Pour une autogestion éducative des territoires

Publié dans « Autogestion ».

Comment l’école peut-elle devenir un lieu éducatif, comment un lieu peut-il devenir le sujet et l’objet de l’éducation des êtres humains ? En dépliant les classes, en ouvrant les portes.

Extrait de l’article de Gérard Delbet

Réaliser l’école et la rendre plus habitable qu’autrefois sera notre premier pas.

C’est en rendant ce lieu commun qu’on va s’obliger à faire du lieu l’objet même de l’éducation . En dépliant l’organisation.

L’école est un lieu et un milieu de vie. Le lieu de la mise en scène et de la mise en œuvre du programme énoncé et du devenir de cette « éducation bien commun » par ses habitants eux-mêmes.

Ce lieu n’est pas une chose seulement, une bâtisse, c’est aussi un ensemble de relations. Relations entre différentes sortes de gens, adultes, enfants, voisins, habitants, parents… Et une relation au milieu de vie.

Car on peut poursuivre le dépliage et déplier l’école vers son quartier, vers son milieu ambiant.

Comment réutiliser et recycler, par souci écolo-écono, les lieux éducatifs actuels, comment récupérer, transformer d’autres lieux en lieux éducatifs ? Voilà encore de belles et grandes questions ouvertes…

Cela peut nécessiter assez rapidement la mise en place de débats concrets sur leurs transformations (Assemblée de quartier, démocratie en circuit court), cela peut concrétiser (immédiatement réalisables) toutes sortes de propositions, simples, directes, et plus facilement démocratiques.

Il faut récupérer le concept de lieu éducatif et le travailler par l’autogestion sociale et éducative du territoire.

Nous ne parlons pas de promesses. Tout cela a déjà plus ou moins été vécu, amendé, amélioré, tout cela est ou a été réalisé, lentement et joyeusement. Par des gens, de chair et d’os, qui sont, malgré eux parfois, devenus des experts de leur art de vivre, de leurs nouveaux métiers.

Ces lieux d’éducation ont su déplier et ont été, et sont toujours, pour certains, des lieux à haute valeur humaine et démocratique ajoutée : il faut en interroger les réalisations, mais aussi en comprendre les démarches logiques. Ce sont toujours des lieux de gestion en commun, la plupart autogérés, s’interrogeant sur les statuts des enfants et des adultes qui en ont la charge, des parents et des familles, du milieu environnant, la nature des savoirs et des apprentissages, la manière de vivre, l’art de vivre.

Pour résumer :

passant de maître d’école à maître de l’école, d’enfants de la classe à enfants de l’école, l’école devient l’échelle fondatrice, l’art de vivre de cette société auto-éducatrice (encore faut-il correctement la maîtriser), on peut acter la disparition du poste statutaire de direction, remplacée par une coordination annuelle tournante, et la polyvalence devenu règle, etc.

« En réaction contre l’isolement traditionnel des classes au sein de l’établissement, tout est mis en œuvre pour traduire dans les faits ce principe fondamental : l’unité pédagogique n’est pas la classe, mais l’école. »

Robert Gloton (A la recherche de l’école de demain – 1969)

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