Ci gît la maternelle

Publié dans Système éducatif

Quel projet politique a été mené avec une détermination sans faille sans tenir compte d’aucune remarque depuis trois ans ?

Comment comprendre qu’une avalanche d’affirmations péremptoires et de préconisations arbitraires qui lui sont liées n’ait provoqué que de la sidération ?

On l’aura compris, je fais référence à la révolution éducative conservatrice à laquelle nous assistons depuis 2017.

On l’aura compris également, je m’étonne de l’apparente facilité avec laquelle se réalise une opération d’atteinte à des principes fondateurs (dont la liberté pédagogique). Constater que le ministre actuel rejoint la cote de popularité de Claude Allègre, ministre de l’Education nationale dans le gouvernement Jospin de 1997 à 2000, ne rassure pas pour autant sur le pouvoir des « acteurs de terrain » à se mobiliser. La faute n’en revient pas (seulement) à la pandémie. En témoigne notamment la désertion des mouvements pédagogiques.

On rêve d’entendre à nouveau Indignez-vous ! Et pourquoi pas Refusons d’obéir !

Osons maintenant une question pour espérer :

La réaction tant attendue viendra-t-elle de la maternelle ?

C’est en effet par le début de la scolarité devenue officiellement (1) obligatoire à partir de trois ans que le ministère termine son opération de nivèlement systématique.

Alors que les programmes de 2015 avaient été rédigés dans le souci d’associer différents protagonistes, dans le respect d’une confrontation constructive, une Note ministérielle (2) vient les revisiter de façon arbitraire. Pour dire les choses clairement, les transformer dans une même logique idéologique.

On pourrait ainsi réduire cette Note à la définition de l’école maternelle que donne… Wikipédia (à croire qu’elle a été rédigée par le « conseil scientifique de l’éducation nationale » et avalisée par le conseil supérieur des programmes…) :

« L’école maternelle est une école qui accueille de très jeunes enfants pour les préparer aux apprentissages fondamentaux de la lecture, de l’écriture et du calcul. C’est une période préparatoire à l’enseignement élémentaire : les objectifs essentiels sont la socialisation, la mise en place du langage, du nombre et du geste graphique. » Wikipedia.

On pense aux noms de Marie Pape Carpentier, de Pauline Kergomard, de Geneviève Tortel, aux actions des militantes de l’AGIEM… Au-delà, on pense simplement aux observations de Cousinet, de Freinet, de Decroly… On n’ose penser aux apports de Vygotsky et de Bruner… Pour parodier le titre d’un ouvrage récemment paru (3) : Ci gît la maternelle (et la compréhension de la petite enfance).

Les enfants seraient-ils devenus, dans la conception des nouveaux rédacteurs et comme l’écrit Mireille Brigaudiot, des « nains vides » (4) qu’il conviendrait de remplir ? On en jugera à travers l’analyse des propositions qui suit :

«  Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle »

3.4. Les apports des missions d’étude et des travaux de recherche

3.4.1. La maternelle, une école de l’épanouissement affectif

Le ministre avait sollicité Boris Cyrulnik pour organiser les assises de l’école maternelle en mars 2018. La Note rappelle que le célèbre neuropsychiatre avait «  souligné l’importance cruciale des dispositions liées à l’épanouissement et à l’affectivité dans l’accès aux premiers apprentissages. À l’instar des parents, les enseignants, mais aussi les ATSEM, doivent créer autour du petit enfant une « enveloppe sensorielle » qui lui permet de s’attacher sans réserve aux adultes qui l’entourent. Ainsi « sécurisé », il grandit dans un environnement où des « tuteurs », présents et bienveillants, concourent activement à son développement affectif et le préparent à relever les défis de la parole. Confiant, le jeune enfant peut déployer son intelligence, laquelle constitue d’abord une « qualité relationnelle » ».

Les propos du neuropsychiatre, dont la notoriété est incontestable, sont bien mis en évidence. Est-ce pour enrober ce qui suit ? Nous ne retiendrons ici que ce qui concerne le « domaine de la langue ».

Les personnalités et les théories dominantes

Boris Cyrulnik étant la première personnalité évoquée, poursuivons avec les deux autres éminents chercheurs qui font référence dans le document officiel.

À tout seigneur, tout honneur, tout commence par Stanislas Dehaene à travers les sciences cognitives et les neurosciences.

3.4.2. Les apports des sciences cognitives et des neurosciences

Citation : Dans ses nombreux travaux, Stanislas Dehaene a montré que tous les apprentissages, qu’ils soient intuitifs ou formels, sont rendus possibles par la plasticité du cerveau humain.

[…] Mais d’autres zones sont activées quand on apprend à lire, tout particulièrement celle qui correspond au « langage parlé ». La parole de l’enfant est, en effet, de meilleure qualité dès lors qu’il lit, pour la raison qu’il parvient à mieux « coder », c’est-à-dire reconnaître, les sons parlés.

L’apprentissage de la lecture met en jeu l’activité cérébrale de la reconnaissance ; il suit un processus analogue à celui qui permet au nourrisson de reconnaître les visages de ses proches. Cette découverte scientifique permet de comprendre l’inefficacité par ailleurs constatée de la méthode dite « globale » d’apprentissage de la lecture. Le cerveau de l’enfant, quand il procède à une reconnaissance, travaille sur des segments, et au premier chef sur les lettres : l’école maternelle doit donc préparer à l’exercice de cette aptitude qui se déploiera pleinement au cours préparatoire en construisant la « conscience segmentale » des petits enfants.

Si la priorité absolue accordée à l’approche des sciences cognitives et des neurosciences est bien affirmée, l’apprentissage du codage apparaît comme une priorité de l’école maternelle (cf. les phrases soulignées).

Un spectre continue de hanter l’éducation à tous les niveaux de l’école et dès l’entrée en maternelle à 3 ans, c’est celui de la méthode globale !

3.4.3. La maternelle, une école pour relever le défi de la parole et découvrir les pouvoirs de la langue

Seconde personnalité référente, le linguiste Alain Bentolila.

Selon lui, précise la Note « l’école maternelle doit permettre à tous les enfants de prendre progressivement conscience des promesses du langage et du pouvoir intellectuel qu’elles confèrent. […] Cela exige qu’ils proposent des activités explicitement ordonnées à cinq champs de la maîtrise linguistique : l’enrichissement du vocabulaire, l’aisance dans le repérage et la distinction des sons, une représentation adéquate de l’organisation grammaticale des phrases, une perception juste des enjeux de la communication orale et une bonne compréhension des textes lus en classe. De la maîtrise linguistique acquise dans ces cinq champs dépend l’entrée réussie à la « grande école » et la capacité de certains enfants à déjouer le destin auquel les condamneraient leur famille et leur milieu social et culturel.

Parce qu’on « apprend à lire et à écrire » bien avant d’entrer au CP, Alain Bentolila souligne, à juste titre, l’importance cruciale de l’école maternelle : on y apprend à « lire » des images en les décrivant et en les ordonnant ; on y découvre que tout ce qui se dit peut s’écrire et que ce qui est écrit se lit toujours de la même manière. Des apprentissages essentiels ont pour cadre l’école maternelle : la segmentation de l’écrit, l’articulation des sons aux mots, la classification des mots selon leur signification et leur place dans la phrase, l’apprentissage de nouveaux mots, etc. Ces apprentissages tissent le lien profond qui s’instaure entre l’école maternelle et la première année de l’école élémentaire. Il importerait d’en vérifier l’acquisition à la fin de la grande section

Doit-on le resouligner (cf. les phrases mises en évidence) : l’école maternelle devient de fait, une « prépa élémentaire » avec, évidemment, une conception de l’école élémentaire bien précise. Nous y reviendrons.

Les lignes de force de la Note et quelques réactions

Préparer les « apprentissages fondamentaux »

François Jarraud, rédacteur en chef des Cahiers pédagogiques, le précise (5) : « On ne trouvera dans la Note de définition du nouveau programme que pour le français, les maths et les sciences. Tout le reste disparait. L’école maternelle se recentre sur les fondamentaux […] Il « revient (à l’école maternelle) d’établir les fondements, éducatifs et pédagogiques, qui permettront aux enfants de bénéficier des meilleures conditions pour aborder, dès le cours préparatoire, l’apprentissage des savoirs fondamentaux : lire, écrire, compter et respecter autrui. Il est précisé d’ailleurs que les enseignants devront « se conformer à des protocoles précis » pour enseigner en maternelle. »

Pour Sylvie Plane, (6) qui a été particulièrement engagée dans la rédaction des programmes de 2015, […] pas un mot sur le domaine artistique et sur l’activité physique. Il ne faudrait pas que les élèves de maternelle perdent leur temps alors qu’ils doivent se préparer assidument aux évaluations de CP. [… ]

Se préparer à décoder (à lire ?)

« Selon la Note, écrit F. Jarraud, il y aurait soit la méthode Dehaene soit la méthode globale, celle-ci étant très mauvaise, comme si elle existait encore à l’école. »

Un résumé de ce document, selon Mireille Brigaudiot pourrait s’écrire : « Le premier problème des enfants arrivant au CP serait, en quelque sorte, qu’ils ne savent pas lire. »

Et Sylvie Plane de préciser « page 17, dans la rubrique intitulée « Développer la compréhension de messages et de textes entendus » figure cette formule qui amalgame deux objectifs : « L’enseignement, centré sur la compréhension des textes entendus, vise à introduire le principe alphabétique ». Ou encore page 20, pour expliquer les raisons pour lesquelles des enfants de 3 ans parlent un français très éloigné de celui qu’ils vont apprendre à lire et écrire, la note avance cette explication : « Il s’agit enfin, trop souvent, d’un défaut d’accès au principe alphabétique ».

Ils n’ont pas de vocabulaire/Apprendre à classer

Mireille Brigaudiot précise qu’« on découvre dans le texte qu’à 3 ans (page 20), les enfants manifestent une « pauvreté du vocabulaire » (quel scientifique osera définir cette affirmation ?) et une « ignorance des structures de la langue, de son système de temps et de ses articulations logiques ». Dieu merci, ils ne savent rien de tout ça, sinon ils n’auraient jamais appris à parler (la production orale est non-consciente). »

Et, pour citer une fois encore F. Jarraud : « Le nouveau programme organisera un apprentissage explicite et ordonné de la langue avec un enseignement « explicite et structuré du vocabulaire adossé à des travaux de classification, de mémorisation ». Cela conduit le CSP à annoncer deux évaluations de tous les enfants une en petite section (PS) à 3 ans et une autre en grande section (GS) à 5 ans. Cette dernière vérifiera « l’acquisition à la fin de la GS ». Sinon l’enfant redouble ? »

Quelle école maternelle veulent-ils que nous ne voulons pas ?

Comme l’affirme Marc Bablet, IA IPR honoraire, (7) «  ce qui est en jeu dans les changements proposés par le conseil « supérieur » des programmes c’est en fait une conception des apprentissages scolaires qui « technologise » le processus d’enseignement en demandant aux enseignants d’être d’abord soucieux de « résultats ». La conséquence est qu’on « primarise » l’école maternelle et qu’on y développe des formes de travail qu’il conviendrait en réalité de faire évoluer autrement aussi à l’école élémentaire. […]

« Il s’agit de faciliter l’entrée de chaque enfant à l’école élémentaire et notamment de le conduire à saisir, progressivement, les enjeux de l’apprentissage de la lecture. »

Marc Bablet précise : « Il faut attendre la page 15 du document pour avoir le fin mot de l’affaire : tout repose sur les données des évaluations d’entrée au CP : « Les résultats de ces évaluations montrent que les élèves ont un niveau insuffisant dans le domaine de la connaissance des lettres. La reconnaissance des différentes graphies et la reconnaissance des lettres dans les mots sont toutes deux déficientes. La manipulation de phonèmes et la connaissance des lettres et des sons qu’elles produisent sont également fragiles. »

 « Les évaluations révèlent des difficultés largement partagées qui tiennent à la méconnaissance du sens des mots, à la confusion des mots proches du point de vue phonologique, au manque de précision du vocabulaire utilisé et à des connaissances insuffisantes. Ces difficultés sont importantes : la négation simple, les termes spatiaux, le genre et le nombre des pronoms ne sont pas maîtrisés. »

La maternelle doit donc déterminer son activité en fonction des résultats attendus à l’entrée au CP par les évaluations du ministère. C’est une incitation claire au bachotage qui fait que les personnels sont invités à centrer leur activité sur ce qui fait l’objet d’évaluation. » 

Pour mener à bien le remaniement, l’évaluation

Rappelons ce que préconisent (préconisaient ?) les programmes de 2015

Une école qui pratique une évaluation positive

L’évaluation constitue un outil de régulation dans l’activité professionnelle des enseignants ; elle n’est pas un instrument de prédiction ni de sélection. Elle repose sur une observation attentive et une interprétation de ce que chaque enfant dit ou fait. Chaque enseignant s’attache à mettre en valeur, au-delà du résultat obtenu, le cheminement de l’enfant et les progrès qu’il fait par rapport à lui-même. Il permet à chacun d’identifier ses réussites, d’en garder des traces, de percevoir leur évolution. Il est attentif à ce que l’enfant peut faire seul, avec son soutien (ce que l’enfant réalise alors anticipe souvent sur ce qu’il fera seul dans un avenir proche) ou avec celui des autres enfants. Il tient compte des différences d’âge et de maturité au sein d’une même classe.

Et que remanie donc la Note de 2020 ?

Citation :

Depuis sa création en 2017, le Conseil scientifique de l’Éducation nationale, présidé par Stanislas Dehaene, a apporté l’expertise scientifique nécessaire à la conception des deux guides et des trois notes de services destinés aux enseignants de maternelle. Un groupe de travail constitué en son sein se penche particulièrement sur la petite enfance et sur les conditions métacognitives qui favorisent, dès le plus jeune âge, les apprentissages fondamentaux, la lecture et l’écriture, mais aussi les mathématiques.

Au sein du ministère, le Conseil scientifique de l’Éducation nationale conduit ses travaux, guidé par deux convictions : les mérites de l’expérimentation pour améliorer les pratiques des enseignants et les bienfaits de l’évaluation des élèves pour mieux les aider dans la construction de leurs acquis. À cet égard, il souligne l’importance d’évaluer les enfants dès l’école maternelle, notamment au moyen de livrets de jeux. Dès l’âge de 3 ans et dans de nombreux domaines, les enfants disposent de compétences qu’on peut mesurer et dont on peut indiquer les jalons de progression ainsi que les « attendus » à la fin de l’école maternelle.

Pour préparer les évaluations CP, des tests dès la maternelle

Citons une fois encore Sylvie Plane (8) : « On connaît la boutade d’Alfred Binet, le psychologue qui mit au point les premiers tests de QI, et qui, lorsqu’on lui demandait de définir l’intelligence, répondait : «c’est ce que mesure mon test», avec humour. Mais c’est sans humour que le CSP envisage la lecture uniquement sous l’angle des tests que passent désormais les élèves à l’entrée du cours préparatoire. De la riche palette des activités scolaires destinées à initier les enfants de maternelle au fonctionnement de l’écrit et à la culture de l’écrit, notamment grâce à la fréquentation de la littérature de jeunesse, il ne devrait donc subsister que les exercices qui visent à des apprentissages strictement techniques puisque ces derniers sont mesurés par les tests. »

Ainsi, commande a été faite à la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance) d’un « panel d’élèves de petite section 2021 ».

« OBJECTIFS DU PANEL PETITE SECTION 2021

Démarrer un suivi en maternelle a pour objectif d’étudier :

  • L’effet de l’effort porté sur le premier degré
  • Le rôle que joue l’école maternelle par rapport à l’école élémentaire dans le parcours des élèves
  • L’impact de la scolarisation des moins de 3 ans et de l’abaissement de l’âge de l’instruction obligatoire de 6 à 3 ans

L’enquête auprès des familles a pour objectif de :

  • Recueillir des informations sur le milieu familial et social de l’élève
  • Préciser les informations sur les modes de garde avant la rentrée à l’école
  • Mesurer le degré d’implication et les attentes de la famille en matière d’éducation

Le recueil d’information auprès des enseignants permettra de :

  • mieux connaître les différents dispositifs pédagogiques dont bénéficient les élèves
  • décrire les types de pédagogie observés en maternelle.

Le panel final sera constitué d’environ 35 000 élèves scolarisés en petite section en 2021/2022 dans 1 700 classes maternelles réparties sur tout le territoire national. Les élèves de ce panel seront suivis tout au long de leur scolarité primaire et secondaire. Pour l’enquête sur les pratiques pédagogiques, tous les enseignants des 1 700 classes maternelles seront interrogés. » (9)

On ne peut que constater, « comme l’ont démontré les éternels « contestataires » que dénonce le ministère, que l’obligation scolaire dès trois ans n’avait rien à voir avec la volonté de réduire les écarts ! L’urgence n’est pas de changer quoi que ce soit à l’existant d’une école ségrégative mais bien de mettre en place des dispositifs de remédiation dans lesquels les « fondamentaux » (voir note du CSP) occupent une place centrale. C’est un renforcement de l’individualisation qui consiste à remédier au cas par cas avant même que d’enseigner à tous. (10)»

Des projets de grilles d’observation ont été publiés qui n’ont pas manqué de provoquer une… stupéfaction !

Exemples d’items : « coupe la parole » ; « quitte l’activité avant de l’avoir achevée » ; « est facilement distrait par tout ce qui se passe autour » ; « range n’importe comment » …

Pour résumer

Ci-gît l’école maternelle…

Un enfant qui coupe la parole n’est plus considéré comme un individu ayant le désir de s’exprimer…

Plus généralement, les (petits) enfants sont par défaut déclarés « en difficulté »… alors que les difficultés sont inhérentes aux apprentissages…

La cohérence du projet ministériel est d’une redoutable cohérence. Son achèvement à l’école maternelle en témoigne de façon dramatique.

L’objectif est bien de préparer à un monde inégalitaire pour le reproduire mieux que jamais.

Les milieux populaires pourront se contenter de ce qu’on estime être, pour eux, les fondamentaux.

On « dressera » pour cela les enfants dès une école maternelle qui n’en gardera que le nom.

En cette année anniversaire de la commune de Paris, rappelons-nous ce que disait son boucher, Adolphe Thiers…

Remontons pour cela à 1848.

Le 30 juin, Hippolyte Carnot, le ministre de l’Instruction publique de la toute nouvelle deuxième République présente un projet de gratuité et d’instruction primaire obligatoire regroupant «  tout ce qui est nécessaire au développement de l’homme et du citoyen tel que les conditions actuelles de la civilisation française permettent de le concevoir. Outre la lecture, l’écriture, les éléments de calcul et le système métrique, il inclura le chant, « des notions élémentaires sur l’histoire et la géographie », ou « la connaissance des devoirs et des droits de l’homme et du citoyen ».

Mais les élections donnent la majorité aux conservateurs. Exit le projet.

L’Orléaniste et conservateur Adolphe Thiers l’affirme : 

« Lire, écrire, compter, voilà ce qu’il faut apprendre ; quant au reste, cela est superflu […]. Il faut restreindre cette extension démesurée de l’enseignement primaire. J’irais même jusqu’à dire que l’instruction est un commencement d’aisance et que l’aisance n’est pas réservée à tous. […]

Mais aucun ministre ne se réclamerait de l’influence d’Adolphe Thiers… 

Serge Herreman

Article du numéro 153 des Actes de lecture de l’AFL (Association Française pour la lecture), mars 2021

Notes

(1) On ne reviendra pas sur le fait que la quasi-totalité des enfants de trois ans fréquentaient déjà la maternelle et sur les réels objectifs de l’opération.

(2) MEN, Note d’analyse et de propositions sur le programme d’enseignement de l’école maternelle, décembre 2020

(3) Référence simplement au titre de l’ouvrage de Cynthia Fleury Ci gît l’amer publié chez Gallimard

(4) Mireille Brigaudiot, dans le dossier sur la maternelle dans le Café pédagogique

(5) François Jarraud, id.

(6) Sylvie Plane, id.

(7) Marc Bablet, id.

(8) Sylvie Plane Pourquoi tant de haine, Libération 18/1/2020

(9) Ministère de l’Education nationale, de la Jeunesse et des Sports. Le panel d’élèves 2021.

(10) Le Café pédagogique L’expresso 27/1/2021

Une réflexion au sujet de « Ci gît la maternelle »

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