Chantier 01

Introduction

Plusieurs d’entre vous ont signé l’appel en affirmant son importance. Quelques mots simples ont suffi. Il faudrait les faire entendre par les millions de parents que l’avenir de leurs enfants effraie.

Il est certain qu’une Convention Citoyenne pour l’Education aurait à cet effet un rôle décisif. Une CCE n’est pas à l’ordre du jour mais les multiples associations et collectifs qui se préoccupent du « JOUR D’APRES » pourraient s’emparer du sujet. C’est rarement le cas mais on constate que l’hypothèse EDUCATION, BIEN COMMUN commence à être évoquée. Notre chantier AN 01 doit en premier lui donner un contenu.

Ce travail a été commencé, individuellement, à l’intention de débats qui doivent avoir lieu au Conseil National de la Nouvelle Résistance.

Il s’agit donc aujourd’hui d’effectuer un travail collectif, de préciser en particulier « les concepts qui me semblent proposer une rupture dans les pratiques éducatives et qui contribuent à la réalisation des 3 objectifs cités dans l’appel : – développer les capacités de résilience – permettre au potentiel d’intelligence et de créativité de chaque enfant de s’exprimer – favoriser les démarches émancipatrices et solidaires.

La liste des concepts est ouverte : : Bien Commun – promotion collective – émancipation- développement de tous les potentiels individuels – outil de la démocratie participative, la citoyenneté (expression orale et écrite) – transmission/construction du savoir – coéducation/société éducatrice apprentissages fonctionnels/programmes – transdisciplinarité/ pédagogie du projet /chef-d’œuvre pédagogique…

Un plan de travail s’avère nécessaire …Dans un premier temps chacun chacune peut proposer une définition en quelques lignes de tel ou tel concept, susceptible d’être utilisée dans un débat « jour d’après ». Raymond Millot 12/11.

Première contribution

Dans un article publié sur le site (lire ici en intégralité), Pierre Frackowiak amorce ce travail ainsi :

Savoirs de base et savoirs soft. J’attache la plus grande importance à l’inversion des définitions (du CMA tlv : Comité Mondial pour les Apprentissages tout au long de la vie).

Les savoirs dits soft sont ou devraient être les savoirs dits de base. Sinon, ces savoirs (valeurs, finalités, objectifs généraux transversaux) sont toujours relégués au second plan, voire à l’arrière plan, toujours écrasés par les savoirs dits de base. On les évoque au lendemain d’attentats ou de catastrophes, mais on sait bien qu’à part l’heure d’instruction morale et civique, ils ne sont jamais l’objet d’apprentissages pensés, d’engagements collectifs explicites, de projets d’établissement.

Quant aux savoirs dits de base, les pédagogues savent qu’ils peuvent prendre du sens et gagner en efficacité quand ils sont enracinés, mis en perspective, mis en relation a-disciplinaire dans les apprentissages des savoirs dits soft.

La pression (l’oppression) des savoirs disciplinaires académiques (programmes, progressions, didactique des disciplines, contrôles) dont le choix et la durée de rétention méritent réflexion, est un obstacle majeur à la transformation des systèmes éducatifs. Cette pression n’a cessé de s’aggraver avec le renforcement des corporatismes et l’importance croissante du diplôme… qui ignorent complètement les savoirs dits softs. Pourtant, l’évolution exponentielle des savoirs de l’humanité et la puissance des technologies nouvelles de communication remettent en cause complètement cette habitude séculaire d’ajouter des « couches » nouvelles de savoirs disciplinaires aux anciennes déjà sédimentées, voire fossilisées.

Inculqués. Les savoirs devraient être construits par une démarche active des apprenants dans des situations porteuses de sens, plutôt qu’inculqués.

Rapports avec les adultes. Parents, collègues… certes. Mais aussi éducateurs socioculturels, personnels spécialisés, sportifs, artistes, médias… tous les porteurs de savoirs soucieux de les partager. Le concept de projet éducatif de territoire, rassemblant les acteurs d’une éducation globale, compris dans le projet initial de refondation de l’école en France, est à cet égard un sujet de réflexion fondamentale. L’école n’a pas plus depuis fort longtemps le monopole de la construction des savoirs et des compétences. L’a-t-elle déjà eu réellement ?

Alphabétisation scientifique. Il ne peut s’agir que d’une erreur des rédacteurs de la déclaration. Il est évident que l’on remplacera « alphabétisation » par « éducation scientifique et technique », rendue de plus en plus importante dans notre vie, notamment par rapport aux enjeux écologiques. De plus, on sait que les situations d’apprentissage des sciences et des techniques peuvent être de meilleurs supports pour les apprentissages dits de base (lire, écrire, parler, compter.. ) que les situations inventées spécifiquement dans les disciplines scolaires.

Deuxième contribution

Parlons de résistance… de désobéissance. Texte envoyé par Sylvie Pralong sur son expérience de prof d’école.

Enseignante retraitée depuis 2 ans, école élémentaire une vingtaine d’années et maternelle les 15 dernières, j’ai participé au mouvement des enseignants désobéisseurs au temps du ministre de l’Education nationale Darcos, ainsi qu’à celui du Comité National de Résistance à Base Elève. J’ai toujours considéré que la meilleure façon de désobéir en conscience est de connaitre parfaitement les textes officiels afin de faire la part de ce qui est le texte de loi et sa mise en musique locale aux travers de circulaires qui vont souvent plus loin et demandent des choses qui ne sont pas dans le texte de loi, laissant croire que ces demandes sont obligatoires sous prétexte qu’elles sont écrites par des supérieurs hiérarchiques. Mais la désobéissance ne peut s’arrêter aux circulaires et il est des textes de loi officiels qui ne peuvent être acceptés car ils sont en contradiction avec des textes supérieurs tels que la Convention Internationale des Droits de l’Enfant, par exemple. »

Le 20 novembre est la Journée internationale des Droits de l’Enfant. Lire ici