L’APPEL

«  l’objectif de cet appel constitue la raison d’être de ce site »

UNE EDUCATION POUR FAIRE FACE

AU « JOUR D’APRES » !

Le Jour d’après, c’est celui que prévoyait le Manifeste de 2017, signé par15364 scientifiques de 184 pays et qui se terminait ainsi : « Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, l’humanité doit adopter une alternative plus durable écologiquement que la pratique qui est la sienne aujourd’hui. Bien que cette recommandation ait été déjà clairement formulée il y a vingt-cinq ans par les plus grands scientifiques du monde, nous n’avons, dans la plupart des domaines, pas entendu leur mise en garde. Il sera bientôt trop tard. ».

Il aura fallu 3 ans pour qu’une majorité de Français, selon les enquêtes, prennent conscience du danger. Ils peuvent donc facilement concevoir que demain, leurs enfants vont devoir vivre dans un monde où la solidarité, la coopération, la mobilisation de toutes les formes d’intelligence, seront indispensables pour faire face, pour résister, pour trouver des solutions.

Notre système « éducatif »ne correspond en aucune façon à cet avenir. Son but principal est de sélectionner les « élèves » pour répondre aux besoins du système capitaliste, avec pour horizon la consommation et pour résultat, l’accroissement des inégalités. Il est donc urgent d’esquisser les contours d’un système éducatif alternatif et d’entreprendre des recherches-action le préfigurant. Divers faits d’actualité sont de nature à encourager un tel projet. 

LES FAITS : la liste 

1/ la mobilisation internationale de collégiens et lycéens qui se préoccupent de l’avenir de la planète et du leur.

2/ – la minorité croissante de paysans qui inventent des pratiques, pour qui la terre et la bio- diversité sont « biens communs » et qui obtiennent des rendements satisfaisants. – Le nombre croissant de chercheurs qui travaillent sur l’indispensable transition.

3/ Les travaux de la Convention citoyenne pour le climat qui proposent les grandes lignes du projet éducatif en termes d’objectifs, de pédagogie, et d’autogestion et qui vont dans le sens des pratiques depuis longtemps défendues par les mouvements pédagogiques. Propositions qui révèlent un sentiment d’inadaptation du système actuel (voir annexe ci-dessous).

4/ Les différents collectifs qui inscrivent l’éducation dans la liste des « biens communs » : le CNNR Conseil National de la Nouvelle Résistance, le collectif « Plus jamais ça » (regroupant EELV, Ensemble, France Insoumise, GDR, Génération.S, GRS, PEPS, Place Publique, NPA, UCL). L’esprit de résistance qui anime ces collectifs et diverses organisations politiques, permet de penser que de nombreux alliés pourraient comprendre et soutenir cet appel.

5/ Les « 35 MESURES POUR UN RETOUR SUR TERRE » préconisées par Dominique Bourg, Philippe Desbrosses, Gauthier Chapelle, Johann Chapoutot, Xavier Ricard-Lanata, Pablo Servigne et Sophie Swaton. La mesure n°25 appelle en effet une «réforme de l’éducation et de la recherche donnant la part belle pour ce qui est de la première, à la coopération et la créativité et pour la seconde aux sciences citoyennes et participatives sans entraver la recherche fondamentale plus que jamais essentielle. » Cette mesure nomme les objectifs qu’il nous est possible de développer et d’illustrer en puisant dans l’expérience accumulée par les militant-e-s pédagogiques et par de nombreux enseignants isolés et néanmoins innovateurs.

6/ L’exemple finlandais En 2020, il n’y aura plus de cours de matières distinctes, les élèves apprendront les événements et les phénomènes dans un cadre pluridisciplinaire. L’idée est que chaque élève choisisse le thème ou le phénomène qu’il souhaite étudier selon sa notion de leur utilité dans sa vie. Les élèves auront donc le choix de leurs apprentissages ce qui les rendra plus autonomes et plus responsables. Ils ne diront plus « à quoi ça sert d’apprendre ça ? » mais s’engageront dans leurs apprentissages. Les travaux de groupe et coopératifs ainsi que la résolution de problèmes seront privilégiés. Cette réforme s’applique à partir de 16 ans mais son esprit inspire l’enseignement primaire et le collège dont l’enquête PISA montre la qualité.

7/ En Belgique, l’innovation pédagogique peut résulter de l’engagement d’une équipe et d’une municipalité. Sous l’impulsion du Groupe Belge d’Education Nouvelle, huit écoles publiques sont maintenant engagées dans la « pédagogie du chef-d’œuvre » et d’autres s’y préparent.  L’initiateur de cette pédagogie la définit comme «  une solide alternative aux insupportables examens externes chiffrés qui guident tout l’enseignement, à la carence culturelle d’une école qui ignore souvent la grave question de la survie de l’humanité pour se centrer sur le rendement ‘scolaire’ étroit et compétitif sans cesse mesuré. Huit écoles publiques s’y sont engagées et d’autres s’y préparent.Ce courant montre surtout une dimension nouvelle à l’acte d’apprendre en invitant au partage des connaissances entre apprenants de tous niveaux sans notation : on élabore des savoirs qui ont du sens – dont des exposés multidisciplinaires (de trois heures en fin de cycle)- , certes en groupe  mais ici dans l’intention manifeste d’en faire profiter les autres sans soumission au professeur désormais devenu un allié. En enseignant/transmettant/faisant apprendre, on apprend soi-même deux fois tout en posant un acte citoyen de rencontre fraternelle. »    

8/les nouvelles directives ministérielles : dès la rentrée 2020, les professeurs vont devoir procéder au «  renforcement des enseignements relatifs au changement climatique, à la biodiversité et au développement durable ». L’opportunisme de la mesure est évident. Les syndicats contestent à juste titre « l’empilement des programmes ». Il importe surtout d’aller plus loin, de donner à l’objectif officiel une priorité absolue, de promouvoir une pédagogie permettant une réelle implication des enfants et adolescents, d’en faire la base et la motivation des « apprentissages fondamentaux ».En agissant sur leur environnement proche, l’établissement, le quartier, la ville, le village, les élèves apprendront à penser, à problématiser, ils développeront leur esprit critique dans les cours de toutes les disciplines et dans des débats avec leurs camarades et leurs professeurs : ils commenceront à « vivre en citoyens ».

9/ Les nombreuses villes qui, depuis peu, affirment la priorité des problèmes écologiques et sociaux. Ces villes seraient en mesure de comprendre ce projet et d’y contribuer, d’aider à dépasser les « nouvelles directives » de dessiner les contours d’une « société éducatrice » si un appel, comparable à celui de Bobigny, leur était présenté.

DES RECHERCHES- ACTION

DES RECHERCHES- ACTION répondant à cette priorité absolue, avec ou sans accord de l’Education Nationale, pourraient aujourd’hui être comprises et trouver des soutiens. Il leur faudrait rechercher l’accord des publics intéressés, associer des chercheurs, motiver des débats publics dans l’esprit des Conventions Citoyennes. Parmi les objectifs :

  • développer les capacités de résilience, « en donnant la part belle à la  coopération et la créativité, et au développement des  sciences citoyennes et participatives » (cf. les 35 propositions)
  • permettre au potentiel d’intelligence et de créativité de chaque individu, de s’exprimer au service de son propre équilibre et du développement qualitatif de la société, notamment par la création dans le domaine artistique
  • favoriser les démarches émancipatrices et solidaires dans l’esprit des premiers temps du mouvement ouvrier.
  • affirmer que l’éducation est un bien commun qui en tant que tel, ne doit pas dépendre d’un quelconque pouvoir politique ou économique, mais faire l’objet d’une construction collective évolutive élaborée démocratiquement.

ANNEXE

CONVENTION CITOYENNE POUR LE CLIMAT

La Convention a fait des propositions concernant : les objectifs, la pédagogie, l’organisation et la fonction des établissements. Toutes les phrases citées sont tirées du document publié sur le site de la Convention ici.

Sur la page : Faire de l’éducation, de la formation et de la sensibilisation des leviers d’action de la consommation responsable

Lire ici l’analyse proposée par Raymond Millot à partir de cette page.

Voir sur cette page les premiers signataires de l’Appel

Si vous voulez signer, écrire à l’adresse nadine.lanneau@laposte.net