2017
  • « Retour sur terre » de Dominique Bourg et collectif. Editions PUF 2020
  • Eduquer en Anthropocène de Nathanaël Wallenhorst et Jean-Philippe Pierron (sous la dir.). Editions Le Bord de l’eau 2019. Il s’ouvre par une lettre des lycéens et étudiants grévistes pour le climat.
  • La pandémie, l’Anthropocène et le bien commun de Benjamin Coriat, économiste spécialiste des Biens Communs. Editions Les liens qui libèrent, 4/11/2020. « Au-delà d’une gouvernance renouvelée du monde naturel, il s’agit de repenser l’action publique elle-même et de faire de nouveau des services publics de véritables biens communs. Se nourrir, se loger, se soigner, se déplacer, s’éduquer : voilà désormais les pôles d’activité autour desquels l’économie et la société doivent se recomposer, pour le service du bien commun. » S’éduquer, un bien commun, objet de notre site.
  • L’humanité en péril. Virons de bord, toute ! de Fred Vargas. Le combat pour nos enfants sur le site de l’éditeur avec une vidéo : « Le cri d’alarme de Fred Vargas. Climat : oui, on peut encore éviter le pire. » Avec une vidéo qui se termine par ce cri : « Sauvons ce monde et bon sang, sauvons les enfants ! »Flammarion, 2019.

ACTUALITÉS

13 janvier

« Le fiasco Blanquer »

« «Le fiasco Blanquer» : le commencement de la fin ? » Médiapart, dans le blog de Claude Lelièvre. « C’est le titre d’un court ouvrage qui vient après celui de Pascal Bouchard intitulé « JM Blanquer : l’Attila des écoles ». Comme lui, ce n’est pas un pamphlet, dans la mesure où il est fondé sur des données clairement référencées, même s’il est très incisif.  » « Saïd Benmouffok, agrégé de philosophie, a été enseignant et « auparavant délégué national à la vie lycéenne au ministère de l’Education nationale. Il ne s’agit nullement pour lui de tenter un bilan exhaustif de l’activité du ministre, mais d ‘« offrir une grille de lecture politique permettant de déchiffrer les ambitions réelles » de Jean-Michel Blanquer pour qui « l’école doit se conformer au nouveau monde hypercompétitif dans lequel nous sommes entrés » : « De quoi profondément dégrader l’école de la République », ajoute-t-il. » Il affirme que « le blanquérisme est un autoritarisme. Il se caractérise par une prise de décision ultracentralisée, l’effacement de la délibération collective, l’affaiblissement des contre-pouvoirs institutionnels et l’élimination des opposants en interne ». Ensuite il note sa « politique du puzzle », qui ouvre des chantiers incohérents. Un retour du sarkozisme en éducation. En conclusion, Saïd Benmouffock propose « l’esquisse d’une action possible pour un futur gouvernement de gauche ». On ne sera pas autrement surpris que « démocratisation’‘ et surtout « démocratie » devraient être alors les maîtres mots : « Après l’hiver du mépris blanquérien, un vent de démocratie devra souffler sur l’école. Il faudra construire un cadre délibératif pour corriger les effets délétères des réformes engagées depuis 2017 ». […] Lire la suite ici.

Janvier

De la philo pour les lycéens du Bac professionnel

Dans le numéro de janvier de « la revue Internationale de didactique de philosophie Diotime », un article porte sur des tentatives d’introduction de la philosophie en bac pro et dans l’accueil de décrocheurs. Pourquoi ? Parce qu’il y a un désir d’accéder à cet enseignement autant chez les élèves que chez certains professeurs. Cela n’est pas une nouveauté : « La consultation nationale, conduite en 1998, intitulée « Quels savoirs enseigner dans les lycées ? », initiée par le Ministère de l’Éducation nationale et pilotée par un comité présidé par Philippe Meirieu, a interrogé toutes les personnes concernées par la question. Le rapport mentionne entre autres un malaise particulier ressenti par les jeunes de LP : répondant à une question qui ne leur était pas posée, ils furent très nombreux à demander pourquoi ils étaient privés d’un enseignement de philosophie. Ils exprimèrent également « leur désir d’être reconnus comme des lycéens à part entière » « . Construire une culture commune… « Ce sont les inégalités scolaires contre lesquelles il nous faut lutter : que tous aient accès aux savoirs émancipateurs qui donnent accès à l’universel, qui ne présupposent pas ou peu d’acquis scolaires, font appel à la raison en chacun, éduquent à la démocratie et au débat. Comment justifier que certains, pourtant lycéens, n’y aient pas accès ? » […] A consulter ici.

1 janvier 2021

Bonne année militante à tous et à toutes !

Image libre de droits par M. Harris chez Pixabay

20 décembre

Disciplines hors socle, disciplines non essentielles ?

La revue « N’autre école » lance un « Appel à contribution n°17 : disciplines hors socle, disciplines non essentielles ? » : « le choix des disciplines enseignées dépend de multiples facteurs, mais reflète dans tous les cas les objectifs idéologiques de la classe dominante pour une population scolaire donnée. Un travail réflexif sur ce sujet est d’autant plus important que les disciplines enseignées servent dans le système actuel non seulement à faire acquérir des connaissances idéologiquement choisies – mais aussi à évaluer et à sélectionner. La question à se poser est donc : quels savoirs socialement utiles et non discriminants doit-on enseigner à l’ensemble de la population scolaire ? » En effet, sont privilégiées à tous les niveaux du sytème et même maintenant en maternelle les « disciplines fondamentales  » (couramment réduites au français et aux mathématiques, sous l’intitulé “lire, écrire, compter”). Lire sur le site de Questions de Classe(s). On peut contribuer à la revue de février pour répondre à cette question en écrivant à admin chez questionsdeclasses.org Délai mi-février.

17 décembre

« «Esprit Montessori es-tu là ?» La girouette Blanquer a encore tourné ! »

C’est le titre d’un article du blog de Claude Lelièvre sur Médiapart au sujet des nouveaux programmes de maternelle. « A peine arrivé au ministère de l’Education nationale, Blanquer avait invoqué « l’esprit Montessori ». Les nouvelles instructions qui viennent de paraître sous sa houlette pour la maternelle sont aux antipodes. La girouette Blanquer vire dans le sens du vent de la régression historique. […] L’esprit Montessori que J.M. Blanquer vantait pourtant à son arrivée en 2017, est bien défini par Freinet en 1925 : « Mme Montessori a voulu placer ses élèves dans un milieu favorable à l’auto-éducation. […] Dans ce milieu, l’influence directe de l’institutrice est réduite au minimum. Chaque enfant s’occupe de l’objet choisi, le temps qu’il veut, et cette volonté correspond à la nécessité de la maturité intime de l’esprit, maturité qui demande un exercice constant, prolongé dans le temps. Aucun guide, aucun maître ne pourrait deviner l’exigence intime de chaque élève et le temps de maturation nécessaire à chacun ; mais c’est l’enfant lui-même qui nous les révèle dans la liberté. » (« Ecole émancipée » n°29, 19 avril 1925, pp 379-380). Une autre grande pédagogue, « Pauline Kergomard, nommée inspectrice générale de l’école maternelle par Jules Ferry en 1881, a mis en évidence que « la grande faille de notre éducation maternelle était qu’on y confondait le développement intellectuel avec l’instruction ». Donc immense régression historique aujourd’hui en 2020 puisque le Conseil supérieur des programmes prône l’instruction, contre l’éducation, veut faire de la maternelle une école préparatoire à l’école élémentaire dès l’âge de 3 ans ! Effectivement quand on lit ces instructions, on découvre que sont mis en avant encore et toujours les « fondamentaux » mais pas l’éducation artistique, pas le besoin de mouvement de l’enfant, pas la possibilité pour lui, selon son développement, de faire des découvertes dans un milieu environnant soigneusement choisi mais jamais imposé par l’enseignant.e. Et la socialisation, et le vivre-ensemble ? Mais toujours des évaluations, des résultats comme à tous les niveaux du système éducatif maintenant… Lire l’article dans son intégralité.

Et dans le Café pédagogique « On est censé apprendre beaucoup et vite, trop vite. De là, les élèves qui arrivent en maternelle avec le moins de savoir et savoir-être scolaires se trouvent vite mis de côté, ne pouvant suivre ce rythme intense (Leroy, 2020). Dès la petite section (2, 3 ans), des élèves sont ainsi qualifiés d’« élèves en difficultés » ou jugés pas assez « autonomes ». Ce sont presque toujours des élèves issus des milieux les plus modestes. Il est donc des liens indéniables entre la recherche de performance précoce et la mise à l’écart des moins bien dotés scolairement par leur milieu d’origine. » Lire sur le site.

Et sur le site du Slate.fr ce titre humoristique autant qu’effrayant « La start-up nation commence désormais en maternelle ».

Le 14 décembre

« Le salut viendra de la défense et de la préservation de nos biens communs« 

L’économiste (« atterré » : il fait partie des économistes qui souhaitent voir l’économie se libérer du néo-libéralisme), Benjamin Coriat, est professeur émérite à l’université Sorbonne-Paris-Nord. Il vient de publier « La pandémie, l’Anthropologie et le bien commun. » Libération du 14 décembre : « Dans son dernier essai, l’économiste prône une bifurcation rapide du fonctionnement de notre société pour éviter la catastrophe écologique et sanitaire qui se dessine. Pour lui, le salut viendra de la défense et de la préservation de nos biens communs, qu’ils soient naturels ou sociaux. » Il affirme que les pandémies et épidémies sont maintenant le lot de nos sociétés, un nouvel état qui sera permanent. « les forces déclenchées par l’industrie humaine l’emportent sur les équilibres «naturels» de l’écosystème Terre. Et c’est ce qui est à l’origine des dérèglements majeurs. Aujourd’hui, le plus important de ces dérèglements est le réchauffement climatique provoqué par le dégagement massif des gaz à effet de serre. » Pour lui et d’autres épidémiologistes et virologues, la pandémie est une « zoonose » transmise des animaux aux hommes à cause de la déforestation massive. « on accède à des zones où l’on ne devrait jamais aller. Et les virus tapis au cœur de la faune sauvage sont soudain mis en contact avec les humains et se transmettent à eux. » Mais il n’est pas pessimiste : « Cela posé, nous ne serions pas démunis pour stopper la folle machine qui est en marche. Car qu’il s’agisse de l’emprise sur la nature ou des relations entre humains, le mouvement des biens communs se présente comme une alternative, une nouvelle façon d’habiter le monde. » Des alternatives : « Ainsi la politique agricole commune (PAC) doit viser d’abord à favoriser les productions biologiques. Les accords commerciaux internationaux doivent inclure des normes sanitaires et environnementales strictes. Le crime d’écocide (et pas un vague délit de non-respect de l’environnement) doit être reconnu comme le demande la Convention citoyenne pour le climat… » Il parle aussi de « communs sociaux » : « C’est en effet une notion nouvelle. Elle est rendue nécessaire par la crise des services publics et ce que cette crise révèle de ce qu’est devenu l’Etat après plusieurs décennies de sa colonisation par les idéologies et les pratiques néolibérales. » La santé, l’hôpital « Il faut réintroduire le pouvoir des citoyens dans la gouvernance de la santé. » Ces « communs sociaux » concernent plusieurs services publics : « Se nourrir, se soigner, se loger, se déplacer, s’éduquer, se cultiver… tout ça doit être au cœur de ces politiques. Aussi de nouvelles articulations entre les services publics (refondés, comme dans le cas de la santé) et le marché doivent être conçues pour assurer l’accès de tous aux biens essentiels. » S’éduquer, c’est un thème peu développé (même ici dans ce livre) chez de nombreux opposants à la politique actuelle. Elle est l’objet de notre site et de notre réflexion. Lire ici l’article réservé aux abonnés.

12 décembre

L’immobilisme du Second degré

Le ministère a décidé de donner une prime informatique dans le second degré aux Psychologues (anciens conseillers d’orientation) et aux enseignants sauf « aux enseignants de la discipline documentation », c’est-à-dire aux professeur.e.s documentalistes. Un décret est même sorti le 5 décembre et J. M. Blanquer l’a défendu avant, devant le Sénat en affirmant que ces professeurs ne sont pas devant des élèves. La colère est grande chez les profs documentalistes qui sont bien sûr devant les élèves dans des activités diverses, pas devant une classe seulement mais au CDI pour de la médiation, et des cours soit seuls soit en partenariat en interdisciplinarité avec leurs collègues dans les classes ou au CDI ou en salle informatique pour faire de l’info-documentation et de l’éducation aux médias, et cela depuis de nombreuses années avant que l’EMI (Education aux Médias et à l’Information) ne soit attribuée depuis peu, à tous les professeurs. Ils sont en colère non pas tant pour le montant de la prime que pour la non-reconnaissance de leur mission pédagogique. Et Jean-Pierre Véran, Inspecteur d’académie et formateur associé à l’Université de Montpellier met à jour ce que ce décret dit de l’enseignement secondaire : « Le mérite du décret qui mobilise les professeurs documentalistes en colère pour une journée sans élèves le 17 décembre, est de manifester, de la manière la plus décomplexée qui soit, l’ostracisme de l’enseignement secondaire français et de son ministère de tutelle à l’égard de ceux qui n’enseignent pas une discipline scolaire. A l’heure où l’on s’interroge sur le curriculum français, où les enjeux éducatifs essentiels sont, sans doute aucun, non pas dans le cloisonnement et la hiérarchisation des savoirs et des compétences mais dans leur mise en lien, on mesure, à cette occasion, le retard des représentations qui prévalent encore chez les signataires dudit décret. » A quand l’interdisciplinarité réelle pour donner du sens aux apprentissages ? Pour l’instant, il est bien difficile pour les profs documentalistes de travailler en partenariat avec leurs collègues « de disciplines ». Il y a bien là une volonté du ministère de ne rien changer au système éducatif. Lire l’intégralité du texte ici.

8 décembre

Grèves scolaires pour le climat

Sur Libération du 8 décembre : « « Deux ans et demi après les premières mobilisations symbolisées par la figure de Greta Thunberg en Suède, le mouvement s’est structuré et s’est étendu à travers le monde […] Une fois passé le choc  des premières grèves  de ces jeunes clamant l’absurdité d’aller à l’école dans un monde qui leur refuse  un futur viable, le mouvement s’est structuré. Il compte des membres  dans presque tous les pays et des représentants  à tous les sommets climatiques […] Entre le 19 novembre et le 1er  décembre, 330 délégués de plus de 140 pays ont aussi organisé et mené une fausse COP « pour montrer ce qui se passerait si les jeunes étaient décideurs » et pour compenser  le report  de celle qui devait se tenir à Glasgow. Leur déclaration finale appelle les Etats à conformer toutes leurs actions à l’objectif de limiter le réchauffement à 1,5°. Dans la forme aussi, ils ont tenté d’éviter les erreurs de leurs aînés en donnant plus de poids aux pays du Sud, premiers affectés par le changement climatique […] « « Témoignages » par  Nelly Didelot.

4 décembre

Macron – Dion selon « Arrêt sur images » : coup d’arrêt !

« Ce n’est rien de dire que ce 4 décembre 2020, dans les locaux de Brut et sous les questions un peu moins polies que celles des intervieweurs habituels, Emmanuel Macron s’est énervé au sujet de la Convention citoyenne sur le climat, dont il est accusé de recaler, mois après mois, les 149 mesures proposées, contrairement à ses promesses initiales. « Faut arrêter ce sketch! » lance-t-il à Thomas Snegaroff. Et c’est parti. Cible numéro un : Cyril Dion. « Et moi je suis vraiment très en colère contre des activistes qui m’ont aidé au début et qui disent maintenant « Faudrait tout prendre» ». « Cyril Dion? » questionne Buisine suivi de Snegaroff. « On sait tous qui c’est! Et c’est pas honnête de sa part » dit Macron qui ne veut pas prononcer son nom. « Je ne veux pas dire que parce que les 150 citoyens ont écrit un truc, c’est la Bible ou le Coran ». Le 20 septembre 2019, nous recevions le réalisateur et militant écologiste Cyril Dion, co-initiateur de cette Convention citoyenne venue des Gilets jaunes. « Et si la démarche se transforme en mascarade, que ferez-vous, lui demandions-nous ? » Cyril Dion n’écartait pas cette éventualité : « Je suis là pour claquer la porte si c’est nécessaire ». Finalement, le désamour a eu lieu après la remise des travaux, et s’est exprimé notamment via de fracassantes déclarations de Dion sur Twitter, lorsqu’il est devenu évident que le président ne tiendrait pas ses promesses.« 

Décembre

Un manuel de lecture d’Etat pour le CP ?

« L’’Education nationale expérimente dans dix départements son propre manuel de lecture. Des chercheurs et éditeurs craignent une atteinte à la liberté pédagogique et s’alarment de l’interventionnisme de Jean-Michel Blanquer » […] « Cette idée de « manuels officiels » qui date d’avant l’institution de l’Ecole républicaine a été reprise dès le début du ministère de Jean-Michel Blanquer où il a été envisagé à nouveau de composer et d’éditer des manuels officiels. Cela n’a pas abouti. Mais le ministre de l’Education nationale a publié des « Guides ». Et certains vont parfois fort loin dans le « guidage ». In fine, il apparaît qu’un tropisme ante-républicain taraude toujours Jean-Michel Blanquer… » L’historien de l’éducation Claude Lelièvre. Lire ici.

Selon le Café pédagogique, ce serait la méthode Lego qui serait préconisée. Encore une méthode ? Des enseignantes qui l’on expérimentée, témoignent que cette méthode laisse de côté la compréhension : sur cette page.

Et Yvanne Chenouf de l’AFL écrit aussi au sujet de la compréhension : « Inquiétudes à l’idée d’un manuel d’apprentissage de la lecture officiel qui réduirait la liberté pédagogique et pourrait conformer les futures productions éditoriales. Franchement, pas trop de quoi s’affoler : la majorité des récents manuels sont assez « conformes », plutôt axés sur la syllabation, avec peu d’occasion de penser grâce à l’écrit, de débattre, de changer son quotidien. Se demande-t-on suffisamment ce que comprennent les enfants de CP de la lecture eux qui déchiffrent à longueur de temps des phrases idiotes et ne sont confrontés qu’à des textes 100% déchiffrables ? Évidemment, pour ceux qui ont une bibliothèque personnelle et des lecteurs disponibles, pas de problème. Pour les autres, nombreux, les premiers mois s’éternisent ! Alors, peut-être que, rapportée à sa popularité, l’initiative du ministre sera-t-elle (pour lui) contre-performante. On lira sur des livres, de la fiction, des documentaires, de la poésie, du théâtre, on lira des journaux, des comptes-rendus, des lettres, des modes d’emplois, des graphiques, des listes, des graphiques, des tableaux… on lira sans comprendre à la première lecture, on lira en ne restituant pas le « son » mais en interprétant les signes, on lira sans tout comprendre parce que c’est comme ça qu’on apprend. Un bon manuel ? Il se juge à la qualité des relectures qu’il nécessite (Foucambert). » Lire aussi « De l’alphabétisation à la lecturisation ».

Décembre

Covid 19 : Appel pour un vaccin bien commun mondial

Le prix Nobel de la paix (2006), originaire du Bengladesch, Muhammad Yunus, s’associe à d’autres lauréats du prix Nobel et à des personnalités engagées, pour lancer un appel urgent à faire des vaccins contre le Covid-19 un bien commun mondial, afin que les monopoles des laboratoires et les brevets n’empêchent pas de sauver des vies, où que ce soit. Les brevets doivent être suspendus, les connaissances technologiques partagées librement et ouvertement, et aucun profit ne doit être autorisé pendant cette pandémie. Les gouvernements, les scientifiques et les sociétés pharmaceutiques doivent coopérer et combiner leurs ressources pour que personne ne soit laissé pour compte. Nous n’en aurons pas fini avec cette pandémie tant qu’elle ne sera pas terminée partout.

27 novembre

Décès de Rémi Brissiaud, mathématicien pédagogue

« Dans ses conférences, Rémi Brissiaud, maître de conférences et chercheur en psychologie cognitive, faisait voyager des origines des nombres aux techniques opératoires, des mots exacts pour définir les concepts aux manières des enfants d’organiser leur monde. Il déstabilisait les certitudes sans mépris et ouvrait des chantiers aux bonnes volontés. Il ne dédaignait ni la pédagogie, ni les mouvements d’éducation nouvelle, visait les opérations de haut niveau et refusait d’en priver les élèves en difficulté. » Les mathématiques et la lecture sont des langages conceptuels. AFL sur Facebook

Rémi Brissiaud a déclaré en juin 2020 sur le site du Café Pédagogique : « Devant tant d’analyses erronées, ou du moins mal fondées, alors qu’elles sont présentées comme correspondant à l’état de la science, j’aurais envie de m’adresser à mes collègues du Conseil Scientifique de l’Éducation de la manière suivante : ne pensez-vous pas qu’il conviendrait de dire à Stanislas Dehaene que ça suffit, qu’il ne peut pas continuer ainsi à imposer ses convictions à l’ensemble des enseignants français alors qu’elles sont de plus en plus minoritaires à l’échelle mondiale ? Il faut laisser les enseignants avoir une pratique pédagogique cohérente avec d’autres éminents chercheurs. » Interrogation de Rémi Brissiaud sur la page du Café pédagogique : « Quelle recherche scientifique pour guider la politique du Ministre de l’Éducation Nationale ? »

26 novembre

En primaire, une profession en plein désarroi et un Grenelle inquiétant pour tous les niveaux d’enseignement

C’est ce qui ressort d’un article du Café pédagogique qui relate la rencontre par visio-conférence entre Philippe Meirieu, chercheur en Sciences de l’Education, invité par le Snu-Ipp et une centaine d’enseignants. Voici ce que déclarent les enseignants : « Je découvre après plus de 15 années en élémentaire qu’il subsiste davantage dans les écoles maternelles une priorité à l’événement, à la formalisation, au comprendre… Ce qui se fait dans nos écoles maternelles semble ne plus être transposable à l’élémentaire, face aux contraintes grandissantes dont y sont accablés les enseignants… Les enseignants ne se formatent-ils pas eux mêmes, plus particulièrement en élémentaire? » Ou encore : « Nos supérieurs IEN, n’apprécient pas du tout lorsqu’on réfléchit et qu’on se questionne ou qu’on questionne les pratiques imposées. Comment faire cela sans se faire mal voir, voire subir des sanctions? Trop de gens qui préfèrent nous faire appliquer des consignes, même absurdes, du moment qu’elles viennent d’en haut ».  » Je n’y arrive pas avec le nombre d’enfants par classe. Je n’ai pas le temps d’un retour sur mes pratiques, d’une analyse des situations didactiques que je propose. J’en suis désespérée ». Une profession en plein désarroi. Lire les réponses de Philippe Meirieu sur le site.

Le Café pédagogique nous apprend d’autre part que Philippe Meirieu a annoncé à cette visio-conférence faire aussi défection, (après la CGT educ’action) au Grenelle de l’Education : « P Meirieu a relevé qu’une seule association était présente alors que la Ligue de l’enseignement, les mouvements pédagogiques et d’éducation populaire n’étaient pas invités dans l’atelier. » C’était un atelier sur la formation des enseignants.  » P Meirieu rejette le Grenelle aussi du fait du colloque du 1er décembre sur le métier enseignant. « Au programme il ne figure aucun historien, aucun sociologue, aucun chercheur en sciences de l’éducation. L’absence de réflexion pédagogique est inquiétante. Je m’inquiète qu’il fasse autorité ». Un Grenelle inquiétant. Lire sur la page du Café Pédagogique

26 novembre

Nouvelle justice pénale des mineurs : le répressif avant l’éducatif…

Jean-Pierre Rosenczveig, ancien président du tribunal pour enfants de Bobigny, Charge d’enseignement à Nanterre Master II Justice pénale des mineurs, transmet cette information : « Le projet de validation d’un code de justice pénale des mineurs arrive en commission des lois le 1 décembre et en débat public à partir du 14 décembre. Ne nous y trompons pas, le but est banalement, simplement, d’éliminer du circuit les quelques jeunes qui dans la représentation des politiques posent problèmes et que les tribunaux ne sauraient pas gérer. Problème simple, réponse simple : Il faut donc les incarcérer et déjà leur faire peur !

Le Parlement s’apprête à substituer un code de justice pénale des mineurs à l’emblématique ordonnance du 2 février 1945 sur l’enfance délinquante, signée Charles De Gaulle. Déjà les mots trahissent que ce n’est plus l’enfance délinquante qui préoccupe, mais le fonctionnement de la justice ! La délinquance des jeunes a-t-elle à ce point mué pour qu’il faille changer d’instrument juridique ? Non. La délinquance révélée des mineurs baisse depuis cinq ans et ne représente plus que 13,5 % de de la délinquance des adultes contre 20% dans les années 2000 ! Elle est certes plus violente que par le passé, comme l’ensemble de la délinquance, mais gardons raison : les jeunes en conflit avec la loi ne sont pas des barbares, mais des enfants en carence éducative présentant parfois des troubles de la personnalité. » […] Jean-Pierre Rosenczveig a lancé un appel signé déjà par plusieurs personnalités dont Claude Brisset, ancienne défenseure des enfants. Vous pouvez signer en envoyant un mail à jprosen@outlook.fr

21 novembre

Faire classe à l’extérieur

Depuis septembre, des classes de primaire, un peu moins en collège, font cours à l’extérieur. L’association « Profs en transition »  sur Facebook et sur le site présentent leurs travaux. Sur Facebook des exemples :
« Au programme de cette journée « école dehors », une séance de relaxation, suivie d’une production d’écrit en binôme et un peu de land art. Les enfants commencent à se canaliser davantage en-dehors des murs de la classe. (On sort depuis le déconfinement ponctuellement). Lors des premières séances, ils partaient un peu dans tous les sens et avaient du mal à écouter et respecter les consignes. Hier, c’était un vrai moment agréable pour tout le monde ! À tel point qu’on en a oublié l’heure et qu’on a failli arriver en retard à l’école. On est arrivé in extremis, au moment où la cloche retentissait. » Lire aussi sur la page du site.

20 novembre

Les préliminaires indispensables à l’esprit critique

Le Monde a publié une interview d’Edgar Morin, philosophe et sociologue dont voici quelques extraits :

Question : « Que faire, plus particulièrement dans les écoles, sur le terrain pédagogique ? […] J’ai proposé, depuis les débuts du terrorisme islamiste, d’intégrer dans les programmes scolaires les préliminaires indispensables à l’esprit critique. Le premier est l’esprit interrogatif. Celui-ci est très présent chez les enfants mais peut s’atténuer avec l’âge. Il est nécessaire de l’encourager. L’esprit interrogatif étant stimulé, il convient d’encourager l’esprit problématiseur. L’esprit problématiseur met en question des évidences qui semblent absolues, soit à notre perception naturelle, comme la course du Soleil autour de la Terre, soit qui nous sont imposées par la culture et la société, comme la légitimité d’un pouvoir dictatorial, la croyance en une supériorité raciale. Rappelons que la vertu essentielle de la Renaissance européenne fut de problématiser le monde, d’où la science, de problématiser Dieu, d’où l’essor de la philosophie, de problématiser tout jugement d’autorité, d’où l’esprit démocratique ou citoyen. C’est dans cette problématisation qu’est l’essence de la laïcité.

L’esprit critique suppose donc la vitalité de l’esprit interrogatif et de l’esprit problématiseur. Il suppose aussi l’autoexamen, que l’enseignement doit stimuler, afin que chaque élève accède à une réflexivité qui elle-même permette l’autocritique ; l’esprit critique sans esprit autocritique risque de verser dans une critique incontrôlée de ce qui nous est extérieur. Que serait un esprit critique incapable d’autocritique ? L’esprit critique suppose nécessairement un esprit rationnel, c’est-à-dire capable d’appliquer induction, déduction et logique dans tout examen de faits ou de données. L’esprit rationnel suppose non moins nécessairement la conscience des limites de la logique face à des réalités qui ne peuvent être reconnues qu’en acceptant des contradictions ou qu’en associant des termes antagonistes. L’esprit critique ainsi nourri de tous ces préliminaires peut et doit librement s’exercer, mais il doit comporter aussi l’aptitude à la critique de la critique quand celle-ci devient intempérante ou ne porte que les seuls mauvais aspects de phénomènes, réalités ou idées. Enfin, l’enseignement de l’esprit critique doit accepter que celui-ci porte sur l’enseignement lui-même. Ainsi, l’esprit critique comporte toute une infrastructure intellectuelle, laquelle est généralement ignorée. […] Article réservé aux abonnés. Edgar Morin interviewé par Nicolas Truong.

20 novembre

Journée internationale des Droits de l’enfant

« Le 20 novembre 1989, l’ONU adoptait à l’unanimité la Convention relative aux droits de l’Enfant : les droits de chaque enfant du monde étaient désormais reconnus par un traité international, ratifié par 195 Etats ! Depuis, le 20 novembre a été déclaré Journée internationale des droits de l’enfant – un temps fort que l’UNICEF ne manque pas de marquer chaque année.[…] C’est la première fois de l’histoire qu’un texte international reconnait explicitement les moins de 18 ans comme des êtres à part entière, porteurs de droits sociaux, économiques, civils, culturels et politiques – des droits fondamentaux, obligatoires et non négociables. » « Le consensus est inédit : avec 195 États, c’est le traité relatif aux droits humains le plus largement ratifié de l’histoire. Aujourd’hui, seuls les États-Unis et la Somalie manquent à l’appel. » Consulter les articles des Droits ici.

Voir notre article du 16 novembre plus bas : « Enfants gardés à vue : éducation ou dressage »

19 novembre

Une décision véritablement historique du Conseil d’Etat sur le Climat

Le Conseil d’État vient de rendre le 19 novembre, une décision véritablement historique pour la lutte contre la crise climatique : il met l’État face à ses responsabilités en considérant que les objectifs de réduction de gaz à effet de serre fixés par la loi sont contraignants et pas seulement des directions à prendre : l’Etat a des obligations de résultats.

La décision du Conseil d’État ouvre la voie à une nouvelle étape cruciale pour la justice climatique : la haute juridiction donne 3 mois au gouvernement pour prouver que les trajectoires prévues permettront bien d’atteindre ces objectifs. 3 mois pendant lesquels l’objectif est de réduire de 40% nos émissions de gaz à effet de serre en 2030, par rapport aux niveaux de 1990. Un objectif fixé par l’Union européenne et par la loi pour la transition énergétique et la croissance verte de 2015, en application de l’Accord de Paris, dont on fêtera les 5 ans en décembre.

Communiqué de l’Affaire du siècle. Initiative portée par Notre Affaire A Tous – Greenpeace – Fondation Nicolas Hulot pour la Nature et l’Homme – Oxfam

18 novembre

« Comment contrer la vague complotiste ? »

Le Monde. Le quotidien du soir se devait de traiter le sujet, d’analyser les raisons de l’incroyable succès du film « Hold- up » , « film conspirationniste » dont un journaliste du site « Spicee », Thomas Huchon, décrit la recette : « il y a la musique qui fait peur, le ton posé, les révélations cachées qu’on n’a pas le temps de voir, et un mille-feuille argumentatif. A la fin tu te retrouves écrasé, tu ne peux tout déconstruire » et Tristan Mendès-France (Université de Paris) précise « Le débunkage (la déconstruction) arrive toujours tard car on doit démonter énormément de choses. Il faut (…) faire de la prévention ». Idée reprise par Thomas Huchon, qui considère « (…) il faut donner des moyens à l’école, faire de l’éducation aux médias, créer une formation spécifique pour les enseignants. » On peut toujours l’espérer mais aussi douter que cela suffise […] Lire la suite.

17 novembre

Jul le dessinateur à l’école Decroly

JUL, le dessinateur,« après Normale Sup, l’agrégation, et une courte vie comme professeur d’histoire chinoise » se lance dans le dessin de presse, la BD (Lucky Luke), le dessin animé ( 50 nuances de Grecs, sur Arte) se confie au Monde campus. On découvre qu’il est allé à l’école de l’An 01.

« De la maternelle à la troisième, je suis allé à l’école Decroly à St-Mandé , une école expérimentale et alternative, une école publique, incroyablement folle : on n’avait pas de notes, pas de devoirs,, pas de sonnerie. On élevait des dindons, on choisissait nos matières et on tutoyait les profs. Decroly, tout ce que j’ai fait en découle, ça a été un passage fondamental pour moi. On apprenait à remettre en question la hiérarchie, à se faire sa propre opinion, à se développer à son rythme. C’était une microcommunauté ultrapolitisée, avec très peu de brassage, et toujours la même classe de 25 élèves pendant 15 ans. On a fait toutes les manifestations qui pouvaient exister sur terre ! Pour Nelson Mandela, Jean-Marie Djibaou, Touche pas à mon pote, les Sections carrément anti-Le Pen. Notre école était souvent menacée de fermeture, alors, dès la maternelle on s’enchaînait aux grilles du ministère en scandant « Chirac croque-mort, Decroly n’est pas mort ! »

16 novembre

« Enfants gardés à vue : éducation ou dressage »

« On ne peut que s’interroger sur la conception de la relation pédagogique que suppose, dans une situation de classe, la dénonciation à des instances extérieures d’une parole, si malvenue soit-elle, chez un élève de dix ans, et sur la rupture qu’elle entraîne avec la confiance et la possibilité d’émettre une idée même fausse dans le cadre d’un apprentissage. En 2020, comme on n’arrête pas le progrès, c’est à l’aube que quatre enfants de 10 ans, élèves de la même classe de CM2, ont été interpellés chez eux, à Albertville, par une escouade de policiers, dont certains cagoulés, et emmenés, seuls, au commissariat où ils ont été retenus plusieurs heures pour « apologie du terrorisme », pour des propos qu’ils auraient tenus en classe après l’assassinat de Samuel Paty. Outre la brutalité inédite de la procédure, et le traumatisme que cela a pu provoquer chez ces enfants (dont, en plus, l’une au moins a été mise hors de cause ultérieurement), ce qui interroge, c’est ce que cela traduit, d’une part, de la conception de l’enfance et de l’acte éducatif, et d’autre part, de la panique qui gagne la communauté éducative au point d’aboutir à de telles situations. » Alain Chevarin sur le site de Question de Classe(s)

16 novembre

La Terre au carré. France Inter

Un évènement ? Non : l’émission de Mathieu Vidard,  (du lundi au vendredi de 14h à 15h et le lendemain de 4h à 5h) existe depuis longtemps. Pourquoi la citer ? Parmi les objectifs de notre appel : « permettre au potentiel d’intelligence et de créativité de chaque individu de s’exprimer au service de son propre équilibre et du développement qualitatif de la société »… Reste à définir comment ! Chaque individu à une histoire, un tempérament, qui orientent son intérêt, ses goûts, parfois très tôt des passions. L’école et plus encore le collège suivent un programme, découpé en matières rarement connectées, étalé sur plusieurs années. Les « élèves » des milieux favorisés, y trouvent parfois leur compte, les autres en tire un profit incertain, quand ils ne s’en désintéressent pas. Que reste-t-il de ce programme ? Souvent un vernis qui ne garantit en aucun cas « l’émancipation » que les « savoirs » sont sensés permettre. Les « 80% de bacheliers » et la vie sociale qui ne cesse de régresse posent cette question.

Grâce au podcast, le professeur AN 01 présente à ses élèves des reportages, des interviews captées sur « La Terre au carré ». Il détecte, ou voit naître l’intérêt de « chaque » élève et s’efforce de faire des groupes. Il guide les recherches, internet, CDI, recueille et s’efforce de répondre à leurs questionnements, leur permet des expériences, des engagements (face « au jour d’après » les actions mobilisant adultes et enfants ne manquent pas). Le potentiel de chacun-e a ainsi des chances de se révéler, les apprentissages « fonctionnels » qui en découlent s’y construisent en coopération.

Le 16 novembre, à la « Terre au carré », il y en avait pour (presque) tous les goûts. Une remarquable astrophysicienne décrivait l’exploit des télescopes qui ont découvert la nature des filaments reliant les galaxies et permis (très récemment) de résoudre le mystère de la matière manquante. Au passage elle explique que la recherche scientifique, contrairement au complotisme, s’attache à examiner tout ce qui s’oppose aux hypothèses les plus séduisantes… De vieilles brésiliennes utilisent des petits espaces dans une favela pour y récolter des plantes négligées qui remplacent les médicaments… Les oiseaux et divers animaux, grâce au confinement qui fait disparaître le bruit habituel, utilisent leurs chants ou leurs cris pour communiquer à grande distance : on les écoute avec ravissement.

Le chantier AN 01 nous invite et VOUS invite à imaginer la traduction concrète des objectifs de l’APPEL que vous avez signé …

15 novembre

Décès d’André Béranger, notre ami

André Béranger, signataire de notre appel, a été au cœur de l’utopie réalisée à la Villeneuve de Grenoble : « Vivre à l’école en citoyens » . La brochure qui en témoigne  est en lecture libre à la fin de cette page d’accueil. André, comme le révèle son ultime message,  est « mort dans la dignité » ce que nous devrons rendre possible dans les temps du « jour d’après ».  Ses camarades lui ont rendu hommage « sous ses fenêtres » où plusieurs d’entre nous auraient aimé se rendre, chanter, l’applaudir et répondre à son dernier salut.

Ecoutons sa voix : « Je vous souhaite à tous réussite dans vos luttes et projets pour l’amélioration de ce monde bloqué par cette sacro-sainte course aux profits. Et je sais que les copains poursuivront ces combats qui me sont chers : education bien commun, RIC Villeneuve, RESF, DAL… » André Béranger le dimanche 15 novembre 2020.

7 novembre

Elections aux Etats-Unis : Joe Biden vainqueur

Joe Biden a promis pendant la campagne que les Etats-Unis, en cas de victoire, réintègreront l’Accord de Paris sur le Climat. Une nouvelle ère…

Rentrée du 2 novembre

Hommage à Samuel Paty : la lettre de Jean Jaurès aux instituteurs et institutrices

La lettre magnifique de Jaurès de 1988 sera suivie d’une minute de silence dans tous les établissements scolaires à 11h. Ce ne seront que des extraits de la lettre. Mais la connaissons-nous dans son intégralité ? Lire ici. « Manque surtout le paragraphe où Jaurès défend l’autonomie de l’enseignant et critique vertement le recours excessif aux évaluations. » lit-on dans le journal Libération. En 1988, c’était l’époque de grandes réformes dans l’éducation et Jaurès y a pris toute sa place dans ce discours publié dans « La Dépêche Journal de la Démocratie du Midi ». Une partie médiane est encore d’une grande actualité par rapport à notre système scolaire, à la critique que l’on peut en faire encore aujourd’hui : problèmes de lecture que Jaurès voudraient voir résolus pour que tous.tes accèdent à la Culture, programmes démentiels (base à l’époque du Certificat d’études), bachotage, évaluations, examens. Voir «la politique d’évaluation permanente mise à l’œuvre par Jean-Michel Blanquer» disent des professeurs. Lire dans Libération.

30 octobre

« Il serait grand temps de changer de stratégie »

« Pour la première fois depuis l’après-guerre, tout le monde est d’accord pour dire que « rien ne pourra plus être comme avant », qu’« il y aura forcément un avant ceci ou cela, et un après ». Et pourtant, rien ne change, et pire, tout est fait pour que rien ne change. La frilosité et la peur des ruptures nécessaires anesthésient toutes les énergies. » […] « Plutôt que de perdre du temps à critiquer, plutôt que de contribuer à la démoralisation des éducateurs et des familles, plutôt que de déplorer sans cesse la perte des valeurs et le désintérêt des citoyens pour la République, on pourrait peut-être rassembler tous ceux qui, prenant leurs distances avec des étiquettes politiques devenues désuètes, crient : « Rien ne pourra plus être comme avant ». » Pierre Frackowiak, inspecteur honoraire d’école maternelle et élémentaire. Lire le texte intégral ici.

25 octobre

« Blanquer : Des propos d’extrême droite qui ne passent pas » 

« Après sa dénonciation de « l’islamo-gauchisme » le 22 octobre sur Europe 1, une formule venue tout droit de l’extrême droite, JM Blanquer a redoublé ses attaques dans le Journal du Dimanche du 25 octobre. Au point d’être attaqué le 27 octobre à l’Assemblée et de ne pas répondre sur les faits.

« Il y a un combat à mener contre une matrice intellectuelle venue des universités américaines et des thèses insurrectionnelles… aux antipodes de notre modèle  républicain… C’est le terreau d’une vision du monde qui converge avec les intérêts des islamistes ». Ces propos de JM Blanquer dans le Journal du Dimanche lui ont valu à la fois une réponse officielle de la Conférence des présidents d’université et une remarque ironique d’Ecole et nation, le groupe éducation du Rassemblement national, le 26 octobre, remarquant que JM BLanquer « reprend mot pour mot nos conférences et notre brochure contre le gauchisme intersectionnel ». Sur le site du Café Pédagogique. J. M. Blanquer par opportunisme profite du climat émotionnel, après l’assassinat de Samuel Paty. Que devient la raison ?

16 octobre

Attentat sur un professeur, notre collègue Samuel Paty : quelques réflexions

Catherine Chabrun de l’Icem-Freinet a partagé sur Facebook : « L’avenir de notre société, ce n’est pas de juxtaposer des « Je suis », mais des « Nous sommes ».

Philippe Meirieu : « Il faut dire clairement aux familles qu’elles n’ont pas de pouvoir sur les contenus. » Il n’y a pas qu’en Histoire et EMC qu’existe la contestation. Elle « existe en SVT et cela existe en français. Il y a un certain nombre de collègues enseignant en français qui, quand ils proposent un poème de Baudelaire, se voient opposer des résistances et voient des parents venir à la charge. Cela existe évidemment en philosophie. Sur France Culture.

Edgar Morin sur twitter en peu de mots : « pour lutter contre unilatéralismes et dogmatismes qui conduisent aux fanatismes : enseigner à problématiser à contextualiser enseigner les pièges et illusions de la connaissance (in perception, communication, idée) enseigner à voir : réactions, rétroactions, relations tout/parties. »

Philippe Meirieu écrit « Ne rien lâcher sur nos valeurs »(extrait) : « Nous poursuivrons inlassablement notre combat pour la liberté d’information et contre toutes les formes d’emprise sur les esprits. Nous continuerons à accueillir chacune et chacun avec ses singularités tout en travaillant inlassablement pour construire des solidarités, sans exclusive ni exclusion. Nous ne lâcherons rien sur les valeurs qui nous font vivre ». Sur le site du Café Pédagogique.

Caroline Fourest : « Les journalistes peuvent alerter, les policiers peuvent arrêter, mais nous ne sortirons jamais de ce cauchemar si les professeurs ne peuvent vacciner la prochaine génération contre ces propagandes qui nous déchirent. L’antidote, nous le savons, exige d’expliquer, inlassablement, l’histoire de ce pays, comment nous avons arraché nos libertés, l’importance d’endurer la divergence et l’offense, le blasphème et l’atteinte au sacré, sans répondre par la violence. C’est ce qui fonde notre liberté d’expression et toutes celles qui en découlent. » Caroline Fourest sur le site de Marianne.

« Près de 20 ans que je suis prof. Près de 20 ans que j’entends les ministres successifs de l’éducation nationale clamer sur tous les tons, sur tous les toits, et sur tous les plateaux télé, que l’école doit se recentrer sur les « fondamentaux », que l’école doit se borner à apprendre aux enfants à lire, écrire, compter. […] (Pour les élèves), finalement, que vaudrait cette école qui leur aurait appris à lire, écrire, compter, mais qui ne leur aurait pas appris à être des humains, qui ne leur aurait pas appris à dépasser leurs croyances, qui ne leur aurait pas appris l’empathie, la controverse, le dialogue ? Que peut valoir cette école des « fondamentaux » qui ne leur aurait pas appris à faire société ? Mes collègues, mes amis, mes camarades, mes frères et sœurs d’humanité, je ne veux pas passer les 20 prochaines années dans ce monde où l’on a peur, dans ce monde où l’on se rejette, dans ce monde qui exclut, qui terrorise, qui déshumanise. Le temps de la riposte arrive. Le temps où il va nous falloir reprendre en main notre avenir, où il va nous falloir construire une société qui unit, qui accueille, qui libère, une société du partage, une société du commun… Une société de la vie, tout simplement. » Cédric Forcadel, Groupe départemental Freinet 76 sur Facebook.

Philippe Watrelot, ancien président des Crap-Cahiers Pédagogiques, écrit sur Facebook : 𝐐𝐮𝐞 𝐩𝐞𝐮𝐯𝐞𝐧𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐞𝐧𝐬𝐞𝐢𝐠𝐧𝐚𝐧𝐭𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐩é𝐝𝐚𝐠𝐨𝐠𝐮𝐞𝐬 ? Ceux ci sont en première ligne. Bien souvent dans les quartiers, l’école reste un des derniers services publics et l’incarnation de l’État. Il nous faut poursuivre notre mission éducative avec pédagogie et dans une réflexion collective. Il ne s’agit pas seulement d’inculquer les « valeurs de la République » comme une sorte de catéchisme républicain mais de les faire vivre au quotidien dans la classe et dans l’établissement. C’est le meilleur hommage que nous pouvons rendre à notre collègue sauvagement assassiné. »

A notre collègue Samuel Paty qui n’a fait que son métier !

COMMENTAIRE DE LA REDACTION

« L’abominable assassinat de Samuel Paty va masquer pendant quelques temps l’aspiration au changement. L’heure est à l’hypocrisie, à l’exaltation de l’école de la République et de ses hussards noirs symbolisés par Samuel « assassiné parce qu’il avait décidé d’apprendre à ses élèves à devenir citoyens ». La presse salue le discours du président Macron dont on sait l’attachement à l’école privée et confessionnelle, et qui ose faire appel à Jean Jaurès et citer Ferdinand Buisson : « donner à l’être humain, si petit et si humble qu’il soit , l’idée qu’il faut penser par lui-même, qu’il ne doit ni foi ni obéissance à personne, que c’est à lui de chercher la vérité et non pas la recevoir toute faite d’un maître, d’un directeur, d’un chef quel qu’il soit ». Ce que Samuel s’efforçait en effet de « transmettre » dans des conditions qui illustrent à l’extrême cette souffrance au travail dont il s’agit d’analyser les causes.  Ceux qui s’intéressent seulement « aux programmes » estiment qu’il faut transmettre « les valeurs de la République » à heure fixe lors d’un cours d’ « Enseignement Moral et Civique » coincé entre un cours de maths et une séance de sport avec la préoccupation d’en garder la trace à l’intention de l’inspecteur. S’intéresser « aux enfants » consisterait à les considérer comme des personnes, des êtres pensants et sociaux et ce dès l’école maternelle. Il ne s’agit plus d’un programme mais d’une « idéologie » d’un projet émancipateur qui s’oppose à tout formatageFreinet qui a osé œuvrer dans cet esprit a dû quitter l’Enseignement public. Les militants de l’Education Nouvelle (dans sa diversité), sont ultra minoritaires et traduisent plus ou moins audacieusement cette idéologie. Parmi les recherches-action sur ce thème, nos lecteurs trouveront sur le site un document « Vivre à l’école en citoyens » qui montre qu’il est possible d’aller très loin dans cette voie. 

Il manque toutefois à ce document l’évocation d’un autre volet de cette recherche-action : l’éducation populaire. Après avoir constaté les défauts des réunions de parents, des réunions systématiques avec, selon le cas, une ou deux familles avec participation des enfants concernés, étaient programmées en temps scolaire, le samedi matin, au cours desquelles la vie scolaire était décrite concrètement de façon à ce que des échanges ou un cheminement souterrain conduisent les adultes à considérer l’enfant comme une personne, et ses difficultés éventuelles inscrites dans un processus de construction des comportements et des savoirs. Il convient d’ajouter que ces parents souvent d’origine étrangère vivaient dans une mixité sociale imparfaite mais affirmée. Qu’ils habitaient dans des logements confortables et bien conçus. Que toute geste raciste provoquait une réflexion collective à l’école et dans le quartier par une vie associative (qui continue aujourd’hui). Et que les préjugés familiaux, les aliénations de toutes natures, religieuses morales, économiques, sans être vaincus, pouvaient être ainsi atténués. De telles recherches-action (et de telles transformations de l’habitat et de la vie sociale) sont indispensables pour donner corps à l’idée d’une éducation considérée comme BIEN COMMUN et à un système où les éducateurs auraient réellement POUVOIR SUR LEUR TRAVAIL.

Raymond Millot 25 10 20

7 octobre

« A l’école, donner les clés pour agir et non subir le monde nouveau »

Dans un article du Monde, Ange Ansour, cofondatrice et directrice de Savanturiers-Ecole de la Recherche, remet en question la gestion de l’enseignement : « Aussi, cet incessant renouvellement des programmes combiné à l’amoncellement des dispositifs témoigne de notre contradiction : alors que nous sommes confrontés à des crises planétaires pressantes, nous opposons une vision fragmentée et restreinte de l’ambition scolaire. » Une professeure d’école déclare « Il faut qu’on apprenne à nos élèves à devenir des créateurs et des concepteurs. Donc, en classe, il faut changer tout ça ! ». Lire la suite.

7 octobre

« La jeunesse militante qui s’exprime partout peut-elle être source d’espoir ? »

Dernière question de Libération, dans un article pour abonnés à Myriam Benraad (politologue spécialiste du Moyen-Orient) qui évoque « un régime de colère universel » le 07 10 20.

Réponse de Myriam Benraad : « Nous sommes face à une nouvelle génération extrêmement politique. Des jeunes comme Greta Thunberg sont indispensables à mes yeux. En s’adressant à la communauté internationale, elle a parfaitement compris que les solutions étaient à trouver à l’échelle globale et multilatérale. Sa colère comme celle des lycéens qui manifestaient tous les vendredis pour la protection de l’environnement peut être un instrument de changement. Ceux qui refusent d’entendre cette colère sont les moins concernés par les catastrophes qui nous menacent d’ici quelques décennies ; ils ne veulent pas de remise en cause de l’ordre existant, pour préserver leurs intérêts immédiats. Ils vont donc chercher à discréditer cette colère. Il suffit d’écouter tous ces hommes politiques et intellectuels qui ont critiqué Greta Thunberg en attaquant sa personne et non ses idées. Or la pandémie ne fait que réaffirmer actuellement l’urgence d’une action environnementale forte. » Cet article est adressé aux abonnés mais le début peut être lu ici.

Fin septembre – début octobre

Les élections d’éco-délégués dans les établissements scolaires

Obligatoires cette année dans les collèges et les lycées, elles sont proposées aux classes de CM1 et CM2. Les élèves peuvent devenir acteurs toute l’année de projets éco-responsables dans leur établissement : « Les éco-délégués sont à la fois des co-pilotes et des ambassadeurs des projets pédagogiques menés au sein des établissements scolaires. Ils participent au comité de pilotage des projets, informent leurs camarades sur les avancements et les poussent à s’y engager. » Ne peut-on penser qu’il y a peut-être comme une contradiction entre ces injonctions à la jeunesse et les actes du gouvernement lui-même ? lire sur cette page.

25 septembre

Malgré le Covid, les jeunes en grève, partout pour le climat

Sur la page de Libération du 25 septembre : lire ici

L’année dernière, 7,6 millions de personnes ont défilé dans la rue pour le climat. Comme la situation a considérablement évolué, il a fallu remplacer ces manifestations de grande envergure par d’autres formes d’action pour garantir la protection de chacun.e. Il est toutefois crucial de rappeler aux citoyen.nes du monde que la justice climatique est indissociable de la construction d’un monde plus résilient et plus sain.

25 septembre

Nouvelles du M.F.N. (Ministère du Formatage National) et du C.E.A. (Corps Enseignant Aliéné)

Reportage dans Libération : Lise, prof d’école dans sa classe de CP « le ministère nous laisse quinze jours donc j’étale au maximum, pour ne pas perdre du temps sur les apprentissages. Seule façon de m’en sortir, sinon je n’arrive pas au bout du programme avant la fin de l’année ».

Des enfants de 6 ans, contraints à la station assise face à une adulte masquée, qui subissent des « leçons », des « évaluations » et sont mis devant des « épreuves » dont ils ne voient pas l’utilité (sauf de les dociliser), qui parfois ou souvent (selon leur origine sociale) sont mis en situation d’échec… Formatage.

Des enseignants Bac + 4, théoriquement formés et réellement responsables d’une cohorte d’enfants. A qui l’on confie la tâche délicate de faire entrer chacun d’eux dans le monde de l’écrit. Que l’on transforme en exécutants, chargés d’utiliser une méthode prétendument scientifique, de procéder à une évaluation aberrante et de réaliser un « programme ». Aliénation.

L’école une entreprise. L’enfant, un matériau à transformer selon les normes du bureau d’étude. Les enseignants des agents de production. Directeurs et Principaux, agents de maîtrise et bientôt contremaîtres. R.M. 25 09 20

5 septembre

Une déclaration des droits des Acteurs de l’Ecole

par Eveline Charmeux, ancienne formatrice d’IUFM et enseignante-chercheur à l’INRP à Paris. Professeur honoraire, elle se consacre au militantisme pédagogique et à l’écriture en particulier sur son blog. Son dernier article : « Aujourd’hui, que la crainte de retomber dans les ornières du passé, (voire pire…), se fait de plus en plus légitime, voici un projet de « Déclaration », presque d’amour, pour une école dont nous sommes nombreux à rêver.
Toute modification radicale, révolution ou autres, a commencé dans l’histoire, et continue de commencer, par une « Déclaration des droits de… » Après la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, et, venant de l’ONU, celle des Enfants, pourquoi pas une pour les Acteurs de l’École ? »[…] Lire ici sur son blog

1 septembre

C’est la rentrée des classes : les programmes verdissent…

Covid ou pas covid, le ministre a déclaré que la rentrée allait se faire coûte que coûte le 1 septembre. Des préconisations sont données aux enseignants sur eduscol. Nous retiendrons une publication de juin 2020 : un projet d’arrêté modifiant le programme des cycles 2, 3 (primaire et 6°) et 4 (collège) sur le “Renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable” a été présenté au Conseil supérieur des programmes. Cet arrêté fait suite à celui du printemps 2019, puis de décembre 2019 dans une perspective interdisciplinaire. Toutes les disciplines sont concernées. Un projet essentiel qui va bouleverser le système éducatif ou un simple verdissement de circonstance ? Peut-on compter sur les élections d’éco-délégués qui vont avoir lieu en septembre, obligatoirement au collège et proposées en Cycle 3 pour que les élèves s’engagent dans des projets ? N’y a-t-il pas contradiction avec l’insistance sur les fondamentaux que met en avant le Ministre ? Les enseignants dénoncent la lourdeur de programmes qui ont encore été changés cet été (une nouvelle grammaire !). Et dans les circonstances actuelles ? Et n’est-on pas plutôt dans une démarche de responsabilisation individuelle voire de culpabilisation que de réflexion citoyenne ? Aux seuls enseignants l’initiative pédagogique ?…

Fin août

Un rêve qui s’évanouit… ?

Un texte a été publié sur le site de Philippe Meirieu et dans le journal Libération en Juin 2020 qui voulait lancer le débat sur la rentrée actuelle de septembre. Les auteurs proposaient des classes à multiniveaux (comme il n’en existe pratiquement plus dans le monde rural où elles ont pourtant fait leurs preuves, cf. l’école de Marcel Pagnol). Mais pour cette rentrée, il n’en sera toujours pas question : Macron a refusé net fin août, une augmentation des postes d’enseignants qui aurait permis l’abaissement du nombre d’élèves en classe particulièrement en cette période de Covid ; dans le second degré, il aurait été possible de prendre beaucoup plus de candidats admissibles aux concours internes mais le couperet est tombé. L’économie a été privilégiée, économie de postes mais aussi l’Economie à la place de l’Humain. [•••] Lire la suite

Le 16 juillet 2020

L’appel de Greta Thunberg et plus de 3 000 personnalités pour le climat

« La jeune activiste pour le climat est à l’origine d’un appel signé par 150 scientifiques et des personnalités du monde entier, comme Leonardo DiCaprio et Nicolas Hulot. » Lire ici.

Le 20 Juin

Propositions de la Convention citoyenne pour le Climat

Les 150 membres élus de la Convention citoyenne pour le Climat tirés au sort pour réfléchir à « comment réduire les émissions de gaz à effet de serre d’au moins 40% dans un esprit de justice sociale ? », ont rendu leurs 149 propositions à l’Elysée : 146 en ont été retenues. Lire le rapport final ici. Raymond Millot a analysé la partie sur l’éducation  » Lire ici.

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ILS L’ONT DIT

« Cette crise, je ne l’ai pas vue venir, alors que je la connaissais en théorie » Pablo Servigne

« … la pandémie ouvre une brèche dans l’imaginaire des futurs politiques où tout semble désormais possible, le pire comme le meilleur, ce qui est à la fois angoissant et excitant (…) c’est donc le moment de tourner la page de l’idéologie de la compétition et de l’égoïsme institutionnalisé et d’aller vers plus de solidarité et d’entraide (…) sans oublier  le plus important, c’est un processus commun, délibératif, le plus démocratique (…) Je suis aussi persuadé qu’on va vivre une succession de chocs qui vont restructurer nos sociétés de manière assez organique » Pablo Servigne Le Monde 16 avril

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L’Appel d’Attac

et de nombreuses organisations

« Depuis plusieurs mois, des organisations syndicales et associatives convergent, convaincues que les réponses aux urgences sociales et écologiques doivent être construites ensemble. La crise qui a éclaté en ce début d’année 2020 montre une fois de plus la nécessité de changer de système. C’est pourquoi nos organisations ont constitué un front élargi et inédit pour initier une tribune, puis une pétition et un appel aux mobilisations du 1er mai. » Sur le site de l’Association Attac « Plus jamais ça » dans un Plan de sortie de crise.

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ILS L’ONT FAIT

RÉSISTONS ENSEMBLE, POUR QUE RENAISSENT DES JOURS HEUREUX

Le le 13 Mai 2020 a été créé le Conseil National de la Nouvelle Résistance CNNR Voir la vidéo.

En ce 27 mai, journée nationale de la Résistance, nous publions RÉSISTONS ENSEMBLE, POUR QUE RENAISSENT DES JOURS HEUREUX – un ouvrage préfacé par Denis Robert qui nous propose les contributions d’une quarantaine de personnalités. Un texte pour apprendre d’hier pour agir demain. Disponible gratuitement ici. Téléchargeable.

Préface de Denis Robert : « Tout est parti d’un vieux militant Raymond Millot, 93 ans, qui rêvait de refaire le coup « des jours heureux ». Il nous a écrit et envoyé un texte […] Il parle d’un projet visant à repenser le modèle éducatif. […]
Denis Robert est écrivain, journaliste et réalisateur de documentaires. Spécialiste de la lutte contre la criminalité financière, il est notamment connu pour son enquête sur la société Clearstream. Il est depuis 2019, le directeur de la rédaction du Média. Artiste prolifique, il est aussi plasticien et l’auteur d’une dizaine de romans et autant d’essais. »

Raymond Millot se définit lui-même comme libertaire, féministe, internationaliste, autodidacte. Il a été charpentier, électricien, agent technique, instituteur (école expérimentale), conseiller pédagogique, coordinateur de la recherche-action (école ouverte/société éducatrice) à La Villeneuve de Grenoble. Il est l’auteur de nombreux ouvrages, parmi lesquels : Une voie communautaire ; Émancipation, avenir d’une utopie, et co-auteur de : Émancipation, avenir d’une utopie, et co-auteur de : À la recherche de l’école de demain ; Écoles en rupture ; Vivre à l’école en citoyen. 

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Charlotte Gainsbourg nous raconte la 3ème Révolution. Ce texte a été écrit par Fred Vargas, en 2008. Charlotte Gainsbourg l’a lu à l’inauguration de la COP 24 en 2018.

Sur youtube

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Des photos et images d’expériences alternatives, de projets émancipateurs

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L’école Vitruve à Paris

« Située dans le 19ème arrondissement, cette école publique est une « expérimentation, qui veille à se remettre en question et à se renouveler, et qui demeure hors norme, atypique et originale ». Une originalité qui porte sur l’organisation pédagogique de l’école et sur la coopération avec les partenaires du système éducatif dans le but de mieux lutter contre l’échec scolaire. Son évaluation, menée entre mars 2018 et juin 2019, doit permettre le renouvellement du statut particulier de cette école ô combien atypique… » Sur le site du Café Pédagogique (cliquer sur la photo).

Ecole Vitruve à Paris

L’école Vitruve participe depuis plusieurs années à la FESPI (fédération des établissements scolaires publics innovants).

Yves Reuter : « […] au travers des études qui existent, les résultats quant aux apprentissages purement scolaires sont au moins identiques aux autres écoles. Là où les résultats sont nettement meilleurs, c’est au niveau des compétences psycho-sociales et de citoyenneté. »

« Il ne s’agit pas d’uniformiser, mais de faire bouger l’éducation nationale et d’encourager différentes initiatives prises sur le terrain. Et puis surtout, il faut former les enseignants. Bien souvent en France, on reforme mais on ne forme pas. Quand on veut généraliser trop vite, quand les enseignants ne sont pas convaincus, cela ne marche pas.  Il faut faire connaître ce type de pratiques pour que les gens s’en inspirent, il faut socialiser. Chacun en fera ce qu’il souhaite. »

Rapport d’Yves Reuter.

Lire ici « En sortant de l’école » de Jean Foucambert sur l’école Vitruve.

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Septembre 2020 : Une septième école publique à pédagogie du chef-d’oeuvre en Belgique

Une école publique au-delà de Montessori, Decroly, Freinet …

Un livre pour en savoir plus : « Du chef-d’oeuvre pédagogique à la pédagogie du chef-d’oeuvre » Ed. Chronique Sociale, éditions du GBEN collectif 

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